Le robot artiste humanoïde Ai-Da est entré dans l’histoire début novembre, lorsqu’un acheteur a déboursé 1,08 million de dollars US pour son portrait du célèbre mathématicien Alan Turing lors d’une vente aux enchères de Sotheby’s. Cette vente historique marque le prix le plus élevé jamais payé pour une œuvre réalisée par un robot artiste, remettant en question la perception de l’intelligence artificielle dans le monde de l’art. Le tableau, « AI God: Portrait of Alan Turing », était estimé entre 120 000 et 180 000 dollars US, mais a largement dépassé toutes les estimations, attirant 27 enchères avant qu’un acheteur anonyme ne s’en porte acquéreur.
Aidan Meller et une équipe d’ingénieurs ont créé le robot Ai-Da, baptisé ainsi en hommage à la mathématicienne Ada Lovelace. Ai-Da utilise des outils d’IA générative et un bras robotique pour créer des œuvres d’art, et a même participé à des interviews, au cours desquelles elle a évoqué son travail et ses sources d’inspiration.
Art du robot Ai-Da : comment crée-t-elle ses œuvres ?
Le processus créatif d’Ai-Da repose sur une collaboration avec son équipe humaine. Pour le portrait de Turing, l’équipe lui a fourni des instructions et des données détaillées, ce qui lui a permis d’esquisser et d’affiner l’image numériquement avant que son bras robotique ne prenne le relais pour la peindre. Si la technologie d’intelligence artificielle qui anime le robot est sophistiquée, son processus créatif concret s’est déroulé en plusieurs étapes :
- Sélection du concept : Le robot Ai-Da a choisi le sujet après avoir discuté du concept de l’« IA au service du bien » avec ses créateurs.
- Référence photographique : L’équipe a montré à l’artiste robot Ai-Da une photographie de Turing, qui a servi de base à l’œuvre.
- Processus d’esquisse détaillé : Le robot a utilisé des caméras et des algorithmes d’IA pour esquisser et affiner plusieurs tableaux représentant son visage.
- Compilation créative : Ai-Da a combiné trois esquisses différentes, en intégrant des éléments visuels issus des travaux de Turing, comme la machine Bombe utilisée pour déchiffrer le code Enigma pendant la Seconde Guerre mondiale.
Malgré sa nature robotique — et le prix élevé de l’art créé par l’IA —, l’art d’Ai-Da reflète des influences humaines, puisant dans les styles d’artistes comme Picasso et Edvard Munch. Si certains critiques s’interrogent sur le fait qu’Ai-Da soit une véritable « artiste », la vente et son influence grandissante parlent d’elles-mêmes, soulignant le rôle croissant de l’IA dans l’art contemporain.
L’avenir de l’art créé par l’IA
La vente d’œuvres du robot Ai-Da témoigne de l’acceptation croissante de l’art généré par l’IA. Cette vente fait suite à une forte progression des expositions et des ventes d’art créé par l’IA, les œuvres produites avec l’aide de l’IA devenant incontournables dans les galeries et les maisons de vente aux enchères. Alors que l’équipe prévoit de nouvelles mises à jour pour améliorer les capacités d’Ai-Da, le robot est bien parti pour continuer à brouiller les frontières entre technologie et créativité. Ce gain d’un million de dollars prouve que la rencontre entre l’art et la technologie ouvre de nouvelles possibilités, tant pour les artistes que pour les collectionneurs.


