Pendant des années, les assistants IA ont aidé les utilisateurs à rédiger des e-mails, résumer des documents et répondre à des questions. Désormais, Anthropic et OpenAI veulent que leur IA effectue elle-même le travail.
Claude Cowork et ChatGPT Work représentent la prochaine étape de cette course, en donnant à l’IA davantage de liberté pour travailler sur des fichiers, des sites web, des applications et des tâches en plusieurs étapes, au lieu d’attendre que l’utilisateur fournisse une nouvelle invite à chaque instant.
La différence est importante. Les entreprises ne choisissent plus seulement le chatbot qui fournit la meilleure réponse. Elles décident de plus en plus quelle quantité de travail réel elles sont prêtes à confier à un agent IA.
- Claude Cowork et ChatGPT Work se disputent le même marché
- Le véritable test consiste à déterminer le niveau de supervision qui reste nécessaire
- Le contrôle du navigateur élargit les possibilités d’un assistant IA
- Donner davantage de contrôle à l’IA crée aussi davantage de risques
- Claude Cowork ou ChatGPT Work : il n’y a pas encore de vainqueur
- Ce qu’a constaté eWeek : la meilleure IA pourrait dépendre de l’endroit où se trouve le travail
Claude Cowork et ChatGPT Work se disputent le même marché
Anthropic présente Cowork comme un moyen de donner un objectif à Claude et de laisser l’IA travailler sur des fichiers et avec des outils pour l’atteindre. Les utilisateurs peuvent choisir les dossiers et les outils auxquels Claude peut accéder, suivre les étapes qu’il réalise et réorienter l’agent si nécessaire.
Au lieu d’importer un seul document et de demander à Claude de le résumer, l’utilisateur peut, par exemple, autoriser Cowork à accéder aux fichiers pertinents et lui confier une tâche plus vaste. Claude peut parcourir les documents, utiliser les outils disponibles et produire un travail final que l’utilisateur pourra examiner.
Anthropic a étendu cette idée bien au-delà des fichiers locaux. Cowork peut travailler avec des outils connectés et sur le web et, pour les utilisateurs des forfaits Pro et Max, sa fonctionnalité bêta d’utilisation de l’ordinateur peut également interagir directement avec les applications de bureau via Claude Desktop sur macOS et Windows.
Cela le rapproche de plus en plus de la vision d’OpenAI pour ChatGPT Work.
OpenAI décrit ChatGPT Work comme un agent capable d’agir dans les applications et les fichiers, de rester mobilisé pendant des heures sur des projets complexes, de décomposer les objectifs en étapes plus petites et de produire un travail final. Ses capacités de navigation web et d’utilisation de l’ordinateur peuvent également l’aider à effectuer des tâches qui s’étendent sur des sites web et des applications de bureau.
Les deux entreprises cherchent en réalité à supprimer le goulot d’étranglement des invites successives qui caractérise l’IA générative.
Le véritable test consiste à déterminer le niveau de supervision qui reste nécessaire
La meilleure façon de comparer Cowork et ChatGPT Work n’est peut-être pas de compter leurs fonctionnalités. Il faut plutôt se demander quelle quantité de travail reste à la charge de l’humain.
Prenons une mission relativement ordinaire : étudier un marché, analyser plusieurs documents, comparer des concurrents et transformer les résultats en présentation.
Un chatbot traditionnel peut aider à chacune des étapes de cette mission, mais l’utilisateur reste généralement le chef de projet. Il rassemble les documents, demande l’analyse, vérifie les réponses, transfère les informations d’une application à l’autre, demande des révisions et assemble le livrable final.
Les outils professionnels agentiques sont censés raccourcir cette chaîne.
Cowork est conçu pour prendre en charge une mission plus vaste et travailler sur les fichiers, les outils et les ressources mis à sa disposition par l’utilisateur. Il pourrait donc s’avérer utile aussi bien pour les flux de travail riches en documents que pour les missions couvrant des navigateurs, des services connectés et d’autres applications.
ChatGPT Work combine de la même manière recherche, fichiers, outils connectés, interaction avec le web et création de contenus à mesure qu’il avance vers le résultat demandé.
