Après avoir pointé pendant quatre mois sur une chaîne d’assemblage automobile, le dernier robot humanoïde de Xiaomi dépasse désormais le stade habituel des démonstrations sur scène.
Xiaomi a dévoilé mercredi ce robot de nouvelle génération lors de la World Robot Conference 2026 à Pékin, après environ quatre mois d’entraînement dans son usine de véhicules électriques, où il a été testé sur des tâches de production répétitives, notamment l’installation d’écrous, le tri de panneaux et le pliage de boîtes.
Le design est résolument industriel, avec un corps gris clair et une tête en forme de casque argent mat. Lors de la conférence, Xiaomi a montré le robot en train de travailler comme fleuriste. Il a saisi des bouquets, ajouté des feuilles parfumées et les a remis aux visiteurs, avant d’effectuer des poignées de main, des checks du poing et des gestes en forme de cœur. Xiaomi a indiqué que ces mouvements étaient contrôlés par un grand modèle incarné plutôt que par des scripts prédéfinis, selon 36Kr.
La véritable question est de savoir si ces mois passés dans l’atelier peuvent transformer un prototype humanoïde en une machine sur laquelle les fabricants peuvent réellement compter. Les derniers chiffres de performance de Xiaomi témoignent de progrès, mais montrent aussi le chemin qu’il reste à parcourir avant que les robots humanoïdes puissent travailler aux côtés des machines industrielles classiques à grande échelle.
L’usine est le véritable test
La démonstration la plus importante a eu lieu avant que le robot n’atteigne le hall d’exposition.
Xiaomi l’a entraîné à des tâches de production, notamment l’installation d’écrous autotaraudeurs, le tri de panneaux flexibles de console centrale et le pliage de boîtes de matériaux. Sur un poste de travail, le robot a fonctionné de manière autonome pendant trois heures, en maintenant un cycle de production de 76 secondes et un taux de réussite de l’installation de 90,2 %, selon des données de Xiaomi citées par TechRepublic.
En juillet, le taux de réussite de l’installation bilatérale d’écrous était passé à 98 %, tandis que le tri des panneaux et le pliage des boîtes de matériaux atteignaient chacun 90 %. Cette progression met en lumière un problème facile à négliger dans les démonstrations spectaculaires de robots humanoïdes : les robots industriels ne peuvent pas simplement accomplir une tâche une seule fois. Ils doivent la répéter à la cadence de production, sans perturber la chaîne.
Lei Jun, le fondateur de Xiaomi, a décrit l’écart entre les conditions de laboratoire et celles d’une usine comme un défi majeur, soulignant que les laboratoires peuvent tolérer des milliers d’échecs pendant l’expérimentation, tandis que les usines exigent une réussite constante.
Le robot s’inscrit dans la stratégie plus large de Xiaomi en faveur de l’IA incarnée plutôt que dans une activité matérielle autonome. L’entreprise associe sa plateforme humanoïde à la perception multimodale, à l’apprentissage par renforcement et à des modèles tels que Xiaomi-Robotics-0.
Xiaomi a également développé Xiaomi-Robotics-1 et lancé le modèle du monde Xiaomi-Robotics-U0, doté de 38 milliards de paramètres, selon 36Kr. L’engagement financier de l’entreprise augmente lui aussi. Xiaomi a consacré 9,23 milliards de yuans à la R&D au deuxième trimestre, soit une hausse de 18,9 % sur un an, les véhicules électriques intelligents et l’IA figurant parmi les principaux domaines d’investissement.
Le revers commercial
Pour l’instant, il s’agit toutefois encore d’un projet de recherche, et non d’une nouvelle gamme de produits Xiaomi. L’activité robotique ne génère aucun revenu externe indépendant et reste axée sur les prototypes et la validation en interne, selon 36Kr. Lu Weibing, dirigeant de Xiaomi, a également déclaré que les robots humanoïdes étaient encore loin d’une commercialisation de masse.
Les essais en usine sont donc plus importants que la performance présentée lors de la conférence. Un robot capable de prendre en charge de manière fiable des tâches de fabrication répétitives pourrait à terme aider Xiaomi à réduire ses coûts d’usine, tout en générant des données précieuses pour ses systèmes d’IA.
Mais le chiffre de 98 % révèle également l’écart qui subsiste : une chaîne de production ne peut pas se permettre un robot qui se trompe de temps à autre. Le prochain défi de Xiaomi consiste donc moins à faire paraître Tieda humain qu’à le rendre suffisamment fiable pour travailler comme une machine.
Pourquoi cela dépasse le cas de Xiaomi
Pour les fabricants, l’expérience de Xiaomi offre un premier aperçu des domaines où les robots humanoïdes pourraient commencer à apporter une valeur concrète. Le travail en usine fournit aux entreprises ce que les démonstrations lors de conférences ne peuvent pas offrir : des données mesurables sur les temps de cycle, les taux d’échec, la régularité et la fréquence à laquelle les humains doivent encore intervenir.
C’est important, car l’argument économique en faveur des robots humanoïdes dépendra moins de leur apparence humaine que de leur capacité à prendre en charge de manière fiable des tâches répétitives ou physiquement pénibles sans ralentir la production. Si Xiaomi parvient à rapprocher ces taux de réussite des standards industriels, d’autres fabricants disposeront peut-être d’un repère plus clair pour déterminer quand la robotique humanoïde sera prête pour un déploiement réel, plutôt que pour un nouveau projet pilote.
Pour les dirigeants du secteur technologique, le signal le plus important est que l’IA incarnée passe du développement de modèles aux essais opérationnels. Les entreprises qui sauront intégrer des modèles d’IA, du matériel robotique et des données de production du monde réel pourraient déterminer à quelle vitesse les humanoïdes passeront du statut de systèmes expérimentaux à celui d’un nouvel élément de l’automatisation des entreprises.
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