Lors d’un récent événement d’échanges militaires, l’Armée populaire de libération chinoise (APL) a présenté un robot de combat commandé par les mouvements, capable de reproduire en temps réel ceux d’un opérateur humain.
Le système fonctionne grâce à un dispositif léger de détection des mouvements porté par une personne. Chaque coup de poing, parade ou geste de combat effectué par l’opérateur est capté puis reproduit instantanément par le robot, l’intelligence artificielle contribuant à traduire les mouvements avec précision.
Cette technologie n’est pas sans rappeler le film hollywoodien de 2011 « Real Steel », dans lequel des combattants humains contrôlent des robots grâce à un système de mouvements « miroir ». Dans le cas présent, la version de l’APL a été présentée comme une application militaire concrète plutôt que comme un divertissement.
Une démonstration militaire encadrée
Le robot a été présenté lors de la 12e Semaine internationale des élèves-officiers de l’armée, organisée du 3 au 9 nov. à l’Université d’ingénierie de l’armée de l’APL, à Nankin, dans l’est de la Chine. L’événement a réuni des élèves-officiers issus de huit académies de l’APL et plus de 30 élèves-officiers provenant d’établissements militaires de 13 pays, selon le South China Morning Post (SCMP).
La démonstration s’inscrivait dans une exposition plus vaste organisée par le club de robotique de l’université, qui cherchait à montrer comment les technologies émergentes pourraient façonner les guerres de demain.
Parallèlement au robot de combat commandé par les mouvements, le SCMP a indiqué que les élèves-officiers avaient également découvert d’autres systèmes sans équipage conçus pour les missions à haut risque. Parmi eux figurait un robot de déminage combinant une reconnaissance visuelle fondée sur l’IA et des détecteurs de métaux pour localiser des explosifs enfouis dans des champs de mines simulés.
Un autre système permettait de commander à distance des robots de neutralisation d’explosifs au moyen de commandes vocales, afin que les opérateurs puissent désamorcer les charges à bonne distance. Ce nouveau robot s’inscrit dans les efforts continus de la Chine pour intégrer des systèmes sans équipage et robotisés à la formation et aux opérations militaires.
Au-delà du matériel, cet événement d’une semaine a donné lieu à des discussions approfondies sur la moralité de ces nouveaux outils. Les élèves-officiers ont échangé sur les « normes éthiques et les limites d’application de l’intelligence artificielle dans la formation militaire et les guerres futures », selon un rapport cité par le SCMP.
Pourquoi c’est important
Cette démonstration constitue le dernier indice en date des progrès rapides de la Chine dans l’« intelligentisation » de son armée. En passant à des systèmes téléopérés, l’objectif est de réduire les pertes humaines en envoyant d’abord des machines dans les environnements les plus dangereux.
Cependant, cette technologie est encore en cours de perfectionnement ; de récents documentaires de l’APL ont montré que même les chiens robots rencontrent des difficultés à survivre lors de simulations d’assaut sur une plage dégagée.
L’événement a moins servi à dévoiler un produit fini qu’à offrir un aperçu des recherches en cours et du dialogue militaire international sur un avenir toujours plus automatisé.
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