Un juge fédéral du Massachusetts a donné raison à un district scolaire dans le cadre d’une action en justice controversée impliquant l’utilisation de l’IA par un élève pour ses devoirs. Cette affaire constitue une avancée juridique importante pour la technologie. Elle concerne la famille Harris, qui a poursuivi le comité scolaire de la ville de Hingham après que leur fils, désigné uniquement par ses initiales RNH, a reçu la note « D » pour un projet d’histoire des États-Unis en Advanced Placement pour avoir utilisé l’intelligence artificielle.
Un juge donne raison au district scolaire dans une affaire de pénalité pour triche avec l’IA
Le juge d’instance fédéral américain Paul Levenson a statué en faveur du district scolaire, affirmant que la décision des responsables de l’établissement de sanctionner RNH pour ce qu’ils considéraient comme une triche avec l’IA relevait pleinement de leur pouvoir discrétionnaire. La décision du juge a rejeté la demande de la famille Harris visant à faire passer la note de l’élève à « B » et à supprimer toute référence à la triche de son dossier.
La controverse a commencé lorsque RNH et son partenaire de projet ont utilisé des outils d’IA pour effectuer des recherches sur la star du basket-ball Kareem Abdul-Jabbar dans le cadre de leur devoir d’histoire. Leur projet contenait des sources fictives, dont un livre inexistant attribué à une auteure nommée « Jane Doe », fourni par un outil d’IA similaire à Grammarly.
Les responsables de l’établissement ont estimé qu’il s’agissait de malhonnêteté académique, tandis que les plaignants ont souligné que le règlement scolaire 2023-2024 ne mentionnait pas l’intelligence artificielle dans ses définitions de la triche ou du plagiat, une modification des règles qui n’a pris effet que dans la version 2024-2025.
Le débat grandissant sur l’IA dans l’éducation
Dans sa décision, le juge Levenson a souligné que les mesures prises par l’établissement étaient justifiées, affirmant qu’aucun élément ne laissait penser que l’école avait agi à la hâte ou outrepassé ses droits en traitant cette affaire. Il a également clairement établi que les tribunaux ne devraient généralement pas remettre en question le jugement des enseignants en matière de notation et de discipline scolaire.
Les plaignants avaient également demandé une injonction afin d’autoriser RNH à poser sa candidature à la National Honor Society, affirmant que son recours à l’IA ne devait pas l’empêcher d’accéder à cette distinction prestigieuse. Cette demande a été partiellement accordée lorsqu’il est apparu que des élèves d’autres établissements avaient été autorisés à se porter candidats malgré l’utilisation de l’IA dans leur travail. Peter Farrell, l’avocat de la famille Harris, a indiqué que la bataille juridique était loin d’être terminée. Ils prévoient de poursuivre la procédure et de réclamer une enquête plus approfondie sur cette affaire.
« Nous respectons l’ordonnance du tribunal, mais l’affaire est toujours en cours et nous sommes impatients d’examiner les faits plus en détail », a déclaré Farrell.
L’avenir de l’IA pour les devoirs
Cette affaire met en lumière les tensions croissantes autour de l’utilisation de l’IA dans l’éducation, soulevant d’importantes questions sur l’intégrité académique à l’ère des chatbots d’IA et des outils d’aide aux devoirs. Alors que les détecteurs de triche avec l’IA gagnent en sophistication, les enseignants cherchent comment gérer l’IA en classe, tandis que les règles concernant l’IA continuent d’évoluer. Pour l’instant, cette décision établit un précédent susceptible d’influencer les futures affaires de triche avec l’IA, laissant beaucoup s’interroger sur la manière dont les établissements scolaires s’adapteront à mesure que les outils d’IA joueront un rôle croissant dans le travail des élèves.


