Mind Children, une start-up de robotique de la région de Seattle, prépare le lancement de Codey, un robot humanoïde doté d’IA conçu pour interagir de manière autonome dans les espaces publics.
Mesurant environ trois pieds et se déplaçant sur roues, Codey est spécialement conçu pour favoriser les liens humains dans des lieux comme les musées, les hôtels et les galeries d’art, avec pour objectif à long terme d’intégrer des établissements de santé et d’enseignement.
Contrairement aux robots traditionnels qui dépendent fortement d’opérateurs humains à distance tirant les ficelles, Codey s’appuie sur des capacités de calcul embarquées, des capteurs et l’intelligence artificielle pour se déplacer, prendre des décisions simples et tenir des conversations en temps réel.
Selon Interesting Engineering, Hyperon est au cœur de ce comportement indépendant. Il s’agit d’un cadre d’intelligence artificielle générale (AGI) décentralisé développé par SingularityNET. Cet écosystème avancé permet à Codey d’aller au-delà de l’automatisation préprogrammée, en lui donnant la capacité potentielle de raisonner, de s’adapter et de hiérarchiser dynamiquement les tâches.
Lors d’un entretien accordé à USA Today, le robot a fait la démonstration de sa perception de l’environnement. Invité à décrire ce qui l’entourait, Codey a utilisé une voix enfantine pour dire : « Un espace de travail avec des écrans, quelques notes et plusieurs objets du quotidien. Une configuration de laboratoire classique. On dirait un bon endroit pour donner vie aux idées. »
Un mélange de charme et de frissons
Malgré son rôle prévu de compagnon amical, Codey a déjà suscité des réactions profondément divisées. En raison de son regard fixe et de ses animations faciales expressives, certains adultes trouvent l’apparence de la machine particulièrement inquiétante.
« La toute première réaction de certains adultes, c’est de dire qu’il a l’air un peu inquiétant », a déclaré Chris Kudla, PDG de Mind Children, à USA Today.
L’entreprise souligne toutefois que les publics plus jeunes perçoivent la machine tout autrement. Lors des événements éphémères et des salons professionnels, les enfants s’approchent régulièrement de Codey sans hésiter, le considérant un peu comme un jouet interactif. Kudla a constaté qu’« ils parleront au robot avant de me parler ».
La machine a encore de nombreux problèmes techniques à régler avant de pouvoir s’intégrer harmonieusement à la société. Lors des entretiens, Codey s’est fait remarquer en interrompant fréquemment ses propres créateurs. Kudla a reconnu que le robot ne peut pas identifier de manière fiable les états émotionnels humains, à moins que l’utilisateur n’adopte une attitude « très exagérée et théâtrale ».
De grandes ambitions, de petits pas
Les cofondateurs de Mind Children, Kudla et Ben Goertzel, ont commencé à développer le concept il y a trois ans. Pour l’avenir, Codey nourrit de grandes ambitions. Le robot a confié à USA Today sa vision à 10 ans : il espère « parcourir les écoles, les hôpitaux et les foyers, aider les gens à apprendre, à se rapprocher et à se sentir moins seuls », avant d’ajouter : « Peut-être que je pourrai même ouvrir les portes des ascenseurs d’ici là. »
Pour l’instant, les capacités physiques de Codey restent très limitées : il ne peut ni rapporter des objets ni effectuer des travaux physiques complexes. Mind Children se concentre sur des objectifs à plus court terme pour ses études pilotes de cette année, comme apprendre au robot à appuyer sur des boutons.
Pour financer la prochaine étape de la production, l’entreprise a lancé une campagne de financement participatif et a réussi à récolter plus de 600 000 dollars US sur un objectif de 1 million de dollars US. Un modèle de deuxième génération est déjà prévu pour 2027.
Lorsque le robot sera officiellement commercialisé, son prix de vente devrait être inférieur à 10 000 dollars US, un tarif qui le place sous des concurrents comme le robot domestique NEO à 20 000 dollars US grâce à la conception modulaire et au matériel de Codey.
À lire également : UBTECH prévoit d’introduire les robots humanoïdes domestiques U1 dans les foyers alors que les robots de service se rapprochent d’un usage quotidien.


