Cerebras vise une introduction en Bourse à 33 milliards de dollars en défiant Nvidia dans les puces d’IA

The Neuron featured image about Cerebras' IPO vs Nvidia on AI chips.

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Grant Harvey
Grant Harvey
May 12, 2026
4 minute read
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Dans l’IA, il y a donc cette chose qu’on appelle les centres de données. Vous en avez probablement entendu parler (peut-être que vous les détestez !). Mais qu’est-ce qu’un centre de données ? Imaginez un gigantesque entrepôt rempli de racks métalliques, chacun chargé de puces spécialisées qui calculent les nombres nécessaires à chaque requête adressée à ChatGPT, Claude ou Gemini. 

Et jusqu’à présent, davantage de demande en IA = davantage de puces = des racks plus grands = des bâtiments plus nombreux et plus imposants.

Eh bien, la grande actualité du jour, c’est une entreprise de puces appelée Cerebras. Ce qu’il y a de plus intéressant, c’est qu’au lieu de découper une galette de silicium en centaines de puces plus petites, elle fabrique une seule puce de la taille d’une assiette. Ah, et OpenAI leur verse plus de 20 milliards de dollars pour 750 mégawatts (MW) de capacité de calcul dédiée à l’inférence (les calculs d’IA mentionnés plus haut) jusqu’en 2028. 

L’entreprise sera introduite en Bourse ce jeudi et vient de relever la taille de son introduction.

Voici les détails

  • Le prix est passé de 115-125 à 150-160 dollars par action en quelques jours.
  • Cerebras vise désormais à lever 4,8 milliards de dollars pour une valorisation d’environ 33 milliards de dollars.
  • Les ordres ont atteint 20 fois le nombre d’actions disponibles.
  • Les actions feront leurs débuts au Nasdaq sous le symbole « CBRS » ce jeudi 14 mai.

Voici pourquoi c’est important : Nvidia est l’entreprise la plus valorisée au monde (enfin, elle échange régulièrement sa place avec Google ces derniers temps), et Cerebras constitue une véritable menace. Pourquoi ? Pour l’inférence (la phase durant laquelle une IA génère une réponse à votre requête), des puces plus grandes signifient moins de transferts de données entre les puces, donc des réponses plus rapides et moins coûteuses.

Nvidia est tellement d’accord que l’entreprise a, en décembre dernier, versé 20 milliards de dollars pour acquérir l’équipe de Groq, une start-up rivale spécialisée dans les puces (Groq l’entreprise, pas le chatbot d’Elon, Grok, pour être clair). Et souvenez-vous de la semaine dernière, quand xAI a loué son site Colossus 1, avec ses 220 000 puces Nvidia, à Anthropic pour environ 5 milliards de dollars par an ? Elon est désormais aussi, en quelque sorte, un propriétaire de cloud.

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Pourquoi devriez-VOUS vous en soucier ? Une inférence moins chère et plus rapide = de meilleurs outils d’IA pour une facture réduite. Par ailleurs, ceci ne constitue pas un conseil financier et est partagé uniquement à des fins éducatives, mais les entreprises cotées en Bourse sont accessibles aux investisseurs, alors voilà.

La demande en centres de données est partout

  • Une start-up aide OpenAI à adapter ses modèles aux puces de Cerebras, car les puces Nvidia sont trop rares pour pouvoir s’en remettre à elles seules. 
  • Masayoshi Son, de SoftBank, est en discussion avec Macron pour investir jusqu’à 100 milliards de dollars dans des centres de données français. 
  • Et Cowboy Space a levé 275 millions de dollars pour construire des centres de données en orbite ; selon TechCrunch, le goulot d’étranglement est la capacité des fusées, pas l’ingénierie.

Pourquoi davantage de gens ne paniquent-ils pas ? Parce que la demande en intelligence pourrait être ce qui se rapproche le plus, dans l’histoire de l’économie, de la demande en énergie : pratiquement illimitée.

Il n’existe aucun pays à revenu élevé et à faible consommation d’énergie sur Terre ; toutes les économies riches fonctionnent grâce à d’immenses quantités d’électricité. Dario Amodei, d’Anthropic, soutient que l’intelligence est désormais un facteur de production fondamental, au même titre que la terre, le travail ou le capital. S’il a raison, toute économie qui souhaite croître devra en consommer des quantités considérables. Les dépenses actuelles commencent à ressembler moins à une bulle qu’à la pose des rails de la prochaine révolution industrielle.

Cette demande illimitée doit aussi prendre place quelque part, physiquement. Ben Thompson, de Stratechery, qui écrivait hier au sujet de cette introduction en Bourse, distingue deux types d’inférence : 

  • L’« inférence de réponse » est celle que nous utilisons aujourd’hui : des chatbots avec des humains en attente, sensibles à la latence, façonnés autour des GPU et de Cerebras. 
  • L’« inférence agentique », c’est ce qui arrive : une IA qui travaille pendant la nuit sans supervision humaine, où la mémoire compte davantage que la vitesse.

Cerebras arrive au moment idéal pour le premier marché. Le second est différent et peut fonctionner avec une capacité de calcul plus lente, moins chère, voire orbitalelà où l’électricité est la moins chère.

Note de la rédaction : ce contenu a été publié à l’origine dans la newsletter de notre publication sœur, The Neuron. Pour lire davantage d’articles de The Neuron, inscrivez-vous ici à sa newsletter.

Grant Harvey

Grant Harvey is the Lead Writer of The Neuron, where he continues to lead the publication's daily coverage of AI news, tools, and trends.

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