Les réalisateurs de Marvel Joe et Anthony Russo défendent l’IA dans le cinéma — mais selon les conditions des artistes. En soulignant que « les artistes doivent guider l’innovation », les réalisateurs estiment que l’IA doit servir les créateurs plutôt que les remplacer. Alors que certains craignent que l’IA ne remplace la créativité, les frères Russo y voient un outil permettant d’élargir les possibilités narratives, à condition qu’elle soit guidée par des artistes.
Dans un entretien accordé à The Wall Street Journal, les frères Russo cherchent à concevoir des outils d’IA spécialement pensés pour donner plus de pouvoir aux artistes, en fluidifiant le processus créatif sans remplacer l’intervention humaine. Leur approche reflète une évolution plus large à Hollywood, où le rôle de l’IA dans la production reste très controversé.
Les frères Russo énoncent un principe clé pour l’IA au cinéma
Pour les frères Russo — qui ont réalisé pour Marvel « Captain America: The Winter Soldier », « Captain America: Civil War », « Avengers: Infinity War » et « Avengers: Endgame » — l’avenir de l’IA au cinéma repose sur un principe essentiel : les artistes doivent piloter l’innovation. Plutôt que de laisser les entreprises dicter la manière dont l’IA façonne l’industrie, les réalisateurs estiment que les créatifs doivent garder le contrôle de la façon dont l’intelligence artificielle est utilisée. Pour faire avancer cette vision, ils consacrent un investissement de 400 millions de dollars à leur société de production, Agbo, où ils prévoient de favoriser le développement en interne d’outils d’IA dirigé par des professionnels de la création.
Leur film Netflix « The Electric State » illustre leur position : l’IA y est utilisée pour une légère modulation des voix, tandis que les décisions créatives fondamentales restent entre les mains des humains. Joe Russo a minimisé son importance, comparant cette utilisation à quelque chose que « n’importe quel enfant de 10 ans pourrait faire après avoir regardé une vidéo TikTok », tout en admettant que le rôle de cette technologie à Hollywood prend de l’ampleur.
L’adoption croissante de l’IA à Hollywood
En septembre 2024, Lionsgate est devenu le premier grand studio à s’associer à une entreprise d’IA — Runway — pour développer un modèle d’IA personnalisé entraîné sur ses contenus cinématographiques et télévisuels. Cette collaboration a donné aux cinéastes accès à des outils dopés à l’IA pour générer des vidéos cinématographiques et des effets visuels, accélérant considérablement la préproduction et la postproduction. Elle montre que les grands studios ne restent plus en retrait : ils contribuent activement à établir la place de l’IA dans l’avenir du divertissement.
À mesure que l’adoption de l’IA progresse à Hollywood, des films nommés aux Oscars utilisent l’intelligence artificielle pour apporter des améliorations. « The Brutalist », par exemple, a utilisé l’IA pour affiner les accents hongrois, tandis qu’« Emilia Pérez » a modifié les interprétations vocales.
L’IA au cinéma est-elle une menace, un outil ou la nouvelle normalité ?
Alors que de grands studios comme Lionsgate et des réalisateurs réputés comme les frères Russo exploitent le potentiel de l’IA, l’industrie du cinéma avance sur une ligne de crête entre innovation et préservation — la manière dont cet équilibre sera trouvé pourrait déterminer l’avenir de la réalisation cinématographique.


