Les robots humanoïdes dépassent désormais le stade des démonstrations spectaculaires pour entrer dans de véritables usines et entrepôts. Mais quelles entreprises obtiennent réellement des résultats ?
Le 26 octobre, GXO et Agility Robotics ont annoncé leur intention d'étendre le déploiement de leurs robots humanoïdes à deux sites américains supplémentaires début 2027. Le Digit d'Agility a déjà déplacé plus de 100 000 bacs dans un entrepôt de Géorgie, fournissant des preuves mesurables de ses performances en conditions réelles.
Alors que Tesla, Figure AI, Boston Dynamics, Apptronik et UBTech s'efforcent de passer à une commercialisation plus large, 2027 pourrait révéler quels robots humanoïdes sont prêts à effectuer les tâches industrielles quotidiennes et lesquels doivent encore faire leurs preuves.
- Agility Robotics étend le déploiement de Digit en 2027
- Quelles entreprises de robots humanoïdes sont les plus proches du déploiement ?
- Figure AI : BMW passe de Figure 02 à Figure 03
- Apptronik : Apollo 2 s'entraîne pour le travail industriel en conditions réelles
- Boston Dynamics : Atlas étend sa formation industrielle et ses projets clients
- Tesla : Optimus vise des clients externes fin 2027
- UBTech : la Chine fait état d'une hausse des livraisons de robots humanoïdes
- Ce qu'eWEEK a constaté : qui mène la course aux robots humanoïdes ?
- Qu'est-ce qui empêche les robots humanoïdes de changer d'échelle ?
- Ce que les entreprises devraient surveiller en 2027
Agility Robotics étend le déploiement de Digit en 2027
Selon l'annonce de GXO du 26 octobre, les robots Digit seront déployés dans les sites de l'entreprise à Statesville, en Caroline du Nord, et à Lebanon, dans le Tennessee. Les deux sites assurent la préparation de commandes pour le commerce en ligne, et les robots effectueront des tâches répétitives de manutention.
Les déploiements devraient commencer début 2027 avec Digit 4, avant de passer à Digit 5 lorsque le modèle le plus récent sera disponible dans le commerce. L'accord s'appuie sur un partenariat lancé avec un projet de preuve de concept fin 2023, devenu un accord commercial pluriannuel en juin 2024.
Dans l'entrepôt de GXO à Flowery Branch, en Géorgie, Digit effectue des tâches répétitives de manutention, notamment le déplacement de bacs et leur placement sur des convoyeurs aux côtés des équipements d'automatisation existants. Les entreprises indiquent que Digit a déplacé plus de 100 000 bacs sur le site, démontrant que les robots humanoïdes peuvent effectuer des tâches utiles au sein d'une opération logistique établie.
Selon Agility, les robots Digit ont cumulé plus de 65 000 heures d'exploitation en conditions réelles dans le cadre de déploiements commerciaux et de programmes clients. Ce chiffre cumule les données de plusieurs robots et sites et reflète l'expérience opérationnelle de l'entreprise avant la disponibilité commerciale de Digit 5. Il ne doit pas être interprété comme l'historique d'exploitation d'un seul robot ou du Digit 5 récemment présenté.
L'activité commerciale d'Agility s'étend également au-delà de son déploiement établi chez GXO.
Dans une autre mise à jour du 26 octobre, l'entreprise a décrit trois autres clients industriels participant à des programmes payants consacrés à des applications industrielles précises. Ces clients comprennent un grand constructeur automobile mondial, un fournisseur de technologies et de composants automobiles et un fabricant de produits de grande consommation. Agility ne les a pas identifiés publiquement, et leurs programmes payants ne doivent pas être confondus avec des déploiements à grande échelle.
L'entreprise a également noué des relations avec plusieurs clients industriels nommément désignés.
Toyota Motor Manufacturing Canada a signé un accord commercial à la suite d'un projet pilote, tandis que Schaeffler est à la fois investisseur et client et entend utiliser Digit dans la fabrication automobile. Le fabricant d'équipements agricoles AGCO a signé en octobre un accord pour un projet pilote sur son site de production de Hesston, au Kansas, dont le lancement est prévu en 2027.
Mercado Libre a signé un accord commercial visant à introduire Digit dans son centre de préparation de commandes de San Antonio, au Texas, avec une possible extension à d'autres activités en Amérique latine. L'accord prévoit une intégration, mais ne démontre pas que les robots ont déjà commencé à effectuer un travail commercial continu sur ce site.
