Xiaomi parle enfin des robots humanoïdes comme le feraient des responsables d’usine : non pas comme des mascottes de science-fiction, mais comme des collègues capables de respecter les temps de cycle, de répéter des tâches toute la journée et d’éviter de ralentir la chaîne.
Plutôt que de présenter les humanoïdes comme un concept, Xiaomi décrit une première mise en œuvre concrète : un travail limité et supervisé dans son usine de véhicules électriques, ainsi qu’un calendrier de montée en puissance.
Des « stages » en usine
Dans une mise à jour publiée le 3 mars, le fondateur et PDG de Xiaomi, Lei Jun, a déclaré que les robots humanoïdes avaient commencé leur « stage » dans son usine de véhicules électriques, notamment en effectuant de manière autonome des opérations dans des scénarios de fabrication réels. Il a également prédit qu’un grand nombre de robots humanoïdes travailleraient dans les usines Xiaomi au cours des cinq prochaines années, selon le rapport de China Daily.
Ce cadrage sous forme de « stage » implique un apprentissage supervisé et un périmètre limité, ce qui correspond à la manière dont l’automatisation gagne généralement la confiance sur une chaîne en fonctionnement. Les déploiements en usine commencent habituellement par une tâche étroite et un poste de travail contrôlé, avec des humains à proximité pour gérer les exceptions.
Il convient également de relever ce que Xiaomi n’a pas fourni dans cette mise à jour : des indicateurs de performance détaillés, une ventilation des pannes ou une validation indépendante. Cela ne signifie pas que les robots n’ont pas fonctionné, mais plutôt que des questions essentielles pour l’usine restent publiquement sans réponse, notamment la fréquence à laquelle les opérateurs doivent intervenir, le taux de disponibilité et la capacité du système à maintenir ses performances malgré les variations (tolérances des pièces, changements d’éclairage, encombrement du poste de travail et usure). Même des statistiques élémentaires, comme le nombre d’heures de fonctionnement par équipe, le nombre de cycles réalisés et le comportement du robot lorsqu’une pièce est mal alignée, permettraient de distinguer un essai d’une démonstration.
Si Xiaomi tient parole, la prochaine mise à jour significative ne se résumera pas à un chiffre accrocheur ; elle fournira des détails : quels postes les robots peuvent faire fonctionner de manière répétée, comment le système gère les variations des pièces et de l’éclairage, et si ses performances se maintiennent sur plusieurs chaînes, plutôt que dans le seul cadre d’un essai contrôlé. C’est ce qui distingue un projet pilote de quelque chose qu’une usine peut planifier.
L’open source, signe d’un travail sérieux
La poussée vers les usines est également liée à la pile logicielle qui équipe le robot. L’entreprise a rendu Xiaomi-Robotics-0 disponible sous la forme d’un projet open source, le décrivant comme un modèle de vision-langage-action doté de 4,7 milliards de paramètres conçu pour l’exécution robotique en temps réel. Si les humanoïdes de Xiaomi doivent travailler sur des postes d’usine, c’est ce type de modèle qui les aide à percevoir une scène, à choisir une action et à l’exécuter assez rapidement pour suivre le rythme.
Le passage en open source ne se traduit pas automatiquement par une fiabilité digne de l’usine. Mais il relève le niveau d’exigence. Plutôt que de demander au public de faire confiance à une démonstration soigneusement montée, Xiaomi publie du code que des observateurs externes peuvent examiner.
Cela attire également l’attention sur les aspects peu glamour qui déterminent la réussite sur une chaîne : la régularité, des modes de défaillance prévisibles et une reprise rapide. Si Xiaomi veut que les humanoïdes deviennent des équipements d’usine, c’est le niveau à atteindre.
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