Le 28 avril, Anthropic a franchi le seuil d’une valorisation de 1 000 milliards de dollars et est officiellement devenue l’entreprise d’IA la plus valorisée au monde.
Le même mardi, OpenAI :
- a manqué ses propres prévisions de revenus (selon le WSJ ; Oracle et les valeurs des fabricants de puces ont chuté)
- a regardé l’avocat d’Elon Musk dire à un jury fédéral que Sam Altman avait « volé une œuvre caritative »
- a basculé sur AWS Bedrock, un jour après avoir abandonné l’exclusivité de Microsoft
- a fait l’objet d’un article dans The Atlantic intitulé, littéralement, « Anthropic’s Little Brother ».
Un mardi tout à fait normal.
Voici ce qui s’est passé d’autre
Alors qu’OpenAI se faisait poursuivre en justice, Anthropic a lancé Claude for Creative Work avec des connecteurs natifs pour Blender, Adobe Creative Cloud, Autodesk Fusion, Ableton, Splice, SketchUp, Resolume et Canva. Claude peut désormais déboguer une scène 3D, modifier par lots des éléments Photoshop ou extraire pour vous des pistes séparées de Splice.
Adobe a simultanément lancé son propre Adobe for creativity Claude connector, donnant à Claude un accès en direct à plus de 50 outils professionnels dans Photoshop, Premiere, Firefly et InDesign. Anthropic a également rejoint le Blender Development Fund en tant que Corporate Patron.
En une seule journée, Anthropic est devenue l’IA que l’on connecterait réellement aux applications pour lesquelles on paie déjà.
Pourquoi c’est important
La course au « modèle le plus intelligent » est terminée. Les deux laboratoires sont enfermés dans une boucle de parité fonctionnelle où Claude et GPT-5.5 s’échangent les victoires aux benchmarks toutes les six semaines. La nouvelle course porte sur le « workflow le plus profond » : le laboratoire qui s’intégrera le plus profondément dans les outils que vous utilisez déjà remportera la mise.
L’interface de chat est saturée ; la profondeur des workflows constitue le véritable avantage défendable. Et l’intégration la plus profonde qu’un workflow puisse atteindre, c’est l’ordinateur lui-même. Dès que les petits modèles seront suffisamment performants — et ils le seront dans les 18 prochains mois, voire plus tôt — l’agent qui fonctionnera nativement sur votre Mac, votre iPhone ou la prochaine forme d’appareil (des lunettes ?) contrôlera la surface où réside tout le reste des logiciels.
Notre analyse
C’est pourquoi je pense désormais qu’OpenAI et Anthropic devront devenir Microsoft et Apple. Les tokens cloud sont actuellement une activité incroyablement coûteuse. Un dirigeant de Nvidia a déclaré hier que le coût du calcul nécessaire à l’IA dépassait désormais celui des salariés dans la plupart des entreprises. Aucun des deux laboratoires ne peut continuer à subventionner cela éternellement.
L’issue naturelle ? Celle dans laquelle Apple et Microsoft se sont déjà installés. Vendre le matériel. OpenAI serait en train de construire un téléphone. Les outils créatifs d’Anthropic sont profondément intégrés aux workflows, mais peu gourmands en calcul — exactement le genre de fonctionnalités qui ont bien plus de sens si Claude finit par vivre sur votre Mac plutôt que dans un centre de données. Pour cette raison, nous pensons qu’Anthropic devrait à terme fabriquer aussi des ordinateurs.
La valorisation de 1 000 milliards de dollars atteinte aujourd’hui est l’indicateur retardé. L’indicateur avancé ? Qui est le mieux placé pour vous vendre l’appareil sur lequel fonctionnera votre agent local.
Note de la rédaction : ce contenu a été publié à l’origine dans la newsletter de notre publication sœur, The Neuron. Pour lire davantage d’articles de The Neuron, inscrivez-vous à sa newsletter ici.