Ces relations représentent différentes étapes de la commercialisation, des projets pilotes achevés et des accords signés aux évaluations prévues et aux déploiements opérationnels. Elles renforcent la base de clients industriels d'Agility, mais ne démontrent pas que chaque partenaire utilise des robots pour effectuer un travail commercial continu.
Agility a également indiqué que plus de 30 clients potentiels participaient à des discussions commerciales actives ou à son Customer Acceleration Program. Ce programme permet aux entreprises d'évaluer Digit au regard d'exigences opérationnelles précises et de se préparer à d'éventuels déploiements.
L'entreprise affirme que son portefeuille de clients potentiels couvre les secteurs de la fabrication, de l'automobile, de l'aérospatiale, de la défense, de la logistique et des produits de grande consommation. Toutefois, ces discussions ne signifient pas que les 30 entreprises ont signé des accords de déploiement. L'entreprise a également évoqué deux collaborations potentielles avec des sous-traitants de la défense, qui en sont encore aux premières discussions et ne font l'objet d'aucun accord signé.
Agility fait également état de commandes pluriannuelles engagées de plus de 300 millions de dollars US pour Digit 5, soumises à des étapes contractuelles ainsi qu'à des caractéristiques et spécifications produit. Ce chiffre représente une valeur potentielle qui sera réalisée au fil du temps, et non le chiffre d'affaires de la période actuelle ni des robots déjà livrés.
Digit 5 est conçu pour un éventail plus large de tâches industrielles, avec des améliorations destinées à favoriser une utilisation plus sûre à proximité des personnes et une plus grande flexibilité dans les entrepôts et les usines. Agility prévoit de commencer à donner accès au robot à ses premiers clients au premier semestre 2027, avec une disponibilité générale visée pour la fin de l'année.
Comme l'a précédemment rapporté eWEEK, Digit 5 vise des journées de travail plus longues grâce à l'amélioration de sa batterie et de ses capacités de recharge. Le prochain défi pour Agility sera de déterminer si Digit peut offrir des performances comparables dans plusieurs environnements de préparation de commandes et de fabrication, aux configurations, charges de travail et exigences opérationnelles différentes.
Quelles entreprises de robots humanoïdes sont les plus proches du déploiement ?
Plusieurs entreprises ont franchi des étapes importantes, mais leurs avancées ne sont pas directement comparables. Les heures d'exploitation, les tâches réalisées, les livraisons de robots, les projets pilotes clients et les plans de fabrication mesurent différents aspects des progrès commerciaux.
Entreprise | Robot | Progrès documentés | À surveiller en 2027 |
|---|---|---|---|
| Agility Robotics | Digit | Opérations commerciales continues chez GXO ; plus de 65 000 heures d'exploitation cumulées signalées pour les programmes clients et opérations commerciales de Digit ; autres programmes clients payants et accords avec des entreprises | Extension à deux sites de GXO et disponibilité de Digit 5 pour les clients |
| Figure AI | Figure 02 et Figure 03 | Projet pilote de production achevé chez BMW ; flotte de Figure 02 en grande partie retirée du service ; démonstration de séquençage logistique avec Figure 03 | Résultats d'exploitation durables de Figure 03 et tâches industrielles supplémentaires |
| Apptronik | Apollo 2 | Entraînement actif des robots et collecte de données à Robot Park et sur les sites des clients | Déploiements commerciaux d'Apollo 3 et exécution autonome de tâches |
| Boston Dynamics | Atlas | Formation industrielle en cours au centre de robotique de Hyundai | Centre de formation plus vaste, clients supplémentaires et progrès vers une utilisation sur les lignes de production |
| Tesla | Optimus | Première montée en cadence de robots conformes aux exigences de production, selon Tesla, à Fremont ; déploiements externes non établis | Livraisons commerciales visées fin 2027 et résultats vérifiés en milieu professionnel |
| UBTech Robotics | Série Walker et autres humanoïdes | Livraisons et commandes de robots industriels signalées ; 921 unités vendues au premier semestre 2026 pour l'ensemble de ses produits et services de robots humanoïdes de grande taille | Chiffres vérifiés des déploiements industriels, heures d'exploitation et productivité des clients |
D'après les preuves d'exploitation rendues publiques, Agility présente le dossier documenté le plus solide en matière de déploiement commercial continu en entrepôt parmi ces six entreprises. Figure AI vient ensuite, avec des éléments substantiels issus du projet pilote de production achevé chez BMW, tandis qu'UBTech a fait état d'un volume de ventes important, mais ne dispose pas de données publiques sur les performances opérationnelles aussi détaillées.
