UNAM, l’université la plus prestigieuse du Mexique, vient d’annuler des milliers de résultats d’examen pour suspicion de fraude à l’IA, un scandale qui est remonté jusqu’au président du pays.
UNAM a organisé son examen d’entrée en ligne pour la première fois cette année, dans l’espoir de faciliter la tâche aux candidats vivant en dehors de Mexico. Plus de 158 000 personnes l’ont passé en mai et juin. Les résultats qui sont revenus ne collaient pas.
Voici ce qui s’est passé
- Entre 2021 et 2025, environ 3,5 % des candidats obtenaient historiquement 100 réponses correctes ou plus.
- Cette année, ce taux a suffisamment bondi pour déclencher un examen officiel.
- UNAM a annulé environ 3 000 des ~150 000 examens en raison de résultats anormalement parfaits.
- L’université a suspendu les inscriptions des nouveaux étudiants — le semestre commence le 10 août — pendant son enquête.
- Les responsables soupçonnent un mélange d’outils d’IA comme ChatGPT et de techniques plus classiques, comme la fuite des questions.
Le logiciel d’examen, conçu par l’entreprise mexicaine Territorium Life, était censé détecter précisément ce type de fraude : il empêchait les candidats d’ouvrir des onglets supplémentaires dans leur navigateur et utilisait l’IA pour signaler les comportements suspects. Les étudiants affirment que le système s’est trop appuyé sur l’IA et pas assez sur des surveillants humains.
Territorium Life maintient que son logiciel a fonctionné comme prévu et soutient que lutter contre la fraude exige également que l’université fasse respecter l’honnêteté de son côté.
Pourquoi c’est important
Les examens à forts enjeux passent partout en ligne, et l’IA joue de plus en plus le rôle d’arbitre.
Lorsque cet arbitre n’est pas capable de distinguer de manière fiable un fraudeur d’un étudiant qui a beaucoup travaillé, tout le monde en paie le prix, y compris les étudiants qui n’ont rien fait de mal. La présidente Claudia Sheinbaum, elle-même diplômée d’UNAM, a désormais pris publiquement position, transformant un problème de surveillance des examens en affaire nationale.
Notre analyse
Personne n’a conçu de système capable de faire la différence entre un fraudeur et quelqu’un qui a simplement beaucoup travaillé, et c’est précisément cette lacune qui constitue le véritable scandale ici. Il s’avère que « faire confiance, mais vérifier » devient vite compliqué quand le vérificateur est un algorithme que personne ne comprend complètement.
Note de la rédaction : cet article a d’abord été publié dans notre publication sœur, The Neuron.


