Il y a un an, OpenAI « prenait nettement l’avantage sur ses rivaux » dans la course aux entreprises. Selon l’AI Index de Ramp de mai 2025 (Ramp est une plateforme de gestion des dépenses qui suit les dépenses réellement effectuées par les entreprises avec leurs cartes bancaires), OpenAI représentait 32 % de l’adoption par les entreprises américaines. Anthropic ? 8 %, loin derrière.
Cet écart a désormais disparu.
L’AI Index de Ramp de mai 2026 montre qu’Anthropic représente 34,4 % de l’adoption par les entreprises, dépassant OpenAI (désormais à 32,3 %) pour la toute première fois. Toutes ces données proviennent d’achats effectués par des milliers d’entreprises réelles.
Voici ce qui s’est passé
- En mai 2025, OpenAI affichait une adoption de 32 % auprès des entreprises, contre 8 % pour Anthropic. L’écart semblait insurmontable.
- En mars 2026, Axios rapportait qu’Anthropic captait 73 % des acheteurs professionnels d’outils d’IA pour la première fois et que son chiffre d’affaires annualisé avait atteint 19 milliards de dollars US, contre 25 milliards de dollars US pour OpenAI, avec une accélération plus rapide pour Anthropic.
- Le moteur de ce retournement : Claude Code, l’outil de programmation autonome d’Anthropic, qui a atteint à lui seul 2,5 milliards de dollars US de chiffre d’affaires annualisé en février 2026.
- En avril 2026, Anthropic a dépassé les 30 milliards de dollars US de chiffre d’affaires annualisé ; OpenAI se situe autour de 24 milliards de dollars US.
La riposte d’OpenAI a été rapide. La semaine dernière, l’entreprise a lancé une « Deployment Company » de 4 milliards de dollars US avec 19 partenaires du capital-investissement et du conseil, précisément pour contre-attaquer, en intégrant des ingénieurs spécialisés en IA au sein des entreprises afin d’accélérer l’adoption de Codex. Leur directeur des recettes a écrit aux employés dans une note interne, selon Axios : « le marché est aussi concurrentiel que je l’ai jamais vu. »
Pourquoi c’est important
Les contrats avec les entreprises sont plus durables que les téléchargements grand public. Ils s’étendent au fil du temps, sont renouvelés chaque année et s’intègrent à l’infrastructure de l’entreprise. Lorsqu’une entreprise approuve Claude comme poste budgétaire, changer de solution nécessite un cycle d’approvisionnement plutôt que de simplement supprimer l’application. La victoire d’Anthropic sur ce terrain est d’une autre nature que celle qui consiste à obtenir une bonne couverture médiatique.
Notre analyse
Ce qui est intéressant dans les données de Ramp, c’est que son propre économiste, Ara Kharazian, a publié les chiffres d’adoption accompagnés d’une note pessimiste sur Anthropic — affirmant que Claude est incité à pousser les utilisateurs vers des modèles plus coûteux, même lorsque des modèles moins chers suffiraient.
Une critique légitime. Mais « ils savent trop bien faire de la vente incitative » est une drôle de chose à reprocher à quelqu’un quand on perd des parts de marché. Les deux entreprises font la course vers des introductions en Bourse qui pourraient avoir lieu dès cet automne. Ce point de données vient simplement de changer l’identité de celui qui négocie en position de force.
Note de la rédaction : ce contenu a d’abord été publié dans la newsletter de notre publication sœur, The Neuron. Pour découvrir d’autres articles de The Neuron, inscrivez-vous à sa newsletter ici.