Boston Dynamics, Apptronik et Tesla progressent selon des trajectoires de commercialisation différentes. Leurs avancées en matière de fabrication, de formation et de développement client sont significatives, mais elles ne fournissent pas encore de preuves directement comparables d'opérations industrielles externes continues.
Ces distinctions sont importantes, car les entreprises ne publient pas systématiquement les mêmes indicateurs, notamment le taux de disponibilité, les taux d'achèvement des tâches, la fréquence des interventions et les coûts d'exploitation. La comparaison reflète donc les éléments accessibles au public, plutôt qu'un classement indépendant et audité de l'ensemble du secteur de la robotique humanoïde.
Figure AI : BMW passe de Figure 02 à Figure 03
Figure AI a démontré que les robots humanoïdes peuvent effectuer des tâches répétitives de fabrication au sein d'une usine automobile en activité. Selon les résultats de production de BMW, publiés en février 2026, Figure 02 a contribué à la production sur le site de l'automobiliste à Spartanburg, en Caroline du Sud, lors d'un projet pilote mené en 2025.
Sur environ dix mois, les robots ont :
- manipulé plus de 90 000 composants en tôle.
- cumulé environ 1 250 heures d'exploitation.
- contribué à la production de plus de 30 000 BMW X3.
- effectué des tâches répétitives de positionnement pendant les équipes de production régulières.
BMW a indiqué que Figure 02 fonctionnait cinq jours par semaine, selon des équipes de dix heures, pour récupérer et positionner des composants destinés au soudage. Le travail était plus conséquent qu'une brève démonstration, car il exigeait des robots qu'ils effectuent des tâches répétables dans un environnement de production réel. Toutefois, BMW a qualifié le projet achevé de projet pilote, et ses résultats ne prouvent pas un déploiement permanent à grande échelle.
BMW et Figure AI étudient désormais avec Figure 03 une application de séquençage logistique plus complexe à Spartanburg. Dans une annonce du 25 juin, BMW a décrit un processus dans lequel Figure 03 prélèverait des composants dans des conteneurs non triés et les organiserait sur des chariots destinés à être acheminés vers les postes d'assemblage.
Figure AI a ensuite démontré les capacités de Figure 03 à effectuer ce processus de séquençage dans l'usine de BMW à Spartanburg le 30 juin. La démonstration montrait le robot manipuler des composants, ajuster la position de son corps et déplacer un chariot à roulettes dans la zone de travail.
Cette démonstration constitue un progrès vers des tâches industrielles plus complexes, mais Figure AI et BMW n'ont pas publié de résultats de production continus pour Figure 03 comparables à ceux du projet pilote de Figure 02. La distinction est importante, car la réussite d'une démonstration de processus ne prouve pas qu'un robot peut l'effectuer en continu pendant plusieurs équipes de production.
Dans une annonce du 30 septembre, Figure AI a indiqué avoir retiré du service la majeure partie de sa flotte de Figure 02, en fondant les robots pour protéger son matériel propriétaire, tout en en conservant quelques-uns en stockage.
L'entreprise a déclaré qu'il n'était plus pratique de conserver l'ancienne flotte à mesure que celle de Figure 03 s'agrandissait. Figure a également indiqué que le temps nécessaire au démontage de chaque robot aurait retardé le développement de Figure 04, sa plateforme appelée à lui succéder.
Cette décision reflète le virage plus large de Figure AI vers de nouvelles générations de matériel, fondé sur les enseignements du projet pilote de BMW. Toutefois, Figure 03 n'a pas encore affiché les mêmes résultats de production documentés publiquement que son prédécesseur, ce qui fait de la performance durable chez les clients une étape décisive pour 2027.
Par ailleurs, BMW teste le robot humanoïde AEON de Hexagon Robotics dans son usine de Leipzig, en Allemagne. Selon la présentation de BMW consacrée à Leipzig, le projet porte notamment sur l'assemblage de batteries haute tension et la fabrication de composants. Il est distinct des travaux de Figure AI à Spartanburg.
