La plupart des organisations actuelles sont engagées dans un processus de transformation numérique : elles mettent à jour leurs technologies, intègrent leurs systèmes informatiques et tirent parti de l’edge computing. Dans le même temps, elles doivent composer avec des ressources limitées, les difficultés liées aux anciennes technologies et la nécessité de conserver une infrastructure stable et facile à gérer.
Pas moins de 85 % des organisations répartissent leurs applications entre plusieurs systèmes et emplacements, selon les conclusions du rapport annuel de F5, qui a interrogé plus de 1 000 décideurs informatiques dans le monde. Un système informatique type associe des technologies anciennes et nouvelles, avec une puissance de calcul, un réseau, du stockage et des applications répartis entre des centres de données traditionnels, des services cloud et des environnements edge.
Ainsi, le terme « hybride » ne désigne pas uniquement une combinaison de services cloud. Les organisations continueront à gérer plusieurs systèmes et à prendre en charge des infrastructures et des applications anciennes et nouvelles.
Le 2023 State of Application Strategy Report de F5 couvre un large éventail de secteurs, avec un nombre particulièrement élevé de réponses provenant du secteur public et légèrement moins de la part des entreprises technologiques que les années précédentes. Le rapport vise à montrer quelles approches gagnent en popularité afin d’aider les entreprises à élaborer leurs stratégies. Voici quelques-unes de ses principales conclusions.
Voir aussi : Guide de la transformation numérique : définition, types et stratégie
La plupart des systèmes informatiques combinent différentes technologies
Seuls 15 % des répondants ont déclaré utiliser un seul environnement pour leurs applications, tandis que plus d’un cinquième ont indiqué en utiliser six différents. Aucun environnement unique ne convient à toutes les applications.
Certaines applications fonctionnent mieux dans un centre de données physique, tandis que d’autres sont plus performantes dans un ou plusieurs clouds. Toutefois, les clouds publics ne sont pas utilisés autant que prévu. Il y a cinq ans, la plupart des organisations prévoyaient de placer la moitié de leurs applications dans le cloud. Mais trois ans plus tard, seule la moitié des personnes interrogées disposaient d’applications dans le cloud. Beaucoup s’inquiètent du contrôle des données, de la sécurité ou des coûts.
Bien que les clouds publics soient toujours considérés comme une bonne option, notamment pour les sauvegardes, les organisations ne les choisissent pas systématiquement en premier pour héberger leurs applications. Elles préfèrent héberger leurs applications sur site. Après des années de baisse, la proportion d’applications hébergées dans des centres de données traditionnels sur site a augmenté pour atteindre 37 %. Plus de la moitié des applications sont hébergées sur site, dans des environnements traditionnels comme dans le cloud. D’autres modèles d’hébergement, tels que le cloud public et le logiciel en tant que service (SaaS), ont été moins populaires en 2023.
Aujourd’hui, toutes les organisations utilisent des applications modernes, des solutions SaaS par abonnement, ou les deux. En moyenne, 40 % des applications utilisées par les organisations sont modernes ou comportent des composants modernes. Cela inclut les applications pour appareils mobiles et celles conçues à l’aide de microservices.
À mesure que les applications se modernisent, les organisations sont moins nombreuses à devoir gérer des applications anciennes et nouvelles. Plus de la moitié (59 %) des organisations remplacent les applications traditionnelles par des versions modernes, tandis que 46 % les remplacent par des solutions SaaS.
Cependant, certaines organisations prévoient de continuer à utiliser des applications traditionnelles essentielles à leurs activités dans des secteurs comme la banque et l’assurance. Dans des secteurs comme l’énergie, la santé et les télécommunications, où l’évolution technologique est ralentie par la réglementation, jusqu’à 33 % des organisations prévoient d’utiliser des applications traditionnelles.
À mesure qu’elles avancent dans leur transformation numérique, les organisations doivent trouver un équilibre entre la rapidité du changement numérique, la sécurité et la stabilité. La plupart des organisations qui utilisent plusieurs clouds éprouvent des difficultés à gérer la sécurité, les performances et les coûts. En 2023, le principal défi réside dans la complexité des outils et l’absence de standardisation. Le deuxième défi le plus important consiste à appliquer des politiques de sécurité cohérentes et à optimiser les performances.
Voir aussi : Les principales entreprises de la transformation numérique
La transformation numérique devient une stratégie d’entreprise
En 2023, presque tout le monde est concerné par la transformation numérique. La transformation numérique a dépassé le cadre de l’IT pour devenir une stratégie d’entreprise.
