Anthropic a annoncé jeudi avoir levé 65 milliards de dollars lors d’un tour de financement de série H, valorisant l’entreprise à 965 milliards de dollars après l’opération.
Le tour a été mené par de grands investisseurs, dont Altimeter Capital, Dragoneer Investment Group, Greenoaks et Sequoia Capital, avec le soutien supplémentaire d’un vaste groupe de partenaires financiers et stratégiques du monde entier. L’opération comprend également 15 milliards de dollars d’investissements déjà engagés par des hyperscalers, dont 5 milliards de dollars d’Amazon.
Cette nouvelle valorisation place Anthropic devant OpenAI, faisant de l’entreprise la start-up d’intelligence artificielle la plus valorisée au monde.
Alors qu’OpenAI a initialement attiré l’attention mondiale en ciblant le grand public avec ses chatbots, Anthropic a bâti son entreprise en se concentrant fortement sur les infrastructures professionnelles et l’automatisation logicielle.
Cette stratégie donnant la priorité aux entreprises porte ses fruits à une échelle sans précédent. L’entreprise a révélé que son chiffre d’affaires annualisé avait dépassé 47 milliards de dollars au début du mois. Le Wall Street Journal rapporte que ce rythme de revenus a été multiplié par 80 au seul premier trimestre, plaçant la start-up en position de dégager potentiellement un bénéfice d’exploitation pour la première fois.
Pour suivre le rythme imposé par l’adoption de ses technologies par les entreprises, Anthropic a conclu de nouveaux partenariats dans le domaine des puces avec Micron, Samsung et SK hynix. L’entreprise a également signé d’importants accords d’infrastructure pour accroître considérablement sa puissance de calcul, obtenant cinq gigawatts de capacité auprès d’Amazon, cinq autres gigawatts de capacité TPU de nouvelle génération auprès de Google et Broadcom, ainsi qu’un accès à des GPU de pointe via les centres de données Colossus de SpaceX.
Influence mondiale et frictions géopolitiques
L’ascension fulgurante d’Anthropic vers la domination ne s’est pas produite en vase clos. À mesure que les capacités techniques de l’entreprise se sont développées, elle s’est retrouvée propulsée au cœur de la politique mondiale, des débats réglementaires et de dilemmes éthiques majeurs.
La start-up s’est positionnée comme une organisation soucieuse de la sécurité, ce qui l’a parfois mise en porte-à-faux avec les autorités publiques.
L’entreprise est actuellement engagée dans une bataille juridique avec le Pentagone après avoir refusé de supprimer des garde-fous de sécurité qui permettraient d’utiliser son modèle Claude pour la surveillance de masse de la population ou des systèmes d’armes autonomes létales.
Le cofondateur d’Anthropic, Chris Olah, a également pris la parole lors de la présentation au Vatican de l’encyclique sur l’IA du pape Léon XIV, « Magnifica humanitas », le 25 mai.
La course aux marchés boursiers
Ce bouleversement majeur de l’équilibre des pouvoirs dans l’IA prépare une confrontation spectaculaire à Wall Street. Anthropic, OpenAI et SpaceX d’Elon Musk sont actuellement toutes trois lancées dans la course vers une entrée en Bourse très attendue.
SpaceX a récemment publié son prospectus d’introduction en Bourse, avec une première cotation attendue autour du 12 juin, pour une valorisation qui devrait atteindre 1,75 billion de dollars. Pendant ce temps, OpenAI devrait déposer sous confidentialité les documents relatifs à sa propre introduction en Bourse dans les prochaines semaines.
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