Il devient de plus en plus difficile de distinguer les deux produits à partir des seules listes de fonctionnalités. La question la plus révélatrice est peut-être de savoir quel agent peut mener à bien une tâche donnée avec le moins d’intervention humaine possible.
Le contrôle du navigateur élargit les possibilités d’un assistant IA
Le navigateur est en train de devenir l’un des principaux champs de bataille.
Le 26 août, Anthropic a ajouté un navigateur intégré à Claude Cowork. Le navigateur est déployé dans Claude Desktop avec les forfaits Pro, Max et Team, ainsi qu’avec les forfaits Enterprise lorsqu’un propriétaire l’a activé. Lorsque l’application de bureau est en ligne, le navigateur intégré peut également être disponible dans Cowork sur le web ou sur mobile.
Lorsqu’une tâche nécessite le web, Claude peut ouvrir son propre navigateur dans Cowork, parcourir des sites, lire des pages, cliquer, saisir du texte et remplir des formulaires. Ce navigateur est distinct du navigateur personnel de l’utilisateur. Anthropic propose également Claude in Chrome lorsque les utilisateurs souhaitent que Claude travaille avec une page web déjà ouverte dans leur propre navigateur.
OpenAI a adopté une approche similaire. ChatGPT Work dispose d’un navigateur basé dans le cloud qui peut parcourir des sites web pris en charge et effectuer des étapes au nom de l’utilisateur. L’application de bureau ChatGPT possède également son propre navigateur intégré, tandis que Computer Use peut fonctionner avec les applications, les outils et les tâches de navigation autorisés sur l’ordinateur de l’utilisateur.
Cela signifie que les deux produits sont de plus en plus confrontés à une réalité que leurs prédécesseurs sous forme de chatbots rencontraient rarement : les interfaces désordonnées que les humains utilisent au quotidien.
Les sites web changent. Les boutons se déplacent. Des écrans de connexion apparaissent. Les autorisations expirent. Les pages contiennent des instructions ambiguës. Un flux de travail qui semble simple pour une personne peut devenir étonnamment difficile pour un agent autonome.
La fiabilité devient donc plus importante qu’une démonstration impressionnante. Une IA qui accomplit correctement neuf étapes et échoue à la dixième peut tout de même laisser à un humain la responsabilité de vérifier les 10 étapes.
Donner davantage de contrôle à l’IA crée aussi davantage de risques
Les mêmes capacités qui rendent Cowork et ChatGPT Work utiles soulèvent la principale question des entreprises.
Une IA qui peut seulement suggérer un e-mail ne présente pas le même niveau de risque qu’une IA capable de parcourir un site web, de manipuler des fichiers ou d’agir au nom d’un utilisateur. Anthropic et OpenAI ont intégré des contrôles d’autorisation et d’autres garde-fous à ces systèmes agentiques, mais ces protections n’éliminent pas tous les risques.
Les agents fondés sur un navigateur peuvent être confrontés à des attaques par injection d’invite, dans lesquelles des instructions malveillantes intégrées à des pages web ou à d’autres contenus tentent de manipuler l’IA. Ils peuvent également rencontrer des interfaces inattendues ou des situations nécessitant que l’utilisateur examine ou approuve une action.
Pour les entreprises, l’adoption de l’IA devient autant un problème d’autorisations qu’un enjeu de productivité.
Les organisations devront décider non seulement quels employés peuvent utiliser des agents IA, mais aussi à quels fichiers, applications, comptes et actions ces agents doivent être autorisés à accéder.
Claude Cowork ou ChatGPT Work : il n’y a pas encore de vainqueur
Claude Cowork et ChatGPT Work convergent de plus en plus vers la même destination.
Cowork peut travailler sur des fichiers et avec des outils, utiliser les fonctionnalités de navigation web, créer un travail final et poursuivre des missions plus vastes avec peu d’instructions étape par étape. ChatGPT Work peut de même fonctionner avec des applications, des fichiers, des sites web et des projets de plus longue durée, tout en produisant des livrables finaux.
