L’italienne FinecoBank parie que, d’ici 2029, l’IA ne sera pas une fonctionnalité ajoutée après coup. Elle fera partie de la manière dont la banque trouve ses clients, accompagne ses conseillers et accélère ses processus de gestion des flux financiers, avec moins de relais.
Selon FinecoBank, le conseil d’administration a approuvé un plan industriel pour 2026–2029 qui place « l’innovation technologique fondée sur l’IA » au cœur de la croissance dans les secteurs de la banque, de l’investissement et du courtage. Le plan ressemble moins au lancement spectaculaire d’un produit qu’à une refonte des systèmes : intégrer l’IA là où le temps est gaspillé, notamment dans le parcours d’intégration et le travail des conseillers.
Le plan, débarrassé des mots à la mode
Le principal effort de FinecoBank en matière d’IA vise son réseau de conseillers. Dans les documents consacrés au plan, la banque indique que l’IA devrait représenter 25 % à 35 % de l’amélioration de la productivité du réseau de conseillers sur les ventes nettes d’ici 2029. L’idée est de confier davantage de travail préparatoire aux machines : regrouper les clients, faire ressortir les tendances et générer automatiquement les actions commerciales à mener afin que les conseillers passent moins de temps à trier et davantage à conseiller.
FinecoBank cite également un « Portfolio Builder » destiné aux conseillers, lancé l’été dernier, et indique vouloir déployer une application dédiée pour les conseillers afin de faciliter l’utilisation des outils au quotidien. C’est la version « l’IA rend les humains plus rapides » du discours, et non « l’IA remplace le conseiller ».
L’autre volet du pari concerne l’acquisition de clients. FinecoBank indique que les procédures d’intégration qui intègrent l’IA ont multiplié par quatre les interactions avec les prospects en quête d’informations, 95 % de ces interactions étant traitées sans mobiliser le service client. Si cette approche passe à l’échelle, il s’agit du type de bénéfice discret que les banques recherchent avec l’IA : moins de questions courantes transmises à des humains, moins de files d’attente et un parcours plus fluide entre « curieux » et « client ».
En réunissant ces éléments, la stratégie vise à boucler la boucle : la prospection et l’intégration assistées par l’IA alimentent le conseil assuré par des humains, tandis que les outils d’IA aident les conseillers à gérer davantage de clients sans que l’expérience ne paraisse superficielle.
Pourquoi le calendrier est plus délicat qu’il n’y paraît
L’IA peut accélérer les opérations bancaires, mais elle accroît aussi le risque opérationnel : comportement des modèles, traitement des données et responsabilité en cas de défaillance d’un conseil automatisé. En Europe, cette discussion s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer les exigences en matière de résilience opérationnelle, les banques devant démontrer qu’elles peuvent résister aux perturbations et se rétablir rapidement.
Les autorités de réglementation ont également expliqué clairement ce que la résilience implique en pratique. Le cadre DORA couvre la gestion des risques liés aux TIC, la déclaration des incidents, les tests et les risques liés aux prestataires tiers, autant d’éléments qui se complexifient à mesure que l’automatisation s’enfonce dans les processus essentiels.
FinecoBank ne présente pas son plan comme « une stratégie DORA », mais l’implication est difficile à éluder : davantage d’IA dans les processus critiques rehausse les exigences en matière de comportement prévisible, de processus auditables et de systèmes capables d’échouer sans danger et de se rétablir rapidement. C’est le véritable test qui attend la banque d’ici 2029, parallèlement à la question de savoir si ses promesses en matière de productivité et d’intégration se traduiront régulièrement dans ses résultats.
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