OpenAI exhorte le gouvernement américain à assouplir la réglementation du développement de l’intelligence artificielle afin de maintenir les États-Unis à la pointe de l’innovation en matière d’IA. Dans une proposition de 15 pages soumise à l’Office of Science and Technology Policy (OSTP) de la Maison-Blanche, OpenAI a exposé sa vision de ce qu’elle appelle l’« ère de l’intelligence ».
L’entreprise affirme que les États-Unis sont à l’aube d’une nouvelle ère de prospérité propulsée par l’intelligence artificielle mais avertit qu’une réglementation excessive, en particulier au niveau des États, pourrait ralentir les progrès et risquerait de laisser des pays comme la Chine prendre de l’avance.
S’affranchir des réglementations des États
Au cœur du projet se trouve ce qu’OpenAI appelle la « liberté d’innover ». L’entreprise souhaite que le gouvernement fédéral adopte une approche réglementaire légère et forme plutôt des partenariats volontaires avec les entreprises d’IA. Si les développeurs acceptent de travailler avec des organismes fédéraux comme l’U.S. AI Safety Institute (US AISI), OpenAI estime qu’ils devraient être protégés contre des règles étatiques plus strictes.
« Pour que l’innovation crée véritablement de nouvelles libertés, les bâtisseurs, développeurs et entrepreneurs américains — le plus grand avantage compétitif de notre nation — doivent d’abord avoir la liberté d’innover dans l’intérêt national. » a déclaré OpenAI dans sa soumission.
Alors que des centaines de projets de loi liés à l’IA sont en instance dans les législatures des États à travers le pays, OpenAI estime qu’une approche plus unifiée, pilotée par le gouvernement fédéral, est urgente. L’entreprise a averti que sans un tel assouplissement, les innovateurs américains pourraient être freinés tandis que la Chine avancerait plus rapidement avec moins de restrictions.
Exporter une « IA démocratique »
Un autre élément central du projet d’OpenAI est ce qu’elle appelle une stratégie visant à « exporter une IA démocratique ». L’idée est d’encourager les pays alliés à adopter des systèmes d’IA américains — afin de renforcer les alliances et de diffuser des valeurs conformes à celles des États-Unis — tout en durcissant les contrôles à l’exportation pour empêcher les technologies d’IA avancées d’atteindre des rivaux comme la Chine.
OpenAI a déclaré que cette stratégie constituerait une victoire à la fois commerciale et diplomatique, en contribuant à étendre la portée de l’IA américaine tout en protégeant son avantage compétitif.
Réforme du droit d’auteur et liberté d’apprendre
L’une des propositions les plus controversées concerne le droit d’auteur. OpenAI demande au gouvernement de protéger la « liberté d’apprendre », affirmant que les modèles d’IA américains doivent continuer à accéder aux contenus protégés par le droit d’auteur dans le cadre de l’exception de fair use.
L’entreprise affirme que si les règles sur le droit d’auteur étaient trop durcies, cela pourrait paralyser le développement de l’IA aux États-Unis et laisser un avantage majeur aux concurrents chinois. Elle a également suggéré que les entreprises devraient pouvoir accéder aux « données détenues ou soutenues par le gouvernement » afin d’améliorer la qualité de l’entraînement.
Infrastructures, sécurité et concurrence mondiale
Au-delà de la réglementation, la proposition d’OpenAI détaille une vision visant à construire les infrastructures essentielles nécessaires pour alimenter la prochaine génération de systèmes d’IA. Cela comprend la modernisation du réseau énergétique du pays, la formation d’une main-d’œuvre prête pour l’IA et l’investissement dans la fabrication nationale de semi-conducteurs.
OpenAI souhaite également accélérer la manière dont le gouvernement adopte et approuve les outils d’IA. Actuellement, les agences fédérales passent par de longues procédures d’examen pour mettre en œuvre des produits d’IA. OpenAI affirme que ce processus pourrait être raccourci d’une année entière grâce à une nouvelle procédure d’approbation plus rapide.
Une course contre la Chine
L’un des thèmes majeurs de la proposition d’OpenAI est l’inquiétude suscitée par les progrès rapides de la Chine dans le domaine de l’IA. L’entreprise a cité DeepSeek — une start-up chinoise spécialisée dans l’IA qui a brièvement devancé ChatGPT sur l’App Store au début de l’année — comme le signe que l’avance des États-Unis dans ce domaine se réduit.
Si le modèle chinois dirigé par l’État lui permet peut-être d’avancer rapidement, OpenAI affirme que la force des États-Unis réside dans leur liberté — à la fois d’innover et d’apprendre. Mais cette liberté, avertit-elle, pourrait disparaître si une réglementation excessive et des lois obsolètes sur le droit d’auteur freinent les développeurs américains.
Le plan d’action de la Maison-Blanche sur l’IA est attendu d’ici juillet, et les recommandations d’OpenAI influenceront probablement son orientation. L’administration Trump a déjà abrogé certains décrets de l’ère Biden sur l’IA et a signalé sa préférence pour une approche réglementaire plus souple. Alors que des centaines de projets de loi liés à l’IA sont en instance dans les États américains, les propositions d’OpenAI pourraient contribuer à façonner un cadre national de gouvernance de l’IA.

