Le rêve est simple : jeter un coup d’œil à son poignet, vérifier sa glycémie et éviter la piqûre au doigt.
Samsung a développé les fonctions de suivi de santé de la Galaxy Watch, de l’ECG et du suivi du sommeil à la composition corporelle, la mesure de la tension artérielle et des outils de bien-être dopés à l’IA. Mais le suivi de la glycémie reste le Graal insaisissable. Malgré des années de rumeurs et de recherches sur la mesure non invasive du glucose, aucune Galaxy Watch actuelle ne peut mesurer directement la glycémie de manière autonome.
La prochaine initiative de Samsung mérite donc d’être surveillée. Si l’entreprise parvient à mettre au point une fonction de suivi du glucose précise, fiable et approuvée par les autorités réglementaires, la Galaxy Watch pourrait dépasser largement son rôle actuel d’appareil de fitness et de bien-être.
- La Samsung Galaxy Watch peut-elle suivre la glycémie aujourd’hui ?
- Ce qui fonctionne aujourd’hui : les intégrations de CGM, pas la mesure du glucose par la montre
- Pourquoi le suivi de la glycémie est si difficile
- Chronologie du suivi du glucose chez Samsung
- Ce que suggèrent les recherches de Samsung
- Samsung pourrait-il devancer Apple dans le suivi du glucose par montre connectée ?
- Les prochaines évolutions à surveiller
- En bref
La Samsung Galaxy Watch peut-elle suivre la glycémie aujourd’hui ?
Non. Les modèles actuels de Samsung Galaxy Watch ne mesurent pas directement la glycémie.
Les Galaxy Watch peuvent suivre des paramètres de santé tels que la fréquence cardiaque, le sommeil, l’oxygène sanguin, la composition corporelle et l’ECG. Samsung a également étendu la mesure de la tension artérielle à certains marchés, notamment dans le cadre d’un déploiement progressif aux États-Unis, même si sa disponibilité dépend de la région, du modèle d’appareil, de la prise en charge par l’application, de la compatibilité du téléphone et des exigences locales de disponibilité.
Lorsqu’elle est prise en charge, cette fonction nécessite généralement l’application Samsung Health Monitor, une Galaxy Watch 4 ou ultérieure, un téléphone Galaxy fonctionnant sous Android 12 ou ultérieur, ainsi qu’un calibrage avec un brassard de tensiomètre traditionnel, suivi de recalibrages périodiques. Samsung précise que cette fonction n’est pas destinée à diagnostiquer l’hypertension ni à remplacer du matériel médical professionnel.
La glycémie est différente. Les mesures du glucose sont utilisées par les personnes diabétiques pour prendre des décisions importantes concernant notamment leur alimentation, leurs médicaments et leur dose d’insuline.
Le niveau d’exigence réglementaire est donc plus élevé. En 2024, la Food and Drug Administration américaine a averti les consommateurs de ne pas utiliser de montres ou de bagues connectées prétendant mesurer la glycémie sans percer la peau. L’agence a indiqué n’avoir autorisé aucune montre ni bague connectée à mesurer ou à estimer seule la glycémie.
Cet avertissement ne concerne pas les applications de montre connectée qui affichent les données d’un système de mesure continue du glucose autorisé, ou CGM. Une montre peut afficher les données de glucose provenant d’un autre dispositif médical. Elle ne peut pas remplacer ce dispositif sans l’autorisation des autorités réglementaires.
Ce qui fonctionne aujourd’hui : les intégrations de CGM, pas la mesure du glucose par la montre
Pour l’instant, l’option pratique reste un CGM proposé par des entreprises comme Dexcom ou Abbott. Ces systèmes utilisent un petit capteur placé sous la peau pour surveiller le glucose dans le liquide interstitiel et envoyer les mesures vers un téléphone, un récepteur ou une application compatible pour montre connectée.
Cette distinction est importante. Une Galaxy Watch peut servir d’écran ou de support de notifications pour les données de glucose, selon la prise en charge par l’application et la compatibilité des appareils. Mais la montre elle-même n’est pas le capteur de glucose.