Comme l'a précédemment étudié eWEEK dans sa couverture des projets d'IA dans les usines de BMW, le déploiement de robots humanoïdes exige également une coordination entre l'informatique de production, les équipes chargées de la sécurité, les processus opérationnels et les systèmes d'automatisation existants. Pour Figure AI, la prochaine étape importante consiste à démontrer que Figure 03 peut reproduire et amplifier les résultats de son prédécesseur dans des processus et des environnements de production plus complexes.
Apptronik : Apollo 2 s'entraîne pour le travail industriel en conditions réelles
Apptronik a dépassé le stade des premières évaluations clients en déployant des robots Apollo dans des environnements d'entraînement et de collecte de données.
En mars 2025, Mercedes-Benz a confirmé que des robots Apollo collectaient des données sur son Digital Factory Campus de Berlin. Les employés utilisaient la téléopération et la réalité augmentée pour transmettre aux robots les connaissances liées à la production, les entraînant à effectuer des tâches telles que le transport de composants et les premiers contrôles qualité.
Mercedes-Benz a déclaré travailler à rendre Apollo capable d'effectuer ces opérations de manière autonome. Apptronik a élargi cette approche en juin 2026 avec la présentation d'Apollo 2 et l'extension de son programme d'entraînement Robot Park.
Selon l'annonce d'Apptronik du 30 juin, des flottes de robots Apollo 2 collectent des données en conditions réelles sur son site d'Austin ainsi que chez des clients et partenaires. Le centre de formation d'Austin, d'une superficie de près de 90 000 pieds carrés, permet l'apprentissage des robots dans les secteurs de la fabrication, de la logistique, de la distribution et d'autres applications industrielles.
Apollo 2 est disponible en configurations bipède et à base roulante. Les robots combinent téléopération et exécution autonome pour recueillir des données d'entraînement, ce qui soutient le travail d'Apptronik avec Google DeepMind sur les modèles Gemini Robotics ainsi que le développement de sa plateforme commerciale de nouvelle génération, Apollo 3.
La distinction est importante : les opérations actives d'entraînement d'Apollo 2 démontrent une expérience en conditions réelles, mais elles ne prouvent pas que les robots accomplissent de manière autonome des tâches de production industrielle à l'échelle commerciale. Pour Apptronik, la prochaine étape majeure consiste à transformer ces programmes d'entraînement en opérations clients durables, avec une productivité et une fiabilité mesurables.
Boston Dynamics : Atlas étend sa formation industrielle et ses projets clients
Boston Dynamics oriente son robot humanoïde électrique Atlas vers les applications industrielles.
En janvier 2026, l'entreprise a présenté la version commerciale d'Atlas et indiqué que ses déploiements prévus en 2026 étaient destinés à Hyundai et Google DeepMind. L'annonce décrivait des expéditions planifiées, sans confirmer indépendamment que chaque robot prévu avait déjà été livré.
Boston Dynamics a également indiqué que d'autres clients suivraient en 2027. En septembre, l'entreprise a ouvert son Robotics Metaplant Application Center sur le campus de production de Hyundai Motor Group près de Savannah, en Géorgie. Les robots Atlas y suivent déjà une formation aux tâches industrielles, notamment la préparation et le séquençage de composants automobiles.
Le centre sert d'environnement de test et de formation pour intégrer les robots humanoïdes aux opérations de fabrication de Hyundai. Boston Dynamics prévoit de transférer le programme de formation dans un nouveau bâtiment en 2027, qui sera environ dix fois plus grand que le site actuel. Cette extension doit permettre une formation plus poussée des robots, une collecte de données accrue et une préparation à de futures applications industrielles.
L'entreprise prévoit également d'étudier d'autres usages avec des clients dans des secteurs comme la fabrication, la logistique, l'aérospatiale, les semi-conducteurs, l'alimentation et les boissons et les sciences de la vie. Ces activités pourraient accroître l'exposition d'Atlas à des environnements industriels réels, mais l'agrandissement du centre de formation ne doit pas être confondu avec un déploiement sur une ligne de production.
Hyundai a fixé à 2028 l'objectif de certaines applications de séquençage de pièces dans la fabrication. Ce calendrier illustre la différence entre le développement de robots dans un environnement industriel et leur intégration aux opérations de production régulières.
Atlas est entré en phase de test en usine, marquant une étape importante vers les applications industrielles. La question clé pour 2027 sera de savoir si Boston Dynamics peut transformer la formation et les premiers programmes clients en opérations durables et mesurables.