Les organisations modernisent leurs anciens systèmes en automatisant les tâches, en développant leurs activités numériques et en utilisant l’intelligence artificielle (IA) et l’apprentissage automatique (ML) pour prendre de meilleures décisions. L’automatisation peut, par exemple, aider l’IT à améliorer l’infrastructure des systèmes, du réseau et des applications, ainsi que la sécurité et la fourniture des applications. À mesure qu’un nombre croissant de fonctions informatiques sont automatisées, les organisations peuvent gagner en efficacité dans tous ces domaines.
La transformation numérique touche tous les aspects de l’entreprise, de la manière dont les sociétés interagissent avec leurs clients à la conception et à la fabrication des produits. Elle concerne même les ressources humaines et les services juridiques. C’est pourquoi les organisations doivent mettre à jour leurs systèmes dans l’ensemble de l’entreprise pour rester compétitives. Près de la moitié des répondants ont déclaré que la transformation numérique avait rendu leurs opérations plus efficaces, et pas seulement leur IT. Elle a également amélioré la productivité des employés et la satisfaction des clients.
La plupart des entreprises (79 %) fournissent des services numériques à leurs clients, à d’autres entreprises, ou aux deux. Seul un cinquième d’entre elles proposent ces services à leurs propres employés. Plus de la moitié (58 %) tirent l’essentiel de leurs revenus de services numériques. Ces entreprises sont plus susceptibles d’avoir mis à jour leurs applications, d’utiliser un éventail de technologies de sécurité et de diffusion des applications, de recourir aux services de cloud public, d’acheter des solutions SaaS et d’utiliser l’edge computing. Les autres organisations se concentrent peut-être sur d’autres priorités, comme l’expansion vers de nouvelles régions ou la création de nouveaux produits.
Voir aussi : Les principales entreprises de l’edge computing
Les stratégies de sécurité sont façonnées par les contraintes de temps
Dans le monde numérique actuel, où tout va très vite, il devient de plus en plus difficile de faire face aux nouvelles menaces de sécurité. La sécurité en tant que service (SECaaS) simplifie la gestion de la sécurité, en particulier pour les organisations qui ne disposent pas de suffisamment de collaborateurs compétents dans ce domaine. Certaines organisations gèrent toutefois elles-mêmes leur sécurité. Elles utilisent différents types de technologies pour sécuriser leurs applications, une pratique qui s’est développée depuis le début de la pandémie de COVID-19.
Le modèle Zero Trust gagne en popularité : environ 80 % des organisations l’utilisent ou prévoient de l’utiliser. Le Zero Trust contribue à empêcher les accès non autorisés et peut également accélérer la mise à disposition de nouvelles fonctionnalités et applications, tout en contribuant à prévenir les compromissions.
L’utilisation de l’IA/du ML est également en hausse, car ces technologies permettent aux organisations de réagir rapidement aux menaces. En outre, l’IA sert à automatiser les tâches et à accélérer le développement des applications, qui reste aujourd’hui très manuel et chronophage.
F5 a observé une tendance à l’utilisation de plateformes de sécurité offrant une protection cohérente sur différentes infrastructures et technologies. Ces plateformes sont particulièrement populaires dans les entreprises qui proposent des services numériques à des utilisateurs externes, notamment dans le secteur technologique. L’utilisation de l’edge dans la sécurité progresse également ; il s’agit de réaliser les traitements informatiques à proximité de la source des données. La surveillance est le domaine d’utilisation de l’edge qui connaît la croissance la plus rapide, probablement en raison de l’essor du travail à distance et des applications de l’Internet des objets (IoT).
Enfin, de plus en plus d’organisations adoptent un cycle de développement logiciel sécurisé, qui consiste à intégrer des mesures de sécurité tout au long du processus de création des logiciels. Cette approche permet de gagner du temps et de réduire le risque d’attaques. Certaines organisations ne s’en préoccupent toutefois toujours pas — ou n’ont aucune stratégie de sécurité.
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À retenir
Les organisations cherchent la meilleure façon de gérer un nombre considérable d’applications et d’architectures applicatives. Cela implique souvent d’utiliser une combinaison de systèmes internes, cloud et edge computing, voire des applications en tant que service. Malgré leurs efforts pour simplifier les choses, de nombreuses organisations continueront à utiliser un mélange de modèles hybrides et multicloud.
Pour accélérer l’exécution des tâches et satisfaire leurs clients, les organisations continueront à choisir des méthodes offrant rapidité, adaptabilité et capacité à améliorer leurs services numériques. Elles adoptent donc l’automatisation, collaborent avec des partenaires pour consolider les outils et élaborent des politiques garantissant une sécurité cohérente. Puisque les environnements informatiques mixtes ne sont pas près de disparaître, ces solutions se révéleront utiles pour la plupart des organisations.
La transformation numérique sera différente pour chaque organisation, même au sein d’un même secteur. Prendre trop de retard peut rendre difficile le rattrapage ultérieur ; il est donc important de continuer à mettre à jour ses systèmes et à avancer.