C’est la même réalité dans l’ensemble du marché des montres connectées. Apple, Samsung, Garmin, Oura et les autres fabricants d’objets connectés cherchent à fournir des informations de santé toujours plus riches, mais la véritable mesure non invasive du glucose reste l’un des problèmes les plus difficiles des technologies de santé grand public.
Pourquoi le suivi de la glycémie est si difficile
Les montres connectées mesurent efficacement les signaux détectables optiquement ou électriquement depuis le poignet, comme les tendances de la fréquence cardiaque, les estimations de l’oxygène sanguin et les mouvements. Le glucose est plus complexe.
La glycémie fluctue dans l’organisme, et obtenir des mesures précises exige de distinguer un infime signal biochimique du bruit provoqué par le teint, la transpiration, les mouvements, la température, l’hydratation, la circulation sanguine et le positionnement du capteur.
C’est pourquoi la plupart des CGM autorisés utilisent encore un capteur placé sous la peau. Les systèmes non invasifs pourraient un jour recourir à la lumière, à la spectroscopie, à l’analyse de la sueur ou à d’autres méthodes, mais le défi ne consiste pas simplement à détecter le glucose. Il faut le détecter avec suffisamment de précision, de constance et de sécurité pour prendre des décisions de santé dans le monde réel.
Chronologie du suivi du glucose chez Samsung
Samsung est associé depuis des années à la mesure non invasive du glucose, mais le calendrier s’est étiré bien au-delà de ce que laissaient penser les premières rumeurs.
2020 : les synthèses publiques décrivent les recherches de Samsung et du MIT sur la spectroscopie
Les synthèses publiques décrivent des recherches menées en 2020 par Samsung avec des scientifiques du MIT, qui exploraient la mesure non invasive du glucose à l’aide de la spectroscopie Raman, une technique de détection fondée sur la lumière qui pourrait potentiellement estimer la glycémie sans percer la peau. Ces résultats ont suscité un vif intérêt dans le secteur des technologies de santé portables, même si la recherche était encore loin d’un produit commercial autorisé par les autorités réglementaires.
Ces recherches ont alimenté les attentes selon lesquelles Samsung pourrait intégrer le suivi du glucose à une future Galaxy Watch. Mais une avancée scientifique ne constitue pas un produit prêt pour le grand public et autorisé par les autorités réglementaires.
2022–2024 : les rumeurs se multiplient, mais aucun lancement
Des articles et les bruits de couloir du secteur ont régulièrement présenté le suivi du glucose comme une possible future fonction de la Galaxy Watch. Certaines spéculations portaient sur la possibilité que Samsung lance cette fonction avant Apple, dont on a également largement rapporté qu’il explorait le suivi non invasif du glucose.
Mais Samsung n’a pas intégré le suivi de la glycémie aux gammes Galaxy Watch 5, Watch 6 ou Watch 7. La fonction n’est pas non plus apparue sur la Galaxy Ring, qui se concentre sur le suivi du sommeil, de l’activité et du bien-être plutôt que sur la mesure du glucose.
2026 : Samsung enrichit ses fonctions de santé, mais le glucose reste absent
La plateforme de santé de Samsung continue de s’étoffer. Les récentes mises à jour de la Galaxy Watch et de Samsung Health révèlent une stratégie claire : combiner davantage de capteurs, une surveillance passive plus étendue et une interprétation davantage pilotée par l’IA.
Cette orientation pourrait à terme fournir des informations sur la santé métabolique. Mais à ce jour, Samsung n’a annoncé aucune Galaxy Watch capable de mesurer directement la glycémie.
Ce que suggèrent les recherches de Samsung
Les brevets ne garantissent pas l’arrivée de produits, mais ils peuvent donner des indices sur les domaines dans lesquels une entreprise concentre ses efforts de recherche. Toutefois, le signal public le plus concret de Samsung reste la recherche, plutôt qu’une feuille de route confirmée pour un brevet de Galaxy Watch consacré au glucose.
