La « durabilité » n’est pas un concept nouveau, mais depuis une dizaine d’années environ, ce terme est devenu une expression fourre-tout pour désigner un large éventail d’initiatives environnementales et climatiques. Celles-ci vont de projets concrets de conservation et de restauration des habitats à des stratégies d’entreprise visant à réduire l’empreinte carbone des organisations, en passant par des programmes gouvernementaux destinés à avoir un impact positif sur des millions de personnes.
Cependant, l’importance des initiatives en faveur du développement durable s’est accrue à mesure que les défis et les dangers bien réels du changement climatique ont été mieux compris. Ainsi, le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’organisme des Nations unies qui évalue chaque année les travaux scientifiques liés au changement climatique, conclut que 3,3 à 3,6 milliards de personnes dans le monde vivent dans des environnements « très vulnérables » au changement climatique.
Le rapport indique également que 32 millions est l’estimation basse du nombre de personnes supplémentaires qui pourraient tomber dans l’extrême pauvreté d’ici 2030 en raison des effets du changement climatique, en l’absence de mesures d’adaptation.
Même si les individus et les groupes qui consacrent du temps et des ressources à des projets de développement durable méritent d’être salués, les entreprises peuvent-elles faire quoi que ce soit pour accélérer ou renforcer les initiatives climatiques de plus grande ampleur ? Au premier trimestre 2022, IBM a fait plusieurs annonces dans ce domaine, notamment l’acquisition d’Envizi et le lancement récent du nouvel accélérateur de développement durable de l’entreprise.
Examinons comment ces initiatives témoignent de l’engagement d’IBM en faveur du développement durable et de sa volonté d’améliorer le travail des organisations axées sur le climat.
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Le lien entre IBM et Envizi
L’acquisition d’Envizi, un fournisseur de logiciels de données et d’analyse qui développe des outils de gestion de la performance environnementale, n’est que le dernier investissement d’IBM dans les technologies liées au climat. En 2016, l’entreprise a acheté les actifs numériques de The Weather Company, notamment ses activités mobiles et cloud interentreprises, ainsi que WSI, qui regroupait les activités de l’entreprise en matière de science des données et de services aux entreprises.
En s’appuyant sur ces technologies ainsi que sur IBM Watson AI et IBM Cloud, l’entreprise a fourni à ses clients des prévisions météorologiques très localisées, offrant des informations essentielles ayant une incidence sur les processus et la planification des entreprises. Ces initiatives ont ensuite évolué pour donner naissance à la Suite IBM Environmental Intelligence fondée sur Watson, lancée par l’entreprise en octobre dernier, ainsi qu’aux services de conseil qu’IBM fournit dans ces domaines.
Envizi complète clairement ces solutions et s’appuie également sur d’autres logiciels d’IBM dotés de capacités d’IA, notamment les offres de gestion des actifs IBM Maximo et les solutions de chaîne d’approvisionnement IBM Sterling. Plus important encore, Envizi devrait également améliorer et faire progresser deux des questions pratiques les plus importantes auxquelles les organisations doivent répondre : la prise de décision opérationnelle et la mise en place de processus de reporting crédibles.
Pourquoi ces questions sont-elles essentielles ? Parce que les entreprises subissent une pression croissante de la part de leurs clients, actionnaires, consommateurs et autorités de réglementation pour développer des activités plus durables et socialement responsables, et pour vérifier de manière probante la façon dont elles mettent en œuvre ces mesures.
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Solutions de développement durable pour les organismes à but non lucratif
Quelle place le nouvel accélérateur de développement durable d’IBM occupe-t-il dans tout cela ? Le fait est que les organisations à but non lucratif et les organismes publics auxquels le programme s’adresse rencontrent bon nombre des mêmes difficultés que les entreprises lorsqu’il s’agit de mettre au point des programmes et des initiatives dont l’efficacité peut être démontrée, et d’améliorer les processus opérationnels.
L’accélérateur de développement durable est un programme mondial d’impact social mené à titre gracieux. Il met en œuvre des technologies IBM, telles que des solutions de cloud hybride et d’intelligence artificielle, ainsi qu’un écosystème d’experts IBM. Il vise à renforcer et à déployer à plus grande échelle les activités d’organismes à but non lucratif et d’organismes publics qui se consacrent aux populations vulnérables face aux menaces environnementales, notamment le changement climatique, les phénomènes météorologiques extrêmes et la pollution.
En février, IBM a annoncé les premiers participants au programme pilote initial de l’accélérateur de développement durable, consacré à l’agriculture durable. Les trois participants, The Nature Conservancy of India, Heifer International et la Plan21 Foundation for Sustainable Human Development, ont tous achevé avec succès la première phase du processus en décembre 2021.
L’accélérateur de développement durable d’IBM suit un processus en trois étapes sur une période de deux ans :
- Définir : Chaque année, IBM définit un thème pour la procédure d’appel à projets (RFP) et la sélection des projets parmi les organismes à but non lucratif qui composent la cohorte de l’année.
- Déterminer : Les collaborations commencent par des discussions de première phase à l’IBM Garage, qui applique les méthodes de design thinking et les techniques agiles d’IBM afin d’accélérer l’innovation et le changement culturel. Au cours de ce processus, les experts IBM travaillent avec les organismes à but non lucratif bénéficiaires pour cerner leurs besoins et établir une feuille de route claire permettant de déterminer les enjeux publics et les solutions potentielles.
- Concevoir/déployer : Lors de la deuxième phase, des experts IBM issus de différents secteurs configurent des ressources et des technologies destinées à aider les participants à atteindre leurs objectifs en matière d’impact communautaire et environnemental. Les technologies potentielles comprennent IBM Watson, IBM Cloud et la Suite Environmental Intelligence. En outre, les organisations bénéficiaires recevront chaque mois des crédits IBM Cloud, des crédits de données météorologiques, un accompagnement et un accès à l’écosystème de partenaires IBM. Les experts IBM soutiendront également les déploiements pilotes de solutions afin de faciliter une mise en œuvre optimale, d’amplifier l’impact à long terme et de favoriser l’obtention de résultats sociétaux clés.
Parallèlement à l’annonce des progrès réalisés par les participants de la cohorte consacrée à l’agriculture durable dans le cadre de l’accélérateur de développement durable, IBM a également invité les organismes à but non lucratif à répondre à un appel à projets public pour la cohorte 2022, axée sur l’énergie propre. Les propositions doivent être envoyées avant le 30 avril 2022 via le portail de soumission.
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Analyse finale
L’accélérateur de développement durable d’IBM semble aussi bien conçu que ses intentions sont louables, et l’entreprise mérite d’être applaudie pour ses efforts visant à aider les organismes à but non lucratif qui soutiennent les populations à risque. Toutefois, l’accélérateur de développement durable constitue également un exemple intéressant de la manière dont des solutions innovantes mises au point pour répondre à des défis d’un certain type peuvent être appliquées avec succès à d’autres problèmes.
Ce n’est pas la première fois que l’entreprise porte son attention, souvent de manière contre-intuitive, au-delà des besoins et des problèmes de ses innombrables clients professionnels. À titre d’exemple, nombre de scientifiques et de techniciens employés dans les laboratoires d’IBM Research étudient des sujets qui semblent, au premier abord, n’avoir que peu de liens, voire aucun, avec les entreprises. L’acquisition par l’entreprise des actifs numériques de The Weather Company a également laissé perplexes les commentateurs incapables de comprendre le lien entre les événements climatiques et les résultats des entreprises.