Tesla : Optimus vise des clients externes fin 2027
Tesla affirme avoir lancé une montée en puissance initiale de la production d'Optimus sur son site de Fremont, en Californie, où sont fabriqués ce que l'entreprise présente comme ses premiers robots humanoïdes de qualité de production. Cette déclaration figure dans la mise à jour du troisième trimestre 2026 destinée aux actionnaires, déposée auprès de la Securities and Exchange Commission des États-Unis le 21 octobre.
Selon Tesla, la production d'Optimus a commencé sur ses lignes de fabrication et l'entreprise considère que son processus actuel est adapté à une production commerciale. Tesla s'attend toutefois à apporter d'autres modifications au matériel et au processus de fabrication du robot à mesure que le développement se poursuit.
La mise à jour destinée aux actionnaires qualifie la fabrication d'Optimus en Californie de montée en puissance initiale, tandis que l'agrandissement prévu des installations de production de Tesla au Texas est toujours en construction. Tesla n'a communiqué ni les volumes de production d'Optimus ni de résultats d'exploitation vérifiés de manière indépendante auprès de clients externes.
Lors de la discussion sur les résultats, le 21 octobre, le PDG Elon Musk a décrit cette initiative comme une première étape de la production et a averti que la montée en puissance de la fabrication prendrait du temps. Il a déclaré qu'une grande partie des équipements destinés à une ligne de production à haut volume prévue se trouvait déjà à Fremont, tout en soulignant que l'augmentation de la production dépendrait de la résolution de problèmes de conception, de fabrication et de chaîne d'approvisionnement.
Musk a également reconnu des problèmes techniques non résolus concernant les mains du robot, sa durabilité et ses capacités d'IA. Tesla vise des livraisons à des entreprises extérieures à Tesla vers la fin de 2027, même s'il s'agit encore d'une projection de l'entreprise et non d'un déploiement commercial confirmé.
Le dernier dépôt de Tesla auprès de la SECdécrit séparément les préparatifs et les investissements consacrés à la production d'Optimus à grande échelle. Ces investissements, ainsi que les unités de qualité de production mentionnées dans la mise à jour destinée aux actionnaires, témoignent des progrès réalisés dans la fabrication, mais n'établissent pas qu'Optimus effectue déjà un travail continu sur les sites de clients externes.
Tesla n'a pas communiqué de résultats d'exploitation de tiers comparables aux heures cumulées d'Agility ou aux chiffres de fabrication de BMW concernant Figure. Pour Optimus, les prochains éléments de preuve majeurs seront des déploiements externes documentés, une exécution reproductible des tâches et des informations plus précises sur les coûts, la maintenance et la fiabilité.
Fabriquer un grand nombre de robots serait important, mais la préparation commerciale dépend en définitive de ce que ces robots peuvent accomplir après leur livraison.
UBTech : la Chine fait état d'une hausse des livraisons de robots humanoïdes
Le fabricant chinois de robots UBTech augmente la production et les livraisons de ses robots humanoïdes Walker. Dans une annonce de novembre 2025, l'entreprise a indiqué avoir commencé la production en série et les premières livraisons de plusieurs centaines de robots Walker S2.
UBTech a également indiqué que les commandes de sa gamme Walker avaient dépassé 800 millions de yuans, soit environ 112 millions de dollars au taux de change cité dans l'annonce. L'entreprise a mentionné des applications industrielles, notamment la fabrication automobile, la logistique et les opérations en usine.
Selon les résultats financiers intermédiaires officiels d'UBTech, déposés auprès de la Bourse de Hong Kong le 28 août, l'entreprise a fait état d'un volume de ventes de 921 unités dans son activité de produits et services de robots humanoïdes intelligents incarnés grand format au cours du premier semestre 2026. Ce chiffre couvre un portefeuille de produits destiné aux applications industrielles, commerciales, éducatives et d'accompagnement, et ne représente donc pas 921 robots Walker déployés dans des usines.
Le segment des produits et services de robots humanoïdes intelligents incarnés grand format de l'entreprise a généré environ 590,3 millions de yuans de chiffre d'affaires, soit une hausse de 1 445 % sur un an. Ce chiffre d'affaires inclut des services connexes et ne doit pas être interprété comme provenant uniquement des 921 unités vendues.