Samsung explore depuis des années les technologies de mesure non invasive du glucose. Les synthèses publiques décrivent ses recherches menées en 2020 avec des scientifiques du MIT sur la spectroscopie Raman comme une méthode potentielle pour estimer la glycémie sans percer la peau.
Des articles de presse et des synthèses de brevets ont associé Samsung à des systèmes de détection optique, à des technologies d’analyse biométrique et à d’autres concepts de suivi de la santé susceptibles de prendre en charge de futures fonctions liées à la santé métabolique. Cependant, Samsung n’a publiquement associé aucun dépôt de brevet précis à un futur produit Galaxy Watch de suivi du glucose, et les brevets ne doivent pas être considérés à eux seuls comme la preuve d’une sortie prochaine.
L’objectif probable n’est pas d’obtenir une simple mesure ponctuelle. Samsung devrait mettre au point un système fonctionnant avec différents teints, niveaux d’activité, températures, états d’hydratation et conditions réelles. Il lui faudrait également obtenir une autorisation réglementaire avant de le commercialiser comme solution de suivi du glucose.
Pour l’instant, les recherches et l’activité de Samsung dans le domaine des brevets témoignent d’un intérêt à long terme plutôt que de l’imminence d’un lancement.
Samsung pourrait-il devancer Apple dans le suivi du glucose par montre connectée ?
C’est possible, mais aucun calendrier n’a été confirmé.
Samsung a rapidement progressé dans le domaine de la santé portable et dispose déjà d’une vaste gamme de Galaxy Watch, de Samsung Health et de la Galaxy Ring. Apple bénéficie d’une présence considérable dans le secteur des objets connectés et aurait également exploré, selon de nombreux articles, le suivi non invasif du glucose.
La course ne se joue pas sur le nombre de brevets déposés, mais sur la capacité à démontrer la précision, la fiabilité, la sécurité, l’efficacité énergétique et la conformité réglementaire. Une fonction de mesure du glucose erronée au mauvais moment serait bien pire que l’absence totale de fonction.
C’est pourquoi la première version pourrait ne pas ressembler à un remplacement complet du CGM. Samsung pourrait commencer par des informations connexes à la glycémie, une évaluation des risques, des tendances nutritionnelles ou des alertes fondées sur des signaux indirects plutôt que sur des valeurs glycémiques directes.
Les prochaines évolutions à surveiller
Les signes de progrès les plus clairs seraient une annonce de Samsung mentionnant spécifiquement le glucose, la santé métabolique ou la détection non invasive ; de nouveaux capteurs de Galaxy Watch conçus pour la spectroscopie ou la mesure biochimique ; des dépôts auprès de la FDA ou des démarches réglementaires liées au suivi du glucose ; ou des partenariats plus étroits avec des fabricants de CGM comme Dexcom ou Abbott.
Samsung Health pourrait également se rapprocher du suivi métabolique en reliant plus directement les repas, l’activité, le sommeil et les signaux de risque. Ce ne serait pas la même chose que le suivi de la glycémie, mais cela pourrait constituer une étape intermédiaire.
D’ici là, le suivi de la glycémie sur Galaxy Watch doit être considéré comme une possibilité future, et non comme une fonction actuelle.
En bref
Les Samsung Galaxy Watch ne peuvent pas suivre directement la glycémie aujourd’hui. Elles prennent en charge un nombre croissant de fonctions liées au bien-être et à la santé cardiaque et peuvent afficher les données de glucose provenant d’appareils externes compatibles, mais elles ne remplacent ni un CGM ni un lecteur de glycémie.
La véritable histoire n’est pas que Samsung est en retard. C’est que le suivi du glucose constitue l’une des dernières grandes frontières, et l’une des plus difficiles, de la santé connectée.
Pour l’instant, la réponse la plus sûre est aussi la plus utile : utilisez un lecteur de glucose autorisé pour mesurer votre glycémie, prenez les rumeurs sur les montres connectées avec prudence et surveillez les prochaines fonctions de santé de Samsung pour voir si l’entreprise se rapproche progressivement du suivi de la santé métabolique.
Note de la rédaction : cet article a été publié à l’origine dans notre publication sœur, TechRepublic.

