ChatGPT et Roblox pourraient bientôt rejoindre les plateformes en ligne les plus réglementées d’Europe.
La Commission européenne a déclaré jeudi que ChatGPT, le service d’OpenAI, et Roblox pourraient être désignés au titre du règlement sur les services numériques de l’Union européenne (DSA), soit comme très grande plateforme en ligne (VLOP), soit comme très grand moteur de recherche en ligne (VLOSE).
La possibilité a été confirmée par le porte-parole de la Commission européenne Thomas Regnier, qui a déclaré que, puisque les deux services ont indiqué compter plus de 45 millions d’utilisateurs mensuels dans l’UE, une désignation est « définitivement possible » et pourrait « intervenir tôt ou tard », selon Reuters.
Bloomberg a rapporté que la décision pourrait être prise dès le mois d’août, la fonction de recherche de ChatGPT devant être classée comme un VLOSE et Roblox comme un VLOP.
OpenAI a déclaré continuer à échanger avec la Commission européenne au sujet du DSA, tandis que Roblox n’a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires, selon Bloomberg.
Qu’est-ce qui changerait en cas de désignation ?
Une désignation en tant que VLOP ou VLOSE soumettrait ChatGPT et Roblox au régime de surveillance le plus strict du DSA.
La loi impose aux grandes plateformes et aux services de recherche de prendre des mesures plus strictes contre les contenus illégaux et préjudiciables, de publier des rapports de transparence, d’expliquer comment ils réduisent les risques systémiques et de coopérer plus étroitement avec les autorités de régulation. Les entreprises doivent également établir des points de contact pour les utilisateurs et les autorités, se soumettre à des audits indépendants et partager certaines données avec les régulateurs à des fins de contrôle.
Concilier surveillance et innovation
Le DSA est déjà devenu l’une des réglementations technologiques les plus influentes au monde, l’UE ayant ouvert plus d’une douzaine d’enquêtes visant des plateformes en lignedepuis l’entrée en vigueur des règles en 2022.
Les précédentes mesures d’application ont montré que figurer sur la liste du DSA pouvait avoir de réelles conséquences. X s’est vu infliger une amende de 120 millions d’euros (137 millions de dollars) pour des problèmes comprenant notamment des interfaces trompeuses et des manquements en matière de transparence, tandis que la plateforme de commerce électronique d’Alibaba a reçu une amende de 550 millions d’eurosaprès que les régulateurs de l’UE ont estimé qu’elle n’avait pas correctement traité les risques liés à des produits dangereux ou contrefaits.
Pour OpenAI et Roblox, cette désignation ne les empêcherait pas d’exercer leurs activités en Europe, mais elle entraînerait des coûts de mise en conformité et exigerait des rapports plus détaillés.
Ce que cela pourrait signifier pour les résidents de l’UE
Pour les personnes utilisant ChatGPT ou Roblox dans l’UE, cette désignation pourrait leur donner davantage de visibilité et de contrôle sur la façon dont les services influencent leur expérience.
Les utilisateurs pourraient recevoir des explications plus claires lorsque des contenus sont supprimés, restreints ou rendus moins visibles, ainsi que de meilleures possibilités de contester les décisions des plateformes. Ils pourraient également disposer de moyens plus simples pour signaler les contenus illégaux et bénéficier d’une plus grande transparence concernant les publicités et les systèmes de recommandation.
Ces règles pourraient être particulièrement importantes pour les jeunes utilisateurs de Roblox. Le DSA interdit la publicité ciblée destinée aux mineurs et impose aux plus grandes plateformes d’évaluer les risques liés à la sécurité et à la vie privée des enfants, ainsi qu’à leur exposition à des expériences potentiellement préjudiciables ou addictives.
Les utilisateurs de ChatGPT pourraient constater moins de changements immédiats, car le service ne fonctionne pas comme un réseau social traditionnel. Toutefois, le classement de sa fonction de recherche parmi les grands moteurs de recherche pourrait entraîner un examen plus attentif de la façon dont elle classe, recommande et présente les informations à des millions d’utilisateurs européens.
À lire aussi : l’Europe étend également ses ambitions au-delà des logiciels, avec la start-up parisienne UMA qui développe un robot humanoïde conçu pour faire entrer l’IA physique dans les usines et les entrepôts.


