Tomber à court de carburant ne signifie pas toujours qu'un satellite a cessé de fonctionner. Parfois, il a simplement besoin d'un peu d'aide pour rester au bon endroit.
SpaceX a lancé le Mission Robotic Vehicle de Northrop Grumman et trois modules de propulsion le 21 juillet depuis Cap Canaveral, en Floride. Une fois l'engin spatial arrivé en orbite géostationnaire en 2027, ses deux bras robotisés fixeront les modules à des satellites de communications vieillissants, leur apportant une propulsion supplémentaire et pouvant prolonger leur durée de fonctionnement de huit ans au maximum.
Cette mission pourrait faire économiser des millions aux opérateurs en coûts de remplacement, tout en permettant de vérifier si la maintenance robotisée peut devenir un moyen pratique d'entretenir des satellites déjà en orbite.
Comment fonctionnera la mission de maintenance des satellites
Une fusée Falcon 9 a emporté le Mission Robotic Vehicle, ou MRV, ainsi que trois Mission Extension Pods dans l'espace. SpaceX a déployé le MRV environ 35 minutes après le décollage, puis les trois modules à intervalles d'environ 10 minutes, selon Space.com.
L'engin spatial passera environ un an à rejoindre l'orbite géostationnaire, à environ 22 300 miles au-dessus de la Terre. À cette altitude, les satellites suivent la rotation de la Terre, ce qui leur permet de rester au-dessus de la même région et d'assurer une couverture continue des communications, de la surveillance météorologique ou de la surveillance générale.
Une fois arrivé à destination, le MRV, de la taille d'un monospace, utilisera deux bras robotisés de 10 pieds pour récupérer les modules et les fixer à trois satellites vieillissants. Chaque module, de la taille d'une machine à laver, fera office de jetpack, fournissant une propulsion et aidant le satellite auquel il est assigné à maintenir la bonne orbite.
Northrop Grumman a déclaré qu'un module pourrait ajouter jusqu'à huit ans à la durée de fonctionnement d'un satellite type de 2 000 kilogrammes. Après son installation, le client contrôlera le module via son propre système de télémétrie et de commande.
Pourquoi prolonger la durée de vie des satellites pourrait faire économiser des millions
Les satellites peuvent rester opérationnels même après avoir épuisé une grande partie du carburant nécessaire au contrôle de leur position. La perte de cette capacité de manœuvre peut contraindre les opérateurs à mettre au rebut du matériel encore utilisable et à dépenser des millions de dollars pour concevoir, lancer et mettre en service un remplacement.
Les informations divergent au sujet des clients : The Associated Press a identifié SES et Optus, tandis que Space.com, citant Tech Times, a indiqué qu'Optus avait réservé un module et Intelsat les deux autres. Ces informations contradictoires laissent la répartition incertaine.
Northrop Grumman a déjà démontré une autre forme de prolongation de la durée de vie des satellites. Ses Mission Extension Vehicles de première génération s'amarrent directement aux satellites clients et y restent fixés pour fournir une propulsion.
L'entreprise a déclaré que ses deux véhicules s'étaient amarrés à trois satellites commerciaux et avaient fourni plus de 10 ans de services cumulés de prolongation de mission.
La nouvelle conception sépare le robot de maintenance réutilisable des modules de propulsion plus petits. Après avoir installé les trois modules, le MRV peut rester en orbite et attendre d'autres modules ou missions de maintenance au lieu de rester fixé en permanence à un seul client.
Un robot conçu pour faire plus que livrer des jetpacks
Northrop Grumman a souligné que le MRV pourrait à terme inspecter, déplacer, réparer, ravitailler et mettre à niveau des satellites. L'entreprise a également cité parmi ses utilisations potentielles l'élimination des débris, l'expérimentation et l'assemblage dans l'espace.
Le véhicule est équipé d'une interface de ravitaillement approuvée par la US Space Force, qui pourrait lui permettre de refaire le plein de carburant et de continuer à fonctionner. Il a également été lancé avec du matériel informatique destiné à prendre en charge de futures opérations dopées à l'IA, même si Northrop Grumman n'a pas précisé quand ces capacités seraient activées.
La première installation d'un module est prévue d'ici la mi-2027. Sa réussite contribuera à déterminer si la maintenance robotisée peut devenir une activité reproductible plutôt qu'une mission de sauvetage spécialisée, et pourrait changer la manière dont les opérateurs planifient le coût et la durée de vie des satellites déjà en orbite.
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