L’intelligence artificielle (IA) transforme la main-d’œuvre moderne, en influençant aussi bien l’automatisation que la collaboration hautement qualifiée. Si son impact à long terme reste incertain, Anthropic suit déjà les effets concrets de l’IA grâce à son Economic Index, en utilisant Claude AI pour analyser la manière dont les entreprises et les professionnels intègrent l’IA à leurs tâches quotidiennes.
Qu’est-ce que Claude AI ?
Développé par Anthropic et lancé en mars 2023, Claude est un système d’IA générative regroupant une série de grands modèles de langage (LLM). La version la plus récente, Claude 3.5 Haiku, vise à améliorer la rapidité des interactions entre les humains et l’IA. Claude repose sur un cadre d’IA constitutionnelle, conçu pour respecter un ensemble de principes directeurs. Il améliore ses réponses grâce à une combinaison d’apprentissage supervisé, d’apprentissage par renforcement à partir des retours humains (RLHF) et d’auto-affinage fondé sur son cadre constitutionnel.
Présentation de l’Anthropic Economic Index
Le premier rapport publié par l'Anthropic Economic Index est paru en février 2025. En se concentrant sur l’intégration de l’IA dans des tâches concrètes, Anthropic a analysé des millions de conversations via Claude AI au cours de son étude. Le rapport initial d’Anthropic se conclut par les observations suivantes :
- Environ 36 % des utilisateurs ont recours à l’IA pour au moins 25 % des tâches qui leur sont associées, tandis qu’environ 4 % l’utilisent pour 75 % de ces tâches.
- 57 % des usages actuels de l’IA relèvent de l’augmentation des capacités et de la collaboration, contre seulement 43 % consacrés à l’automatisation de tâches ou de flux de travail.
- L’usage de l’IA est le plus fréquent dans les métiers aux salaires moyens à élevés, notamment dans les domaines des données et de l’informatique.
Plutôt que de se concentrer sur les professions individuelles, l’étude s’est intéressée aux tâches professionnelles. Étant donné que de nombreux emplois partagent un grand nombre de tâches, de compétences et de caractéristiques, cette approche est logique.

Source : Anthropic
Examen des détails
Mais certaines réserves doivent être prises en compte. Par exemple, l’étude n’a analysé que les conversations issues des formules Free et Pro de Claude, ce qui signifie qu’elle ne tient pas compte des utilisateurs professionnels ni de ceux qui utilisent Claude pour des opérations commerciales confidentielles. Les jeux de données ne comprenaient que des conversations provenant de ces formules, et il n’existe aucun moyen direct de vérifier si les individus utilisaient Claude pour des tâches liées à leur travail.
Quoi qu’il en soit, l’équipe à l’origine de l’Anthropic Index se réjouit de publier son rapport initial. Non seulement elle a mis ses jeux de données à la disposition du public dans un format open source, mais elle a également lancé un appel à candidatures ouvert aux chercheurs et ingénieurs souhaitant participer à de futurs projets.
Suivre l’influence de l’IA sur l’économie
Malgré la popularité actuelle – et les capacités – de l’IA, il reste impossible d’évaluer son effet à long terme sur le marché du travail. Des initiatives comme l'Anthropic Economic Index joueront un rôle déterminant pour suivre, au cours des prochaines années, les liens entre l’IA et l’économie.
Si l’étude apporte des éclairages précieux sur le rôle de l’IA dans l’automatisation et l’augmentation des capacités liées aux tâches, sa portée est limitée par le jeu de données disponible et par le caractère déclaratif des usages de l’IA. Même si la technologie sous-jacente présente encore quelques défauts et limites, elle ne fera que s’améliorer avec le temps.