La catégorie de produits plus large comprend des machines comme le robot humanoïde industriel à roues Cruzr Y1, le robot commercial et éducatif Walker C1 et le robot d'accompagnement U1. Ces produits ciblent des marchés et des cas d'usage différents ; le chiffre des ventes ne doit donc pas être interprété comme la preuve que 921 robots Walker effectuent des tâches industrielles.
UBTech a également décrit des applications industrielles pour le Walker S2, notamment la manutention, le tri et l'inspection qualité. Ces capacités rapportées fournissent des éléments supplémentaires sur son activité dans les environnements de fabrication, même si elles n'établissent pas de chiffres directement comparables en matière d'heures de fonctionnement ou de productivité.
Les résultats d'UBTech témoignent de ventes commerciales et de l'expansion des applications industrielles dans l'ensemble de son portefeuille de robots humanoïdes.
Cependant, les volumes de ventes et le chiffre d'affaires du segment communiqués par l'entreprise n'établissent ni le nombre de robots fonctionnant en continu sur les sites des clients, ni la fréquence à laquelle ils nécessitent une intervention humaine, ni la capacité de ces déploiements à générer des coûts d'exploitation favorables. Des indicateurs de performance plus détaillés et comparables aideraient les acheteurs professionnels à évaluer ses progrès aux côtés d'autres entreprises de robotique humanoïde.
Pour 2027, la question sera de savoir si l'augmentation des livraisons se traduit par une productivité documentée de manière indépendante auprès d'un éventail plus large de clients industriels.
Ce qu'eWEEK a constaté : qui mène la course aux robots humanoïdes ?
Les éléments disponibles montrent que les robots humanoïdes progressent de manière mesurable dans les environnements industriels, mais que les entreprises avancent à des stades différents de leur commercialisation.
- Agility Robotics affiche le déploiement commercial continu en entrepôt le mieux documenté parmi les six entreprises comparées. Les robots Digit ont cumulé plus de 65 000 heures de fonctionnement dans le cadre des déploiements commerciaux et des programmes clients d'Agility, et Digit a déplacé plus de 100 000 bacs sur le site de GXO en Géorgie. L'entreprise dispose également d'autres programmes clients payants, d'accords commerciaux nominatifs avec des entreprises et de projets visant à étendre son déploiement chez GXO en 2027.
- Figure AI a démontré des performances substantielles sur une chaîne d'assemblage. Figure 02 a traité plus de 90 000 composants lors du projet pilote mené à son terme chez BMW, avant que la flotte ne soit en grande partie retirée du service et détruite en septembre. Figure 03 a démontré un processus plus complexe de séquençage logistique, mais les résultats de production durables restent une prochaine étape importante.
- Apptronik dispose de programmes actifs d'entraînement en conditions réelles. Les robots Apollo 2 collectent des données à Robot Park et sur des sites clients, mais l'obtention de résultats de production autonomes et durables reste une étape distincte.
- Boston Dynamics a commencé la formation industrielle d'Atlas. Son programme avec Hyundai lui fournit une expérience en conditions réelles, et l'entreprise prévoit d'agrandir considérablement son centre de formation en 2027. Un déploiement plus large dans la fabrication reste un objectif à venir.
- Tesla fait état d'une montée en puissance initiale de la production d'Optimus. L'entreprise affirme fabriquer ses premières unités de qualité de production à Fremont et vise des livraisons à des entreprises externes fin 2027, mais elle n'a pas communiqué d'indicateurs d'exploitation de tiers comparables.
- UBTech a fait état de ventes commerciales importantes et d'une activité industrielle croissante. Ses premières livraisons de Walker, les commandes annoncées à plus de 800 millions de yuans et le volume de ventes de 921 unités au premier semestre 2026 témoignent de progrès. Les applications industrielles du Walker S2 sont également pertinentes, même si le chiffre des ventes couvre plusieurs catégories de produits humanoïdes et que le chiffre d'affaires de 590,3 millions de yuans inclut des services. Des informations plus comparables sur les performances d'exploitation aideraient à établir l'ampleur et la productivité de ses déploiements industriels.
La principale conclusion est qu'aucun indicateur unique ne permet de rendre compte des progrès du secteur. Les heures de fonctionnement, les tâches accomplies, les livraisons de robots, la capacité de production et les commandes clients fournissent tous des informations utiles, mais mesurent des réalisations différentes.
