Si un humanoïde tombe en panne à Tokyo, GMO veut offrir aux entreprises l’équivalent d’un appel au 911 pour les robots.
L’entreprise technologique japonaise GMO AI & Robotics prévoit de déployer une unité mobile de réparation pour robots humanoïdes à Tokyo plus tard ce mois-ci. Le véhicule transporte des ingénieurs, des outils, des pièces détachées et un humanoïde de remplacement chez les clients, offrant aux entreprises un moyen de remettre en service un robot défaillant sans attendre son retour d’un centre de réparation.
GMO amène l’atelier de réparation au robot
L’ambulance humanoïde de GMO est conçue pour intervenir lorsqu’un des humanoïdes de l’entreprise tombe en panne ou présente un dysfonctionnement. Un ingénieur peut tenter de le réparer sur place. Si le robot nécessite des travaux plus importants, un appareil de remplacement peut prendre le relais tandis que l’unité endommagée est renvoyée dans un centre de réparation.
Tomohiro Uchida, président de GMO AI & Robotics, a déclaré que l’entreprise souhaitait soutenir la « mise en œuvre sociale et l’exploitation des humanoïdes ». GMO a développé ce service après que des réparations avaient immobilisé des robots et perturbé l’activité de ses clients, selon Kyodo News.
Euronews a indiqué qu’un seul véhicule était actuellement basé au siège de GMO à Tokyo, même si l’entreprise pourrait en ajouter d’autres ainsi que des bases de service si la demande augmente.
Les humanoïdes japonais investissent les environnements de travail du quotidien
Le Japon compte déjà des tests d’humanoïdes dans des environnements où une panne pourrait perturber les opérations normales.
Kyodo News a indiqué que GMO Internet Group et Japan Airlines avaient commencé à tester des humanoïdes à l’aéroport de Haneda, à Tokyo, en mai, pour transporter les bagages des passagers. KDDI et Osaka Metro ont suivi avec un test en août, utilisant un humanoïde pour assurer le service client dans les gares.
Le Japon prévoit également d’introduire environ 10 millions de robots dans 18 secteurs d’ici 2040, notamment l’industrie manufacturière, la santé et les services alimentaires.
Ces déploiements mettent en lumière une question pratique : qui veillera au bon fonctionnement de ces machines une fois que les entreprises commenceront à compter sur elles ?
Ce qu’eWEEK a constaté : la course aux humanoïdes en Asie-Pacifique devient une course au support
Le développement des humanoïdes en Asie-Pacifique progresse à des rythmes différents et répond à des problématiques distinctes.
Marché | Activité en 2026 | Axe principal |
Japon | Tests dans les aéroports, les gares et de réparation mobile | Maintenir les robots déployés en état de marche |
Chine | Tests sur les lignes de production des usines | Tâches industrielles répétitives à grande échelle |
Singapour | Banc d’essai partagé pour la robotique | Infrastructures de déploiement et sécurité |
Le Japon teste le support parallèlement au déploiement
GMO a reconnu que ses humanoïdes déployés dans les aéroports ne pouvaient pas encore remplacer complètement les agents au sol. L’une des limites tient à la capacité de charge : la plateforme de développement Unitree G1 ne peut soulever qu’environ 3 kilogrammes avec ses bras.
L’entreprise associe également les réparations à la collecte de données sur le terrain, à l’amélioration des logiciels et à la surveillance du réseau contre les accès non autorisés. Pour les clients, cela place la maintenance matérielle, les performances logicielles et la sécurité sous une même responsabilité opérationnelle.
La Chine et Singapour s’attaquent à des défis différents
En Chine, AGIBOT a indiqué que ses humanoïdes avaient accompli plus de 64 heures de travail et 64 828 tâches lors d’un test mené en juin 2026 sur une ligne de production active de tablettes. Les robots ont travaillé au sein d’un processus de contrôle qualité en production de masse, afin de vérifier si des humanoïdes pouvaient gérer des tâches répétitives aux côtés des opérations de fabrication existantes.
Singapour développe quant à lui un banc d’essai partagé pour la robotique dans le Punggol Digital District, destiné notamment à la livraison, au nettoyage et à la sécurité. Selon IMDA, le programme permettra à plusieurs opérateurs de tester des robots dans un environnement public tout en répondant aux exigences d’intégration aux infrastructures, de réglementation et de sécurité.
Pour les entreprises d’Asie-Pacifique, les caractéristiques techniques des robots ne racontent qu’une partie de l’histoire. Le temps de réparation, les unités de remplacement, le support local, la cybersécurité, les pièces détachées et l’intégration aux opérations existantes détermineront également si les humanoïdes peuvent devenir des équipements de travail fiables.
Le support pourrait déterminer quels humanoïdes passeront à l’échelle
L’ambulance robot du Japon montre à quoi commence à ressembler l’adoption des humanoïdes une fois que les machines passent des démonstrations aux opérations quotidiennes. Les entreprises devront examiner non seulement si un robot peut accomplir une tâche, mais aussi à quelle vitesse il peut être réparé, remplacé et remis en service en cas de problème.
Interesting Engineering a souligné que le modèle de GMO vise à réduire cette durée d’immobilisation en envoyant directement chez le client des ingénieurs, du matériel de réparation, des pièces de rechange et un humanoïde de secours. Si les réparations ne peuvent pas être effectuées sur place, l’unité endommagée peut être récupérée tandis que l’appareil de remplacement maintient le service en fonctionnement.
À mesure que davantage d’humanoïdes arrivent dans les aéroports, les gares, les usines et autres environnements de travail en Asie-Pacifique, l’avantage concurrentiel pourrait de plus en plus dépasser le cadre du robot lui-même. Les réseaux de réparation, les pièces détachées, la cybersécurité, les unités de remplacement et les délais d’intervention pourraient devenir aussi importants que les capacités qui permettent initialement de déployer les humanoïdes.
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