Les internautes luttent contre la dépendance à Internet depuis des décennies, mais une nouvelle obsession technologique pourrait être en train de s’imposer. Selon des études récentes, certains utilisateurs de ChatGPT présentent déjà les premiers signes d’une dépendance, notamment des symptômes de sevrage, des sautes d’humeur et une perte temporaire de contrôle.
Heureusement, la majorité des utilisateurs actuels de ChatGPT utilisent la plateforme de manière non émotionnelle, et les équipes de recherche du MIT et d’OpenAI souhaitent qu’il en reste ainsi.
Ce qu’OpenAI et le MIT ont étudié dans leurs recherches
Bien que l’examen récent ait été mené par des équipes du MIT et d’OpenAI, celles-ci ont réparti leurs travaux entre deux études distinctes.
Menée par OpenAI, l’une des plus grandes entreprises d’IA, la première étude a analysé près de 40 millions d’interactions entre des utilisateurs et ChatGPT. Elle s’est également appuyée sur des enquêtes pour recueillir l’avis d’utilisateurs réels.
La seconde étude a été menée par une équipe du MIT Media Lab. Il s’agissait d’un essai contrôlé randomisé (ECR) auquel ont participé près de 1 000 personnes sur une période de quatre semaines. Cette étude s’est particulièrement intéressée à la manière dont différentes fonctionnalités de ChatGPT, comme le mode vocal et le type de conversation, influencent l’humeur et le bien-être émotionnel des utilisateurs.
Six enseignements à tirer de cette étude sur ChatGPT
Sans surprise, les deux études ont apporté des éclairages essentiels sur les relations entre les grands modèles de langage (LLM) et les utilisateurs actuels. Les résultats peuvent être résumés en six points clés.
- Les personnes qui considèrent ChatGPT comme leur ami sont plus susceptibles de subir les effets négatifs de l’IA.
- Si une utilisation de courte durée du mode vocal de ChatGPT améliore souvent le bien-être, cet effet tend à s’estomper en cas d’utilisation prolongée.
- Les interactions émotionnelles avec ChatGPT sont extrêmement rares, même chez les utilisateurs intensifs de l’IA.
- Les conversations personnelles sont souvent associées à un niveau accru de solitude, mais elles impliquent généralement une dépendance émotionnelle moindre. À l’inverse, les conversations impersonnelles sont souvent associées à une dépendance émotionnelle plus forte.
- La plupart des utilisateurs n’utilisent pas ChatGPT de manière émotionnelle.
- Les chercheurs soulignent qu’une approche combinant plusieurs méthodes — en associant l’interaction et l’analyse à des essais randomisés — est nécessaire pour comprendre pleinement les effets sociaux et émotionnels de l’IA.
« Nos résultats montrent que les comportements du modèle comme ceux des utilisateurs peuvent influencer les conséquences sociales et émotionnelles. Les effets de l’IA varient selon la manière dont les personnes choisissent d’utiliser le modèle et leur situation personnelle », ont déclaré les chercheurs d’OpenAI et du MIT dans un récent billet de blog consacré à l’utilisation de ChatGPT et au bien-être.
Réduire les effets néfastes de l’IA
Le MIT et OpenAI espèrent que ces études inciteront d’autres chercheurs à étudier les interactions entre les humains et l’IA. Pour réduire les risques potentiels, OpenAI prévoit notamment de mettre à jour « …notre Model Spec afin d’améliorer la transparence concernant les comportements attendus de ChatGPT, ses capacités et ses limites. »


