Ce qu’un bras robotique doté d’IA pourrait changer pour le soutien aux personnes handicapées en Nouvelle-Zélande

A robotic hand.

Image: cookelma/Envato

Jul 24, 2026
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Un nouveau bras robotique guidé par IA va entamer des essais à domicile plus tard cette année, marquant une nouvelle étape vers des technologies d’assistance capables d’apprendre comment les personnes vivent et se déplacent déjà.

Cette technologie suit une direction que la Nouvelle-Zélande cherche déjà à prendre. Plutôt que de demander aux personnes handicapées de s’adapter à des équipements standardisés, les systèmes alimentés par l’IA comme Arlo sont conçus pour fonctionner avec les mouvements, les modes de communication et les commandes d’accessibilité sur lesquels les utilisateurs s’appuient déjà. Cette philosophie correspond étroitement à l’approche Enabling Good Lives du pays.

Arlo est ainsi davantage qu’un prototype venu de l’étranger. À mesure que les dispositifs d’assistance alimentés par l’IA gagnent en maturité et investissent les lieux de vie quotidiens, les secteurs néo-zélandais du handicap, de la réadaptation et des soins aux personnes âgées devront de plus en plus déterminer comment les intégrer aux modèles de financement, aux parcours cliniques et à l’accompagnement à long terme.

Ce que Sielo a construit, et pourquoi l’actualité s’y intéresse maintenant

Sielo Robotics, issue de l’Université d’Ottawa, a levé 1 million de dollars canadiens (environ 1,2 million de dollars néo-zélandais) de financement d’amorçage en mai, mettant fin à des années de dépendance aux concours étudiants et aux subventions de recherche. Ces fonds doivent accélérer le développement d’Arlo, le bras robotique de l’entreprise, avec des tests bêta à domicile prévus d’ici la fin de 2026.

Ce qui distingue l’approche de Sielo, c’est l’identité des personnes qui ont façonné la conception. Hollis Pierce, responsable de l’accessibilité et des partenariats de l’entreprise, utilise un fauteuil roulant électrique et a contribué à tester Arlo au moyen d’une souris spatiale, un contrôleur à six directions. Il a expliqué que prendre son tout premier selfie avec le bras, à 38 ans, était une tâche qui lui prenait auparavant environ une heure et qui ressemble désormais à une partie de jeu vidéo. Laila Burns, Chief revenue officer, a déclaré qu’avant cette levée de fonds, l’entreprise reposait largement sur l’intérêt de la base plutôt que sur des investissements formels.

Sielo développe également des fonctionnalités d’IA destinées à permettre à Arlo d’apprendre et de répéter des mouvements routiniers, réduisant ainsi la charge liée aux contrôleurs manuels, selon Masoud Karimi, ingénieur en commande robotique. Rafaël Hébert, Chief technology officer, a souligné une difficulté plus complexe : adapter le bras à la grande variété de commandes déjà utilisées par les personnes, du suivi du regard aux joysticks, en passant par les contacteurs intégrés à l’appuie-tête d’un fauteuil roulant.

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La place de cette technologie dans la promotion de l’autonomie en Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande compte déjà une population importante, et largement mal desservie, à laquelle ce type de technologie s’adresse. La dernière enquête sur le handicap de Stats NZ a recensé 851 000 Néo-Zélandais handicapés en 2023, soit environ 17 % des personnes vivant en ménage. Whaikaha, le ministère des Personnes handicapées, a indiqué que 62 % des Néo-Zélandais handicapés avaient au moins un besoin non satisfait, notamment en matière d’équipement ou de technologie d’assistance.

C’est dans ce contexte que la stratégie néo-zélandaise en faveur des personnes handicapées, fondée sur l’approche Enabling Good Lives, insiste sur le fait de leur donner davantage de contrôle sur les aides qu’elles utilisent, plutôt que de recourir par défaut à des équipements standardisés ou à l’assistance d’un aidant à temps plein. 

Les bras alimentés par l’IA comme Arlo ne s’intègrent pas encore à ce système. Sielo n’a ni distributeur ni financeur local, mais ces dispositifs représentent le type de catégorie que le secteur néo-zélandais des technologies d’assistance devra évaluer à mesure que de nouveaux acteurs arriveront sur le marché.

