Alors que les entreprises adoptent le cloud et la transformation numérique – une tendance accélérée par la récente pandémie –, elles se rendent compte que les réseaux traditionnels n’ont pas été conçus pour gérer les complexités et les charges de travail qui en résultent.
Cela stimule à son tour la croissance des déploiements de réseaux étendus définis par logiciel (SD-WAN), un marché dont les analystes prévoient qu’il passera de 1,9 milliard de dollars US en 2020 à plus de 8,4 milliards de dollars US d’ici 2025.
Modifier l’architecture de votre réseau est une entreprise critique ; il faut donc naturellement comprendre et planifier l’impact que cela aura sur l’ensemble du réseau – sites, circuits, applications, etc. Une bonne pratique consiste à diviser le processus en trois phases :
- Planification de référence
- Vérification du déploiement
- Suivi opérationnel continu
La phase de planification est relativement simple, mais elle exige de la rigueur : vous devez établir des références pour les paramètres de performance des services d’utilisateur final, d’application, de réseau et multicloud.
Cela contribuera ensuite à la conception des politiques et des accords de niveau de service. Les exigences courantes de cette phase comprennent l’inventaire et la localisation de toutes les applications internes, le catalogage des applications SaaS et IaaS, ainsi que le dimensionnement adéquat des connexions MPLS et Internet pour prendre en charge le trafic prévu. Il existe sur le marché des outils qui aident les équipes NetOps à accomplir tout cela, car le faire manuellement est quasiment impossible.
Une fois la planification terminée, le déploiement et l’exploitation proprement dits commencent – et c’est à ce stade que les choses peuvent très vite mal tourner. La phase de déploiement permet de visualiser les politiques SD-WAN relatives aux performances des applications, à la segmentation du trafic, au DSCP et aux tunnels des fournisseurs de services, ainsi que de vérifier et de surveiller les comportements de performance des applications de bout en bout.
Au cours de ce processus, les équipes NetOps peuvent également utiliser la consommation de bande passante, le marquage QoS et la vérification des politiques SD-WAN pour isoler les problèmes et en identifier les causes profondes afin de les résoudre rapidement. La dernière phase rend le déploiement opérationnel en mettant en place des analyses visuelles détaillées, des tableaux de bord personnalisés, des alertes et des rapports, ainsi que les capacités de dépannage rapide nécessaires à la bonne gestion du SD-WAN.
Voici cinq difficultés courantes susceptibles de vous compliquer la tâche lors du déploiement et de l’exploitation.
1. Un patchwork de connexions non documentées
Les connexions MPLS et Internet font partie des WAN d’entreprise depuis plus de vingt ans, ce qui a donné lieu à un patchwork de politiques et de technologies héritées. Il peut notamment s’agir de tunnels configurés statiquement, de ports ouverts, d’équipements réseau dotés de lignes de commande dont plus personne ne se souvient, etc. Toutes ces modifications non documentées peuvent exposer une entreprise à des risques lors de la migration.
Il est important de comprendre qu’il existe probablement des modifications non documentées qui passeront inaperçues pendant le déploiement. C’est là que les références établies avant et après la migration – ainsi que de bons outils de visibilité – sont essentielles pour identifier les schémas de trafic et recueillir les données analytiques nécessaires à l’évaluation de l’intégrité après la migration.
2. De mauvaises performances applicatives après la migration
Les problèmes de configuration ou de politique ne se manifestent généralement qu’une fois le réseau soumis à un test de charge, ce qui fait de la vérification une étape critique du déploiement SD-WAN. Traditionnellement, les entreprises définissent les politiques SD-WAN à partir des analyses des sites et du trafic du réseau existant. Mais les SD-WAN peuvent se comporter différemment, et une bonne plateforme NPMD peut être essentielle pour visualiser les schémas avant et après la migration.
Par exemple, les employés peuvent constater une baisse significative des performances du partage de fichiers après une migration SD-WAN par ailleurs réussie – peut-être parce que le trafic de partage de fichiers était auparavant accéléré sur la connexion MPLS par le routeur périphérique et que, relégué à un circuit Internet standard et rétrogradé par la politique, il s’est retrouvé complètement bloqué. Le processus de vérification peut aider à isoler rapidement ce type de problème ; pour repérer rapidement les difficultés, recherchez des outils offrant une vue complète de bout en bout de l’overlay SD-WAN, comparée à celle des underlays de transport.
3. L’impossibilité de vérifier la sélection des chemins
Les SD-WAN reposent sur la sélection des chemins, mais il peut être difficile de vérifier que les politiques fonctionnent comme prévu. Le trafic peut être transféré en arrière-plan d’un circuit à un autre sans aucun signe visible évident. Il sera nécessaire d’utiliser un outil permettant d’analyser le trafic de site à site afin d’identifier et de vérifier au fil du temps la sélection appropriée des chemins, et de visualiser les moments où un autre moyen de transport a été choisi (ainsi que la politique de trafic à l’origine de ce comportement).
4. Augmentation du nombre de connexions aux fournisseurs de services
Sur le plan opérationnel, l’un des principaux défis des migrations SD-WAN peut être la gestion de l’explosion soudaine du nombre de fournisseurs de services – en particulier lorsque l’on passe d’un modèle MPLS reposant sur un fournisseur unique. Avec un SD-WAN, chaque site distant peut avoir son propre FAI (avec ou sans SLA).
La situation se complique du fait que, si l’overlay virtuel peut sembler parfaitement fonctionner, il est tout à fait possible que l’underlay physique dissimule un grand nombre de liaisons problématiques et de difficultés bien réelles. Il est donc important de veiller à utiliser des outils offrant une visibilité adaptée – idéalement par application, par site et par FAI – afin de déterminer les performances de chaque FAI et d’approfondir l’analyse pour diagnostiquer et isoler les problèmes spécifiques. Les métriques à surveiller comprennent la perte de paquets, la latence, la gigue et l’utilisation continue de la capacité du WAN.
5. Évolution des politiques de sécurité
Il est inévitable que le nouveau SD-WAN permette (et exige) des politiques de sécurité différentes de celles du réseau existant qu’il remplace. Par exemple, les SD-WAN permettent le chiffrement du trafic lorsqu’il se déplace d’un site à un autre, ainsi que la segmentation du réseau pour une protection en couches. Tout peut donc nécessiter un réexamen, de l’accès des employés et des invités à la création de DMZ, en passant par l’accès à Internet et la conception de la connectivité de site à site (ce qui est maillé et ce qui est rapatrié). En outre, il sera important de s’assurer que vous capturez les données d’audit et procédez à des validations des politiques afin de vérifier que le réseau fonctionne comme prévu du point de vue de la sécurité (et des performances).
Les SD-WAN apportent une valeur indéniable à une entreprise lorsqu’ils sont correctement déployés et gérés. Comprendre les principaux obstacles et disposer des outils adéquats pour contribuer à les contourner est essentiel à la réussite.
À propos de l’auteur :
David Izumo, ingénieur principal chez LiveAction