Il est donc prématuré de déclarer l’un ou l’autre vainqueur universel, en particulier sans tester les deux agents sur les mêmes tâches. Les listes de fonctionnalités peuvent indiquer aux entreprises ce qu’un agent est capable d’essayer. Elles en disent beaucoup moins sur la fiabilité avec laquelle il mène la tâche à bien. Cela conduit à une autre façon de mesurer cette compétition.
Ce qu’a constaté eWeek : la meilleure IA pourrait dépendre de l’endroit où se trouve le travail
Claude Cowork et ChatGPT Work convergent vers le même objectif, mais l’élargissement de leurs capacités rend les comparaisons fonctionnalité par fonctionnalité moins révélatrices. Une meilleure question consiste à déterminer quel agent peut prendre en charge une mission donnée en nécessitant le moins d’intervention possible de la personne qui la lui a confiée.
Si votre travail ressemble à ceci… | Claude Cowork | ChatGPT Work | L’analyse d’eWeek |
|---|---|---|---|
| « Voici 30 fichiers. Débrouillez-vous. » | Conçu pour travailler directement sur les fichiers et les dossiers mis à sa disposition par l’utilisateur | Peut analyser des fichiers et, dans l’application de bureau, travailler avec les fichiers et applications locaux autorisés | Les deux conviennent naturellement ; la fiabilité pourrait les départager |
| « Faites des recherches et fournissez-moi un livrable final. » | Peut effectuer des recherches, utiliser des outils et produire un travail final à examiner | Peut combiner recherche, applications, fichiers et création de contenus pour produire un travail final | Les deux sont conçus pour ce cas d’usage de plus en plus important |
| « Allez sur le web et effectuez cette tâche. » | Le navigateur intégré peut parcourir des sites, lire des pages, cliquer, saisir du texte et remplir des formulaires | Les fonctionnalités de navigation peuvent parcourir des sites web pris en charge et effectuer des tâches en plusieurs étapes | Un duel serré qui pourrait largement dépendre du site web et de la tâche |
| « Continuez à travailler sans que j’aie à vous guider à chaque étape. » | Conçu pour recevoir un objectif et mener la tâche à bien | Peut décomposer les projets complexes en étapes et continuer à travailler vers un résultat | C’est le véritable champ de bataille |
| « Utilisez des informations sensibles de l’entreprise pour faire cela. » | Un accès accru rend les autorisations, la gouvernance et la supervision de plus en plus importantes | Un accès plus large aux applications, aux fichiers et aux sites web soulève des questions de gouvernance similaires | Aucun des deux n’échappe aux exigences de gouvernance en entreprise |
| « Faites cela correctement à chaque fois. » | Nous recommandons une vérification humaine pour les tâches à conséquences importantes | Nous recommandons une vérification humaine pour les tâches à conséquences importantes | Aucun vainqueur démontré à ce jour |
La mesure la plus importante n’est peut-être pas le nombre de tâches qu’un agent IA peut effectuer. C’est peut-être la fréquence à laquelle un humain doit le rattraper. Nous estimons que l’un des moyens les plus révélateurs de mesurer les agents professionnels pourrait être le taux d’intervention : la fréquence à laquelle un utilisateur doit corriger l’agent, préciser les instructions, approuver une étape supplémentaire, récupérer une erreur ou terminer lui-même le travail.
Un agent capable d’effectuer 20 tâches différentes, mais nécessitant fréquemment l’intervention humaine, pourrait finalement faire gagner moins de temps qu’un agent doté de moins de capacités, mais qui accomplit ses missions de manière fiable.
Le taux d’intervention constitue donc un indicateur utile pour la prochaine phase de la compétition entre OpenAI et Anthropic. Les capacités déterminent ce qu’un agent peut tenter. La fiabilité détermine la quantité de travail que les entreprises peuvent réellement lui confier.
L’entreprise qui réduira autant que possible l’intervention humaine, sans sacrifier la précision, la sécurité ou le contrôle de l’utilisateur, pourrait finalement disposer de l’agent professionnel le plus performant.
À lire aussi : alors que l’IA va au-delà des réponses aux questions, découvrez comment les entreprises passent des copilotes IA aux flux de travail autonomes et ce que ce changement signifie pour les responsables informatiques.