Un angle lié à la réadaptation, pas un remplacement de la thérapie

Sielo présente Arlo comme un outil d’autonomie plutôt que comme un dispositif clinique, mais la robotique sur laquelle il repose est proche de travaux déjà menés dans la recherche néo-zélandaise en réadaptation. L’Auckland Bioengineering Institute de l’Université d’Auckland abrite un groupe de biorobotique qui développe des dispositifs d’assistance et des robots de réadaptation pour les membres supérieurs, spécifiquement destinés aux patients victimes d’un AVC, ainsi que des dispositifs pour les membres inférieurs et les blessures à l’épaule.

L’intérêt n’est pas qu’Arlo remplace la physiothérapie. C’est que les deux initiatives témoignent de la même évolution : la robotique d’assistance et de réadaptation sort des laboratoires hospitaliers pour entrer dans les foyers, où la récupération après un AVC, une lésion médullaire ou d’autres déficiences des membres supérieurs a de plus en plus souvent lieu.

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Une population vieillissante et une main-d’œuvre déjà sous tension

Le secteur néo-zélandais des soins aux personnes âgées manque d’environ 1 200 infirmiers diplômés, sur une main-d’œuvre d’environ 5 100 personnes. En outre, près de 940 lits ont été fermés ou sont restés inutilisés cette année, les établissements peinant à disposer de suffisamment de personnel pour les exploiter en toute sécurité. 

Près de 20 % des Néo-Zélandais devraient avoir 65 ans ou plus d’ici 2028. C’est précisément pour combler ce manque que l’Université d’Auckland a déjà testé un robot d’assistance, Bomy, dans des maisons de retraite afin d’aider aux tâches quotidiennes. 

Le bras de Sielo est un produit différent, conçu pour un autre groupe de personnes handicapées, mais il relève de la même catégorie émergente. Il ne remplace pas un aidant, mais permet de déplacer certaines tâches routinières et peu risquées vers un dispositif, soulageant ainsi une main-d’œuvre déjà très sollicitée.

Les questions relatives aux données et à la supervision restent à résoudre

Un système d’IA conçu pour apprendre et répéter les mouvements quotidiens d’une personne, à son domicile, va produire des données sur sa manière de vivre. 

La Nouvelle-Zélande dispose déjà d’un cadre pour traiter exactement ce type d’informations : le Privacy Act 2020 et le Health Information Privacy Code 2020, qui fixe des règles spécifiques aux organismes traitant des informations de santé.

Aucune de ces dispositions ne s’applique directement à Sielo tant qu’Arlo n’est pas disponible dans le pays. Cependant, tout fournisseur local de technologies de santé, prestataire de soins aux personnes âgées ou organisme financeur envisageant des dispositifs similaires devrait examiner ces obligations avant leur déploiement, et non après.

Arlo reste un dispositif précommercial, qui doit encore faire l’objet de tests en conditions réelles. Sa pertinence pour la Nouvelle-Zélande dépendra de questions peu glamour : Sielo obtiendra-t-elle une couverture par une assurance ou un financeur, pourra-t-elle proposer un prix inférieur à celui des systèmes d’assistance concurrents, et les tests bêta à domicile prévus d’ici la fin de l’année résisteront-ils à l’épreuve du réel en dehors d’un laboratoire ? 

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Les réponses à ces questions, davantage que le robot lui-même, détermineront si ce dispositif devient une option concrète pour les secteurs néo-zélandais du handicap, de la réadaptation et des soins aux personnes âgées — ou s’il reste un projet pilote canadien.

Joseph Chisom Ofonagoro

Joseph is a Technical Writer with about 3 years of experience in the industry, also advancing a career in cyber threat intelligence. He is passionate about the responsible use of technology, a passion that led him into cybersecurity. As an undergrad, he leads a novel community of technology enthusiasts at his school, NOUN, where he guides and shares resources for beginners in tech. His writing experience includes a diverse range of topics, from consumer tech to startups to tutorials. Additionally, he periodically shares case studies and research reports on cybersecurity on his social media pages.

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