Elon Musk se tourne vers l’Arabie saoudite pour étendre la présence mondiale de xAI, en concluant un important accord de centre de données dans la région.
Le projet, annoncé lors de la visite officielle aux États-Unis cette semaine de Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman, associera xAI à Humain, une entreprise saoudienne spécialisée dans l’IA soutenue par le gouvernement, lancée au début de l’année avec le soutien du fonds souverain de 1 000 milliards de dollars du royaume.
Les deux entreprises prévoient de construire en Arabie saoudite un centre de données de 500 mégawatts pour xAI, alimenté par les puces de calcul de Nvidia — ce qui en fera le plus grand centre de données de xAI hors des États-Unis. xAI exploite également le centre de données Colossus 1 à Memphis, dans le Tennessee, qui fournit une puissance de calcul de 300 mégawatts.
Les enjeux
Les détails financiers de l’accord n’ont pas été dévoilés, mais ce partenariat s’inscrit dans l’ambition de Musk d’accroître la visibilité de xAI face à des concurrents comme OpenAI, Google et Anthropic, ainsi que dans la volonté du prince héritier Mohammed de faire de l’Arabie saoudite une plaque tournante de premier plan pour l’IA.
Cet accord lève également un obstacle de longue date qui avait retardé les précédentes livraisons de puces au royaume. Cette semaine, la Maison-Blanche a dévoilé un mémorandum d’entente sur l’IA entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, signe d’un réchauffement des discussions sur l’accès du royaume aux puces américaines de pointe nécessaires pour alimenter les systèmes d’IA à grande échelle au Moyen-Orient.
Musk aura ainsi désormais la possibilité d’étendre l’utilisation des modèles d’IA Grok de xAI en Arabie saoudite, tandis que le prince héritier Mohammed se rapprochera de l’objectif de Humain, qui est d’alimenter 6 % de la charge de travail mondiale liée à l’IA d’ici 2030. L’entreprise est chargée de mettre en œuvre le développement de l’IA dans le royaume.
Le projet place xAI aux côtés d’autres grandes entreprises américaines de l’IA qui ont établi des positions au Moyen-Orient grâce à des partenariats locaux. OpenAI a conclu des accords aux Émirats arabes unis, tandis qu’Anthropic a bénéficié du soutien du Qatar. Le travail de xAI avec Humain ajoute un nouvel acteur américain à cette dynamique régionale.
Pour l’Arabie saoudite, cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large visant à positionner le royaume comme fournisseur de capacités de calcul pour l’IA auprès d’entreprises internationales, en tirant parti de ses importantes réserves énergétiques, de son vaste patrimoine foncier et de ses investissements publics considérables.
Les ambitions de l’Arabie saoudite s’alignent sur les efforts de la région pour accroître les capacités de calcul nécessaires au développement de l’IA moderne. Alors que les entreprises américaines recherchent des sites capables d’accueillir des centres de données énergivores, le Golfe s’est imposé comme une destination privilégiée. L’Arabie saoudite entend capter une part importante de cette expansion.
Ces initiatives commerciales s’inscrivent parallèlement dans un contexte politique qui façonne les modalités et les lieux de développement des infrastructures d’IA.
La géopolitique à l’œuvre
Le jeu d’échecs politique qui se déroule autour de cet accord souligne le chemin semé d’embûches vers la mise en place d’une infrastructure mondiale pour l’IA. Les États-Unis restent prudents quant à l’accès aux semi-conducteurs de pointe, comme l’a illustré la suspension des livraisons à l’Arabie saoudite au début de l’année, lorsque les liens économiques et technologiques du royaume avec la Chine ont fait l’objet d’un examen attentif.
Dans ce contexte, l’accord sert de levier de diplomatie internationale pour les États-Unis, où l’accès aux puces haute performance est lié à des règles de sécurité technologique qui déterminent quels pays peuvent poursuivre des projets d’IA d’envergure.
L’accord avec xAI étant désormais conclu, Humain a commencé à annoncer d’autres partenariats dans le cadre de son projet de développer des infrastructures d’IA à grande échelle d’ici la fin de la décennie. Les prochaines étapes du développement de Humain sont déjà en cours. Ce plan comprend une coentreprise avec Cisco et AMD qui vise à construire jusqu’à 1 gigawatt d’infrastructures d’ici 2030.
Alors que l’Arabie saoudite se positionne comme une plaque tournante des infrastructures d’IA, la course à l’IA redessine les rapports de force et les alliances à l’échelle mondiale, ce qui souligne pourquoi les accords de centres de données et l’accès aux puces sont de plus en plus liés à l’influence géopolitique.


