Meta vise une nouvelle frontière audacieuse : les robots humanoïdes propulsés par l’IA. Si le géant de la tech investit massivement dans l’IA depuis des années, sa dernière priorité consiste à intégrer la robotique dans la vie quotidienne. Les efforts de recherche et développement de l’entreprise visent à repousser les limites de la robotique humanoïde grand public, en s’appuyant sur sa plateforme d’IA Llama pour créer des machines intelligentes capables de se déplacer dans le monde physique et d’interagir avec lui.
Une IA qui pense et qui bouge
Depuis des années, les avancées de l’IA ont révolutionné les chatbots, mais faire comprendre aux robots le monde physique et leur permettre d’y fonctionner est un tout autre défi. Meta travaille sur l’«IA incarnée », un concept qui associe l’intelligence aux interactions avec le monde réel.
Contrairement aux modèles d’IA qui existent uniquement dans des espaces numériques, l’IA incarnée est conçue pour se déplacer, percevoir son environnement et prendre des décisions dans un environnement tridimensionnel. Il s’agit d’une étape cruciale vers des robots humanoïdes véritablement adaptés à la vie quotidienne.
Pour donner vie à cette vision, Meta a créé une unité dédiée au sein de sa division Reality Labs. Plutôt que de construire ses propres robots physiques, cette unité se concentre sur des logiciels pilotés par l’IA et des technologies de capteurs susceptibles d’améliorer les robots de fabricants tiers, se rapprochant ainsi de l’objectif de longue date d’assistants IA capables de faire le ménage, de cuisiner et de ranger.
La stratégie de Meta
Si la vision de Meta pour des humanoïdes pilotés par l’IA est ambitieuse, l’entreprise ne prévoit pas encore de lancer ses propres robots sous sa marque. Elle se concentre plutôt sur des capteurs et des logiciels pilotés par l’IA capables d’alimenter des robots conçus et commercialisés par d’autres fabricants, comme Unitree Robotics et Figure AI. Cette stratégie place Meta aux côtés de Tesla, Apple et Google, qui avancent tous leurs pions dans le domaine de la robotique.
Malgré une perte financière de 5 milliards de dollars dans sa division Reality Labs l’an dernier, Meta considère cet investissement comme une étape stratégique vers sa croissance future. L’entreprise s’appuie sur son expertise existante en IA, en réalité virtuelle (RV) et en réalité augmentée (RA) pour prendre une longueur d’avance dans la robotique. Les travaux de Meta dans les domaines de la RA et de la RV, avec son casque Quest et ses lunettes connectées Ray-Ban Meta, ont déjà posé les fondations nécessaires. Les capteurs et les technologies informatiques développés pour les applications de RA pourraient jouer un rôle clé dans les futurs équipements robotiques et accélérer le développement de robots humanoïdes prêts pour le grand public.
Se préparer au marché grand public
Meta n’est pas la seule entreprise à développer des technologies robotiques. Google, Apple et Tesla étudient tous la manière dont des robots propulsés par l’IA peuvent s’intégrer à la vie quotidienne. Si l’attention s’est largement portée sur l’arrivée des robots dans le monde du travail, le marché grand public est en train de devenir la prochaine grande opportunité. Cependant, l’adoption généralisée de robots humanoïdes propulsés par l’IA reste encore éloignée de plusieurs années, les difficultés liées au matériel, au coût et à la sécurité de l’IA constituant toujours des obstacles majeurs.


