Quand on pense aux plus grands émetteurs de carbone, beaucoup imaginent des autoroutes remplies de camions ou des usines dont s’échappent d’immenses panaches de fumée. Nous pensons rarement à l’informatique. Pourtant, les services informatiques, notamment les centres de données, le cloud, les réseaux, ainsi que les appareils des utilisateurs finaux, représentent environ 2 % des émissions de carbone des États-Unis, soit une proportion similaire à celle de l’aviation.
À mesure que la dépendance du monde aux services informatiques augmente, le besoin de pratiques durables pour réduire l’impact environnemental s’accroîtra lui aussi. Disposer d’un plan de durabilité est non seulement impératif pour protéger les ressources de la planète et satisfaire aux exigences réglementaires. C’est également nécessaire pour se conformer aux normes et aux valeurs éthiques.
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Réduire l’impact environnemental des charges de travail informatiques
Fixer un objectif
Comme pour tout projet de transformation numérique, il est important d’obtenir l’adhésion, le soutien et la vision de la direction de l’organisation. À mesure que votre entreprise se développe, sa consommation d’énergie augmentera elle aussi.
Un bon indicateur à définir pourrait être le suivant : réduire de 25 % l’intensité énergétique en cinq ans. L’intensité énergétique peut se définir comme la proportion d’énergie consommée par rapport à la taille de l’entreprise. Il suffit de regarder Etsy, qui fait figure de précurseur dans ce domaine, et s’est fixé de tels objectifs dès 2017.
Connaître son empreinte actuelle
Rechercher les ressources cloud oubliées et inutilisées peut s’avérer très efficace. Il est très facile de consommer des ressources de calcul cloud, mais il faut de la rigueur et de l’organisation pour les arrêter lorsqu’elles ne sont plus nécessaires.
Le cloud peut fournir une tarification très détaillée par ressource, ce qui facilite l’identification des ressources inutilisées. Si les ressources sont correctement balisées, que leurs propriétaires sont identifiés et que les charges de travail sont séparées dans différents comptes, il peut être facile de les repérer.
Consacrez quelques heures à identifier et à arrêter les ressources dont vous n’avez plus besoin. Cela améliorera non seulement votre situation financière en supprimant les dépenses inutiles, mais vous permettra également de réduire votre empreinte carbone sans aucune contrepartie.
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Migrer vers le cloud
Les fournisseurs de centres de données de plus petite taille n’ont souvent pas les capitaux nécessaires pour investir dans les énergies vertes. Mais de plus en plus de fournisseurs cloud réalisent d’importants investissements pour atteindre leurs objectifs de durabilité. En migrant les charges de travail vers le cloud, vous pouvez réduire votre empreinte carbone et tirer parti de l’efficacité du fournisseur cloud.
Lors du choix d’un fournisseur cloud, veillez à prendre en compte sa situation actuelle et son engagement futur à fonctionner grâce aux énergies vertes. Beaucoup rattrapent leur retard, mais tous les fournisseurs cloud ne sont pas équipés pour assurer leur durabilité à l’avenir.
Les organisations qui migrent vers le cloud par lift-and-shift (sans transformation de la charge de travail) peuvent réduire immédiatement leur consommation d’énergie de 10 à 15 %, ce qui constitue un excellent point de départ. Mais pour réduire davantage la consommation et l’impact environnemental, une véritable transformation de la charge de travail est nécessaire.
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Comprendre l’impact environnemental de vos charges de travail
Google, Microsoft Azure et AWS disposent tous d’outils cloud native intégrés qui mesurent leur empreinte carbone respective. Même si tout le monde ne dispose pas des mêmes moyens et ressources que ces géants de la technologie, vous pouvez lancer des plans de durabilité en comprenant les variables suivantes :
- Utilisation du fournisseur de services cloud : la durée d’utilisation des ressources cloud (calcul, stockage, réseau). Ces données peuvent être obtenues à partir des rapports de facturation ou des API d’utilisation, telles que CloudWatch et CostExplorer dans AWS.
- Facteurs de conversion énergétique du cloud : l’énergie consommée par les ressources cloud déployées par votre organisation, mesurée en watts. Le facteur diffère selon le type de ressource (par exemple, EC2, Lambda).
- Efficacité énergétique (PUE) du fournisseur cloud : indique l’efficacité avec laquelle un fournisseur cloud utilise l’énergie. Un PUE de 1 signifierait que toute l’énergie est utilisée pour le calcul et n’est pas gaspillée dans le refroidissement.
- Facteurs d’émissions du réseau électrique : chaque fournisseur cloud utilise l’énergie locale pour alimenter son infrastructure. Celle-ci peut provenir d’un mélange de différentes sources : charbon, nucléaire, éolien, gaz et solaire. Chaque région produit une quantité différente de CO2 pour chaque kWh généré. L’unité de cette variable est le gCO2eq/kWh, soit un gramme d’équivalent CO2 pour chaque kWh.
- Émissions intrinsèques : elles représentent les émissions supplémentaires générées par la fabrication et la mise au rebut des ressources cloud. Pour une application qui utilise des ressources pendant une longue période, elles représenteront une très faible fraction des émissions totales de carbone. Dans un environnement cloud où les ressources peuvent être partagées, ce type d’émissions est bien inférieur à celui observé sur site, où les ressources sont dédiées, puisque le CO2 est déjà émis, que les ressources soient utilisées ou non.
La possibilité de modifier ces variables dépend de l’étape à laquelle se trouve une organisation dans son parcours de transformation vers le cloud. Si vous avez déjà déployé des applications chez un fournisseur cloud et dans une région donnée, le moyen le plus simple d’être plus durable peut consister à modifier l’infrastructure et l’architecture applicative afin de réduire votre consommation d’énergie. Si vous n’avez pas encore choisi de fournisseur cloud ni de région, les variables à prendre en compte sont le PUE et les facteurs d’émissions du réseau électrique.
Transformer vos charges de travail
Comme indiqué précédemment, la migration vers le cloud ne doit pas être la seule étape ni l’étape finale du processus. Tant que les fournisseurs cloud n’auront pas tenu leurs engagements en matière d’énergie verte, les charges de travail informatiques continueront d’émettre du carbone. Une réduction efficace de la consommation repose sur l’adoption d’une architecture moderne, plus économique, fiable et sécurisée qu’une architecture historique, puisque les ressources cloud ne fonctionnent que lorsqu’elles sont nécessaires.
La mise à niveau du code applicatif et du SDK (kit de développement logiciel) peut également faire une différence significative. Par exemple, migrer une application d’un framework .NET plus ancien vers .NET 5 permet d’exécuter la même application avec une empreinte bien plus réduite. Une autre possibilité consiste à migrer vers des processeurs ARM, qui consomment moins d’énergie à performances égales que les technologies comparables.
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Se préparer à prendre l’avantage
L’informatique redéfinit rapidement les charges de travail des entreprises. Cette évolution s’accompagne d’un besoin de plan de durabilité efficace. Grâce à une meilleure connaissance, compréhension et adoption des ressources et architectures modernes, les entreprises qui exécutent des charges de travail très performantes sur le plan environnemental seront probablement celles qui auront le plus profondément transformé et modernisé leur informatique. Autrement dit, ce seront celles qui devanceront leurs concurrents et survivront à l’avenir.
À propos de l’auteur :
Matt Buchner, directeur principal de l’architecture numérique chez NTT DATA Services


