Une start-up issue de Y Combinator vient de lancer une nouvelle paire de lunettes AR dopées à l’IA, qu’elle présente comme le premier « soul computer » au monde. Son nom ? Pickle 1.
Eh oui. Une entreprise baptisée comme un légume en saumure veut que vous vous fixiez au visage des caméras toujours allumées pour capturer votre « âme ».
Voici les détails
- Les Pickle 1 sont disponibles en précommande depuis le jour de l’An au prix de 799 dollars US (200 dollars US d’acompte, livraison au 2e trimestre 2026).
- Son fondateur Daniel Park, ancien étudiant en médecine devenu entrepreneur du e-commerce, présente les Pickle comme des lunettes AR qui « se souviennent de votre vie avec vous » grâce à un système appelé Pickle OS.
- Votre Pickle OS organise vos expériences en « bulles de souvenirs » consultables, comme, par exemple, la première fois où vous avez appris que vos lunettes s’appelaient Pickle 1 et pensé : oui, je vais acheter ça !
Les caractéristiques sont pourtant impressionnantes :
- Monture en aluminium de 68 grammes.
- Affichage AR en couleurs (présenté comme offrant le champ de vision le plus large pour des lunettes autonomes).
- Batterie de 12 heures.
- Puce Qualcomm Snapdragon.
À cela s’ajoutent un son spatial, des caméras toujours allumées et des microphones qui capturent le « contexte ambiant » pour anticiper vos besoins, par exemple :
- Réserver une course…
- Effectuer des réservations…
- Suggérer de la musique en fonction du paysage…
- Et même générer un avatar photoréaliste pour les appels Zoom (vous savez, pour que personne ne vous voie porter vos Pickle 1…).
Évidemment, tout cela relevait d’une certaine stratégie. L’annonce a totalisé 4,5 millions de vues dès le premier jour.
Mais les choses sont ensuite devenues étranges. L’utilisateur de X Zach Meyer a remarqué que la vidéo de démonstration présentait un restaurant coréen qui n’existe pas, avec des fourchettes de prix et des nombres d’avis qui ne correspondaient pas entre Slack et l’interface de Pickle. Et le vétéran de l’AR/VR Cix Liv l’a carrément qualifié de:
« Les lunettes Pickle n’existent pas. Ce n’est littéralement qu’un moulage de lunettes fabriqué en Chine. La technologie nécessaire pour des lunettes AR dans ce format n’est pas encore possible. Même Meta ou Apple n’ont des lunettes comme celles-ci. »
Et le dépôt GitHub de leur projet « open source » ? Un simple README et un fichier PNG d’architecture. Aucun code réel. Suspect ? Oui. Louche ? Non ; il s’agit probablement simplement d’un lancement marketing destiné à créer de l’engouement autour des précommandes. Mais, vous savez… peut-être que celui-ci a été lancé un peu trop tôt ??
Pourquoi c’est important
On connaît déjà ce film. Les nouveaux produits d’IA sont encore très approximatifs. Humane s’est planté, Rabbit n’a pas tenu ses promesses, et Google Glass a déclenché la levée de boucliers des « glassholes »parce que ces lunettes avaient à la fois un look ringard et de sérieux problèmes de confidentialité.
Pickle arrive maintenant avec des promesses encore plus grandes, un budget de 4,35 millions de dollars US et six mois avant les premières livraisons ; le tout face à Meta, Apple et Snap, qui disposent de milliards pour leur R&D. Même le grand fan de l’IA Robert Scoble a reconnu : « Si je porte ces lunettes dans 18 mois, ce serait un véritable miracle. »
Notre avis : cette technologie (une fois qu’elle sera réelle) serait véritablement utile. Une IA qui se souvient de l’endroit où vous avez posé vos clés, se rappelle des noms et fait apparaître des informations avant même que vous les demandiez : c’est vraiment très pratique. Mais on ne peut pas lancer du matériel révolutionnaire avec des rendus léchés de restaurants coréens inexistants. Soit Pickle expédie des lunettes fonctionnelles au 2e trimestre 2026… soit cette histoire deviendra un avertissement sur les risques de baptiser son « soul computer » du nom du légume le plus drôle.
Note de la rédaction : ce contenu a d’abord été publié dans la newsletter de notre publication sœur, The Neuron. Pour découvrir davantage de contenus de The Neuron, inscrivez-vous à sa newsletter ici.

