La conférence GTC de Nvidia a démarré hier, et c’est en quelque sorte le Super Bowl de l’entreprise. En fait, à ce stade, on pourrait tout aussi bien l’appeler le Super Bowl officiel de toute l’industrie de l’IA. Aucun autre événement n’a réuni autant de secteurs, d’entreprises, d’influenceurs de l’IA, de sociétés de capital-risque et de start-up en un même lieu. Nous ne disons pas cela pour vous donner le sentiment de manquer quelque chose, mais pour que les non-spécialistes comprennent bien : cet événement est majeur.
L’an dernier, lors du GTC, Jensen disait percevoir une demande très probable de 500 milliards de dollars US. Dans son discours de cette année, il a déclaré : « au moins 1 000 milliards de dollars US d’ici à 2027 ». Il a également cité un chiffre qui permet de remettre toute cette époque en perspective : 40 millions de fois plus de puissance de calcul en seulement 10 ans.
La pièce maîtresse de tout cela, c’est la plateforme Vera Rubin, sept nouvelles puces et cinq types de baies conçus pour fonctionner comme un immense supercalculateur d’IA. Elle associe les GPU Rubin et les CPU Vera au nouvel accélérateur d’inférence Groq 3 LPX (la puce qui exécutera réellement vos requêtes d’IA), avec jusqu’à 35 fois plus de débit d’inférence par mégawatt. En fait, plutôt 50 fois.
Dylan Patel, de l’excellent cabinet d’analyse des puces d’IA SemiAnalysis (qui a eu droit à une mention spectaculaire, voir ci-dessous), a réalisé ses propres tests et accusé Jensen de « sous-évaluer » ses chiffres (en donnant délibérément un chiffre trop bas pour que les résultats réels paraissent encore plus impressionnants). La réponse de Jensen ? « Il n’a pas tort. »
Qu’est-ce que cela fait de Nvidia ? En gros, cela fait de Nvidia le roi de l’inférence…
Voici les autres annonces
- NemoClaw : Jensen a qualifié OpenClaw de « système d’exploitation pour l’IA personnelle » et l’a comparé à Linux et au HTML. NemoClaw l’entoure d’une sécurité adaptée aux entreprises (OpenShell), afin que les agents ne puissent pas divulguer de données sensibles ni exécuter du code qu’ils ne devraient pas exécuter. Nous y reviendrons ci-dessous.
- Dynamo 1.0 : désormais en production comme « système d’exploitation » des usines d’IA, il augmente jusqu’à 7 fois les performances d’inférence de Blackwell. AWS, Azure, Google Cloud et Oracle ont tous adopté la solution.
- Nemotron Coalition : une nouvelle alliance avec Mistral, Cursor, Perplexity, Black Forest Labs et d’autres acteurs pour créer des modèles ouverts de pointe. Nemotron 3 figure déjà dans le top 3 du classement OpenClaw.
- Robotique: Lancement de robotaxis avec Uber sur 28 marchés d’ici à 2028 (BYD, Hyundai, Nissan, Mercedes, Toyota, GM). Jensen a qualifié les véhicules autonomes de « première industrie robotique pesant plusieurs milliers de milliards de dollars ». Le robot Olaf de Disney, entraîné dans le simulateur physique Newton de Nvidia, est monté sur scène avant de se faire gentiment chambrer par Jensen (« Je pensais que tu serais plus grand »).
- DLSS 5 : rendu neuronal cet automne. Des images dignes d’Hollywood en temps réel.
- Space-1 : un module Vera Rubin envoyé en orbite. De l’IA dans l’espace. Ce n’est pas une métaphore.
Pourquoi cela vous concerne (économie de l’IA 101)
Jensen a présenté un graphique que, selon lui, tous les dirigeants étudieront. Voici l’essentiel :
- Votre centre de données dispose d’une quantité fixe d’électricité. Elle n’augmentera jamais.
- Le seul chiffre qui compte est donc le nombre de jetons par watt (la quantité de résultats d’IA que vous tirez de chaque watt). Plus de jetons par watt = plus de revenus.
- Vera Rubin génère 5 fois plus de revenus par gigawatt que Blackwell. Avec Groq, ce chiffre atteint 35 fois dans l’offre premium.
- Jensen prévoit que le prix des jetons sera fixé par paliers, de la gratuité à 150 dollars US par million, et que chaque ingénieur disposera bientôt, en plus de son salaire, d’un budget annuel de jetons.
La phrase la plus claire de Jensen ce jour-là : « Chaque entreprise SaaS deviendra une entreprise AGaaS », c’est-à-dire une entreprise proposant des agents à la demande, et tout le monde doit avoir une stratégie OpenClaw.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
NemoClaw constitue en quelque sorte cette stratégie. OpenClaw, mais en toute sécurité : c’est une avancée majeure pour les entreprises. Vous pouvez déployer votre propre instance sur la console Brev de Nvidia pour 0,13 dollar US/heure (3,12 dollars US/jour), ou l’essayer gratuitement via OpenShell. Le dépôt GitHub de NemoClaw contient également tout ce dont vous avez besoin ; il vous suffit de donner ces deux dépôts à votre IA et de lui demander de vous aider à l’installer.
En résumé, le secteur de l’IT d’entreprise est reconstruit : on passe d’outils destinés aux humains à des agents qui font le travail, et Nvidia veut posséder chaque couche de cette pile. Alors quoi, Nvidia possède désormais tout ? Il faut croire que Jensen n’est pas seulement le roi de l’inférence, mais aussi le roi de l’IA !
Note de la rédaction : ce contenu a été publié à l’origine dans la newsletter de notre publication sœur, The Neuron. Pour lire d’autres articles de The Neuron, inscrivez-vous à sa newsletter ici.

