La course aux robots humanoïdes commence à pencher vers l’Est.
En Chine, au Japon, en Corée du Sud et à Hong Kong, des robots humanoïdes sont conçus pour les usines, les hôpitaux, les laboratoires de recherche et les services. Certains sont conçus pour soulever et trier. D’autres apprennent à suivre des instructions, à remplacer leurs propres batteries ou à transformer des modèles d’IA en mouvements physiques.
Le résultat est une nouvelle compétition matérielle qui se dissimule derrière l’essor de l’IA. La prochaine grande plateforme d’IA ne sera peut-être ni un chatbot ni un téléphone. Ce sera peut-être une machine dotée de bras, de jambes et de capteurs, avec cette fâcheuse habitude de tomber très cher.
1. Unitree G1

Siège : Hangzhou, Chine
Le modèle Unitree G1 pourrait être l’un des signes les plus évidents que les robots humanoïdes deviennent plus accessibles. Unitree présente le G1 comme une plateforme humanoïde conviviale pour les développeurs, dotée de capacités de perception, de mobilité et d’entraînement de l’IA destinées aux chercheurs et aux entreprises qui expérimentent l’intelligence incarnée.
Son importance est en partie économique. Les robots humanoïdes ont longtemps été des machines de laboratoire coûteuses, mais des plateformes moins chères pourraient élargir le cercle des développeurs capables de tester le contrôle des mouvements, la manipulation, l’apprentissage par imitation et les cas d’usage en entreprise.
Si la course aux robots en APAC devient une course au volume, Unitree fait partie des entreprises qui cherchent à l’y propulser les premières.
2. UBTech Walker S2

Siège : Shenzhen, Chine
Le Walker S2 d’UBTech repose sur l’une des questions les plus concrètes de la robotique humanoïde : comment le robot continue-t-il de fonctionner une fois la démonstration terminée ? L’entreprise présente le Walker S2 comme un robot humanoïde industriel capable de remplacer automatiquement ses propres batteries, une fonctionnalité destinée à réduire les temps d’arrêt dans les usines et les environnements logistiques.
C’est important, car la robotique d’entreprise ne se gagne pas à coups de mouvements spectaculaires. Les robots doivent offrir disponibilité, répétabilité, sécurité et intégration aux flux de travail existants. Le Walker S2 donne à la course en APAC un avantage plus opérationnel : les humanoïdes y sont moins jugés sur leur apparence humaine que sur leur capacité à rester productifs dans l’atelier.
3. AgiBot A2

Siège : Shanghai, Chine
Basée à Shanghai, AgiBot s’inscrit directement dans le paradigme de l’« IA incarnée ». Sa gamme A2 s’inscrit dans un mouvement plus large comprenant du matériel humanoïde, des plateformes de développement et des jeux de données destinés à aider les robots à apprendre à partir d’environnements physiques.
AgiBot se distingue par sa pile technologique. L’entreprise ne se contente pas de vendre une enveloppe humanoïde ; elle cherche à intégrer le matériel, les données, les outils pour développeurs et l’intelligence robotique au sein d’un même écosystème. C’est un bon exemple de la manière dont le secteur chinois de la robotique tente de développer les humanoïdes comme des plateformes plutôt que comme de simples produits.
4. Fourier GR-2

Siège : Shanghai, Chine
Le GR-2 de Fourier donne à la course aux humanoïdes en APAC une dimension liée à la santé et à la rééducation. Le robot s’appuie sur le précédent humanoïde de l’entreprise, le GR-1, et reflète l’expérience plus large de Fourier dans la robotique de rééducation, l’assistance à la mobilité et l’automatisation centrée sur l’humain.
Cette expertise confère au GR-2 une identité différente de aux humanoïdes conçus d’abord pour les entrepôts ou les usines. Au lieu de se concentrer uniquement sur le travail industriel, Fourier se positionne dans les secteurs de l’aide aux personnes âgées, de la thérapie, de l’assistance hospitalière et de la mobilité, où le vieillissement de la population pourrait créer une forte demande en robotique d’assistance.
L’enjeu sera de démontrer que le format humanoïde peut apporter une réelle valeur dans des environnements de soins sensibles.
5. Rainbow Robotics HUBO

