Un groupe de robots humanoïdes s’alignera pour une course de 50 mètres dans le Seaport District de Boston le 19 avril, présenté comme le premier événement sportif professionnel de robotique organisé sur le sol américain.
Des robots humanoïdes et quadrupèdes de fabricants de premier plan, d’institutions de recherche et d’universités s’affronteront dans des courses de vitesse, des parcours d’obstacles et des épreuves de précision lors du Combine de la Professional Robotics League (ProRL). L’événement, qui se déroulera sur un parcours bordé de spectateurs dans le Seaport District, est présenté comme le premier événement sportif professionnel de robotique de l’histoire des États-Unis.
Le Combine sert de rendez-vous fondateur à la ProRL, une nouvelle société d’utilité publique soutenue par 021T Capital. Les organisateurs expliquent que la mission de la ligue est « d’inaugurer l’ère de la robotique par le sport et le divertissement, de favoriser son acceptation par le public et d’accélérer son adoption dans l’ensemble du secteur de la robotique ».
Cette volonté de transformer la robotique en sport-spectacle intervient alors que la Chine a déjà commencé à utiliser des événements similaires comme outil stratégique.
Selon le Dr Alex Wissner-Gross, qui suit ces évolutions, en août dernier, « 500 robots de 16 pays se sont affrontés en athlétisme, au football et en kick-boxing dans un ancien site olympique de Pékin ».
Cet événement, les World Humanoid Robot Games, a été organisé par le gouvernement chinois comme une vitrine nationale stratégique. Quelques mois plus tôt, la Chine avait également accueilli le premier semi-marathon de robots humanoïdes au monde.
Wissner-Gross a expliqué dans une publication sur X que ces compétitions constituaient bien plus que de simples divertissements.
« Elles ont servi de bancs d’essai publics, accélérant la commercialisation. Le fabricant du robot arrivé deuxième au semi-marathon aurait reçu plus de 2 000 commandes commerciales dans les mois qui ont suivi. » Il a ajouté : « Pékin utilise les événements sportifs pour raccourcir le chemin entre le prototype et le produit, une stratégie industrielle déguisée en divertissement. »
Pourquoi les États-Unis tentent de rattraper leur retard
Bien qu’ils abritent certaines des entreprises de robotique et des laboratoires de recherche les plus avancés au monde, les États-Unis n’ont jamais eu de ligue sportive de robots ouverte au grand public.
Dans la même publication, Wissner-Gross décrivait ainsi la situation actuelle : « Les États-Unis n’ont rien de comparable. Nous avons la robotique de combat (BattleBots, NHRL), des compétitions éducatives (FIRST), des tournois de recherche universitaire (RoboCup) et des courses de drones (Drone Racing League). Ce qui nous manque, c’est une ligue sportive professionnelle de robots humanoïdes et quadrupèdes s’affrontant devant un large public. »
Il a ajouté : « L’un des couloirs les plus denses en talents dans le domaine de la robotique aux États-Unis, qui abrite Boston Dynamics, le MIT, Harvard et des centaines de start-up, n’a jamais eu de vitrine ouverte au grand public pour ses propres technologies. Nous construisons les robots les plus avancés de la planète, puis nous les cachons dans des salons professionnels. »
Selon les organisateurs, c’est précisément cette lacune que la ProRL entend combler.
Y a-t-il un public pour cela ?
La réponse courte, selon les données disponibles, est oui. Une enquête YouGov citée par Wissner-Gross révèle qu’un amateur de sport aux États-Unis sur trois se dit déjà intéressé par une ligue d’athlètes robots, avec un engouement encore plus marqué chez les jeunes.
Ce qui a fait défaut jusqu’ici, estime-t-il, c’est l’infrastructure : des règles, des équipes, des saisons et des classements. « La NASCAR l’a fait pour l’ingénierie automobile », a-t-il écrit. À ses yeux, une ligue professionnelle de robotique joue le même rôle pour la main-d’œuvre en IA physique que les États-Unis cherchent à développer.
Quelle sera la prochaine étape pour la ligue ?
L’événement d’avril n’est que le « moment fondateur ». La ProRL, dirigée par son fondateur David Grilk, vétéran des événements de course en direct de grande ampleur, et par son membre du conseil d’administration Tom Grilk, ancien PDG de la Boston Athletic Association, dispose d’une feuille de route qui va bien au-delà d’un simple sprint.
Des événements d’expansion sont déjà prévus plus tard en 2026, avant une saison complète de 10 à 12 événements en 2027. Si la vitesse peut attirer les fans dans les tribunes, la ligue prévoit à terme de tester les robots sur des « tâches à valeur commerciale » susceptibles d’être utilisées dans les hôpitaux et les entrepôts.
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