Qu'est-ce qui empêche les robots humanoïdes de changer d'échelle ?
Les robots humanoïdes sont devenus plus capables de marcher, de garder leur équilibre, de manipuler des objets et de réagir à des environnements changeants. Cependant, le déploiement industriel introduit des difficultés qu'il est difficile d'évaluer à travers de seules démonstrations.
- Fiabilité : Les entreprises ont besoin de robots capables de répéter des tâches sur de longues périodes sans pannes fréquentes ni intervention humaine.
- Sécurité : Les robots humanoïdes doivent fonctionner à proximité des employés, des équipements et des véhicules tout en respectant les exigences applicables en matière de sécurité au travail.
- Dextérité : La manipulation d'objets inconnus et l'exécution de tâches précises restent techniquement exigeantes.
- Intégration : Les robots doivent se connecter aux équipements de fabrication existants, aux systèmes de gestion d'entrepôt et aux processus opérationnels.
- Coûts d'exploitation : Le prix d'achat ne représente qu'une partie de l'investissement. La maintenance, les logiciels, la supervision, la recharge, les temps d'arrêt et l'intégration influent également sur le coût total de possession.
Ces difficultés expliquent en partie pourquoi de nombreuses applications actuelles se concentrent sur des tâches étroites et répétitives. Les bras robotisés industriels traditionnels et les robots mobiles autonomes effectuent déjà efficacement de nombreuses fonctions dans les entrepôts et les usines.
Les robots humanoïdes peuvent offrir des avantages dans les sites conçus pour les humains, notamment lorsque les entreprises souhaitent une automatisation capable de se déplacer entre des postes de travail existants, mais elles doivent encore disposer d'éléments prouvant que ces avantages justifient la complexité supplémentaire.
Ce que les entreprises devraient surveiller en 2027
Pour les dirigeants d'entreprise, les évolutions les plus importantes de la robotique humanoïde en 2027 pourraient concerner les performances opérationnelles plutôt que de nouvelles démonstrations. Une entreprise qui annonce que des centaines de robots ont été commandés ou fabriqués fournit une mesure des progrès, tandis qu'un client qui documente plusieurs mois de travail fiable, une productivité mesurable et des coûts acceptables en fournit une autre.
Les entreprises qui évaluent cette technologie devraient se concentrer sur cinq questions :
- Adoption par les clients : Les entreprises étendent-elles leurs déploiements après avoir achevé les premiers projets pilotes ?
- Performances opérationnelles : Les robots peuvent-ils accomplir régulièrement des tâches pendant des postes complets et dans des conditions changeantes ?
- Intervention humaine : À quelle fréquence les employés doivent-ils superviser, réinitialiser ou assister les machines ?
- Économie du déploiement : Les gains de productivité justifient-ils les coûts d'achat, de maintenance, d'intégration et d'exploitation ?
- Flexibilité des tâches : Les robots peuvent-ils passer d'une tâche utile à une autre sans réentraînement important ni modification matérielle ?
Ces mesures aideront à déterminer si les robots humanoïdes deviennent des éléments pratiques des stratégies d'automatisation des entreprises ou s'ils restent des outils spécialisés destinés à des applications limitées.
Pour les entreprises qui envisagent la robotique humanoïde, 2027 devrait être l'année où elles exigeront des fournisseurs des éléments de preuve plus solides. Avant de s'engager dans un projet pilote ou d'étendre un déploiement existant, les dirigeants d'entreprise devraient demander des données documentées sur la disponibilité, les taux d'achèvement des tâches, les besoins en intervention humaine et les coûts totaux d'exploitation dans des conditions comparables à celles de leurs propres sites.
Les entreprises capables de fournir ces chiffres pour plusieurs clients seront mieux placées pour démontrer que les robots humanoïdes offrent un avantage pratique par rapport à l'automatisation conventionnelle. Le récit qui définira la robotique humanoïde en 2027 pourrait être celui des entreprises capables de prouver que leurs machines sont suffisamment fiables pour s'intégrer à une journée de travail ordinaire.
À lire aussi : pour un autre point de vue sur l'automatisation industrielle, lisez chez eWEEK 7 choses que les entreprises devraient savoir avant d'embaucher des robots humanoïdes, qui examine les enjeux de sécurité, les coûts et les difficultés opérationnelles que les entreprises doivent prendre en compte avant un déploiement.