Siège : Daejeon, Corée du Sud
La Rainbow Robotics de Corée du Sud apporte à cette liste une solide crédibilité universitaire et une dynamique portée par les entreprises. La société est issue des travaux de KAIST sur la robotique humanoïde et s’inscrit dans la lignée de HUBO, l’un des programmes de robots humanoïdes les plus connus de Corée du Sud.
Son importance s’est accrue à mesure que Samsung s’est davantage investi dans la robotique. Ce lien renforce la cohérence de l’écosystème de Rainbow Robotics, car les robots humanoïdes auront besoin de bien plus que de mécanismes ingénieux. Ils auront besoin de puces, de batteries, de capteurs, de capacités de production, de logiciels et de canaux commerciaux.
Rainbow Robotics illustre la manière dont la Corée du Sud pourrait intégrer les humanoïdes à une stratégie plus large dans le domaine du matériel d’IA.
6. Kawada NEXTAGE

Siège : Tokyo, Japon
Le système de Kawada NEXTAGE n’est pas un humanoïde marcheur au sens de la science-fiction, mais il constitue l’un des exemples les plus concrets d’automatisation à forme humaine déjà destiné à des tâches réelles. Ce système à deux bras est conçu pour les environnements de fabrication où les robots peuvent devoir travailler aux côtés des humains et s’adapter aux lignes de production existantes.
NEXTAGE est important, car il montre le juste milieu entre les bras robotisés industriels traditionnels et les humanoïdes entièrement mobiles. De nombreuses entreprises n’auront peut-être pas besoin d’un robot doté de jambes dans l’immédiat. Elles pourraient avoir besoin d’un humanoïde fiable pour le haut du corps, capable d’utiliser des outils, de manipuler des pièces et de s’intégrer à des espaces de travail conçus pour les humains.
NEXTAGE offre ainsi un utile retour au réel face à l’engouement plus large pour les humanoïdes.
7. Alter3

Siège : Tokyo, Japon
Le Alter3 montre plus directement la dimension liée à l’IA de la robotique humanoïde. Cet androïde de recherche a servi à étudier comment les grands modèles de langage peuvent générer des mouvements physiques, notamment des poses et des séquences de mouvements, à partir d’instructions en langage naturel.
Alter3 ne sera probablement pas le robot qui prendra son poste dans un entrepôt dès demain. Sa valeur est davantage expérimentale : il cherche à déterminer si les modèles d’IA peuvent devenir des contrôleurs utiles pour des corps, et pas seulement des interfaces conversationnelles. Cette question est au cœur de l’IA incarnée. Si les robots doivent se déplacer intelligemment dans le monde, ils auront besoin de systèmes capables de traduire le langage, l’intention, la perception et l’action en comportements physiques coordonnés.
Quelle sera la prochaine étape de la course aux robots humanoïdes en APAC ?
La course aux robots humanoïdes n’en est encore qu’à ses débuts, elle est coûteuse et jalonnée de déconvenues techniques.
Ces machines peuvent trébucher, peiner et faire des promesses excessives. Mais la direction se précise : les entreprises de robotique de l’APAC cherchent à transformer l’IA, qui répond à des questions, en une technologie capable d’agir dans le monde physique. Cette évolution pourrait faire des robots humanoïdes l’un des prochains grands bancs d’essai du matériel d’IA.
Les vainqueurs ne construiront pas simplement la machine à l’apparence la plus humaine. Ils construiront des robots utiles, fiables, abordables et suffisamment sûrs pour travailler aux côtés des humains.
Pour l’instant, les robots humanoïdes de l’APAC ne remplacent pas la main-d’œuvre. Ils révèlent l’endroit où pourrait commencer la prochaine expérience sur le monde du travail.
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