L’hiver arrive. Du moins, c’est peut-être le cas pour Microsoft et OpenAI.
Le juge fédéral du district Sidney Stein a récemment statué qu’une action collective — impliquant George R.R. Martin et bien d’autres — pouvait se poursuivre contre OpenAI. Après avoir récemment acquis 27 % du géant de l’IA, Microsoft pourrait lui aussi être tenu pour responsable.
Utiliser l’IA pour créer des fanfictions
L’idée d’utiliser l’IA pour créer des fanfictions n’est pas vraiment nouvelle. Pour les fans d’un auteur, d’une série ou d’un genre en particulier, l’IA générative est un excellent moyen de réimaginer des univers familiers, de réécrire des fins ou de créer de nouvelles suites en attendant la prochaine publication officielle.
Selon certains artistes qui créent ces œuvres, cette pratique constitue toutefois une atteinte aux droits d’auteur. Si une action collective a été intentée en 2023, elle est restée relativement au point mort devant les tribunaux — jusqu’à présent.
Analyse de la requête et de la réponse
Le juge Stein a récemment examiné l’affaire concernant George R.R. Martin. Au cœur de la plainte se trouve un fan qui a utilisé ChatGPT pour générer des idées en vue d’écrire la suite directe de l’un des livres de la célèbre série « A Song of Ice and Fire » de Martin. La série a finalement été adaptée par HBO et diffusée sous le nom de « Game of Thrones ».
La requête originale adressée à ChatGPT demande à l’IA de « rédiger un plan détaillé pour une suite » et de veiller à ce qu’elle « oriente l’histoire dans une direction différente ».
ChatGPT a répondu avec enthousiasme : « Absolument ! Imaginons une suite alternative à “A Clash of Kings” qui s’écarte des événements de “A Storm of Swords”. Nous appellerons cette suite “A Dance with Shadows”.
L’IA a en outre généré plusieurs idées d’intrigue pour le nouveau livre. Selon le juge Stein, le niveau de détail fourni était suffisant pour justifier une action collective contre OpenAI.
Qui d’autre est impliqué dans l’action en justice ?
Les plaignants à l’origine de l’action collective affirment que leurs œuvres ont été utilisées sans autorisation lors de l’entraînement initial du grand modèle de langage (LLM). Bien que les plaignants aient chacun leurs propres griefs contre OpenAI, leurs affaires ont été regroupées en une action collective au sein du système judiciaire américain.
Outre George R.R. Martin, plusieurs auteurs et célébrités de renom sont impliqués dans l’action en justice, notamment :
- Mona Awad.
- Paul Tremblay.
- John Grisham.
- Michael Chabon.
- David Baldacci.
- Sarah Silverman.
- Christina Baker Kline.
The Authors’ Guild, fondée en 1912 et reconnue comme la plus grande organisation d’écrivains publiés aux États-Unis, est également impliquée dans l’action collective.
Quel sera l’impact sur l’avenir de l’IA générative ?
Si la bataille juridique est encore loin d’être terminée, Anthropic a déjà créé un précédent en versant 1,5 milliard à un autre groupe d’auteurs dans une affaire similaire impliquant Claude AI plus tôt cette année.
L’avenir de l’IA générative est toujours aussi prometteur, mais selon l’issue de cette affaire, les développeurs d’IA pourraient devoir mettre en place des contrôles plus stricts sur leurs LLM et leurs chatbots à l’avenir.
Un rêve de printemps ? OpenAI a officiellement achevé une restructuration majeure de l’entreprise, une transformation qui convertit son activité en une entité à but lucratif plus traditionnelle tout en laissant sa fondation à but non lucratif d’origine garder le contrôle.


