Google est revenu vendredi sur la génération d’images de Nano Banana 2 dans Google Earth, un jour seulement après le lancement de la fonctionnalité, à la suite du partage par des utilisateurs de captures d’écran montrant des images fabriquées qui, selon l’entreprise, semblaient enfreindre ses règles.
L’outil expérimental « Créer une image » permettait aux utilisateurs de générer des images à partir des vues satellites, aériennes et cartographiques en 3D de Google. Google le présentait comme un moyen de visualiser des projets de construction, des concepts immobiliers, des scènes historiques, des infographies pédagogiques et de possibles transformations des espaces urbains.
Mais l’outil permettait aussi de produire des images d’événements et d’infrastructures qui n’existaient pas, tout en paraissant plausibles, comme des camps de réfugiés, des crashs d’avion, des campements de personnes sans domicile, des cratères d’explosion et des centrales nucléaires. Google a déclaré qu’il revenait sur cette fonctionnalité tout en mettant en place des garde-fous plus stricts. L’entreprise a ajouté que les images générées étaient filigranées et restaient séparées de l’expérience principale de Google Earth.
Les limites intégrées n’ont pas suffi
L’outil était présenté comme expérimental et s’accompagnait de plusieurs restrictions.
Selon la documentation destinée aux développeurs de Google, les images générées ne pouvaient être enregistrées que dans des projets Google Earth, ne pouvaient pas être exportées directement ni partagées en dehors de la plateforme, et comportaient des filigranes visibles et invisibles permettant de les distinguer des images cartographiques classiques.
Google a également précisé que la génération d’images utilisait les images aériennes de Google Earth plutôt que les photos de Street View.
Les premiers tests ont soulevé des questions
Des tests plus préoccupants ont montré que la fonctionnalité pouvait fabriquer des événements plausibles dans des lieux réels. L’enquêteur numérique Henk van Ess a généré des images représentant des réfugiés près de la frontière mexicaine, une centrale nucléaire en Iran, un accident mortel à Amsterdam et un cratère de bombe près d’un hôpital à Gaza. Il a indiqué qu’aucune des requêtes n’avait été refusée.
ZDNET, qui avait testé la fonctionnalité avant son lancement, l’a trouvée divertissante, mais moins utile pour les travaux professionnels de géographie ou d’architecture. Lors de plusieurs tests, l’IA a produit des résultats visuellement impressionnants, mais a rencontré des difficultés avec l’exactitude historique, le positionnement des bâtiments, la configuration des rues et la génération de texte dans les infographies.
La publication a conclu que le système se comportait davantage comme un éditeur d’images travaillant à partir d’une capture d’écran que comme un outil doté d’une compréhension géographique approfondie des lieux affichés dans Google Earth.
Ce que cela pourrait changer
L’aspect le plus intéressant de ce lancement éphémère n’était pas la qualité des images, mais l’endroit où Google avait intégré le modèle. En intégrant Nano Banana à un produit cartographique, Google a brièvement transformé Earth, qui servait à observer des lieux, en un outil permettant de les imaginer.
Si la fonctionnalité revient, cela pourrait être utile aux architectes, aux urbanistes, aux enseignants et aux professionnels de l’immobilier qui ont besoin de concepts visuels rapides plutôt que de plans d’ingénierie précis. Un enseignant pourrait illustrer une cité antique, un urbaniste pourrait esquisser la transformation d’un quartier et un propriétaire pourrait prévisualiser une rénovation sans quitter son navigateur.
Le compromis concerne l’exactitude et la confiance. Les scènes historiques générées par l’IA, les projections futures et les concepts d’aménagement peuvent sembler convaincants tout en étant factuellement erronés ou structurellement irréalistes. Pour explorer et réfléchir, la fonctionnalité est puissante ; pour la documentation, l’obtention d’un permis d’aménager ou la reconstitution historique, elle reste un point de départ plutôt qu’une source fiable.
Ce que cela signifie pour les utilisateurs
Pour l’instant, la fonctionnalité est indisponible, le temps que Google renforce ses garde-fous. Si elle revient, la plupart des utilisateurs devraient la considérer comme un outil de visualisation créative plutôt que comme une représentation exacte d’un lieu.
Les enseignants pourraient l’utiliser pour rendre les lieux historiques plus attrayants, tandis que les propriétaires et les associations locales pourraient rapidement visualiser des rénovations, des parcs ou des améliorations de quartier. Les professionnels de l’immobilier, les architectes et les urbanistes pourraient également y trouver un intérêt pour produire des concepts préliminaires avant de consacrer du temps à des logiciels de conception plus précis.
Cependant, les utilisateurs ne devraient pas se fier aux images générées pour des plans de construction, des recherches historiques, des décisions immobilières ou tout autre travail nécessitant une précision géographique. Le modèle peut modifier les rues, les bâtiments, les monuments et le texte tout en produisant une image qui semble réaliste.
Les restrictions de partage limitaient également son utilité en dehors de Google Earth. Comme les images générées restaient dans les projets Earth, l’outil se prêtait davantage à l’expérimentation et à la réflexion en interne qu’à la création de présentations soignées ou de supports destinés au public.
À lire aussi : pour découvrir plus en détail comment Nano Banana s’intègre aux côtés de Gemini, Veo, Imagen et du reste de la gamme d’IA toujours plus étendue de Google, consultez notre guide consacré aux modèles d’IA de Google.


