Le gouvernement américain pourrait bientôt se voir interdire l’utilisation de robots fabriqués par des entreprises chinoises si un nouveau projet de loi bipartisan gagne du terrain au Congrès.
Le texte proposé, baptisé American Security Robotics Act, témoigne de l’inquiétude croissante face aux risques de sécurité posés par les technologies fabriquées à l’étranger, dans un contexte de rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine. Le sénateur républicain Tom Cotton et le chef de la majorité démocrate au Sénat Chuck Schumer sont à l’origine de cette initiative.
Comme l’a rapporté Reuters, le projet de loi interdirait aux agences fédérales d’acheter ou d’utiliser des robots humanoïdes et autres véhicules terrestres sans pilote produits par des entreprises basées en Chine ou dans d’autres pays considérés comme des adversaires stratégiques. Il bloquerait également les financements fédéraux liés à ces technologies.
La motivation du projet de loi est essentiellement préventive : les élus semblent chercher à anticiper un éventuel problème de sécurité avant qu’il ne prenne de l’ampleur.
Sécurité nationale et préoccupations liées aux données
Les robots modernes ne sont pas de simples machines qui déplacent des cartons ou assemblent des produits. Beaucoup sont équipés de composants matériels et de systèmes d’IA qui recueillent en permanence des informations sur leur environnement. Les élus craignent que ces données puissent être consultées à distance ou transmises à la Chine, volontairement ou en exploitant des failles de sécurité.
Les partisans du projet de loi estiment que les robots fabriqués en Chine pourraient présenter de graves failles de sécurité s’ils étaient déployés au sein d’agences fédérales. Ils présentent donc ce texte comme un volet des efforts visant à protéger le leadership technologique américain tout en limitant l’exposition aux concurrents étrangers.
La proposition prévoit une certaine souplesse, en autorisant les agences militaires et les forces de l’ordre à continuer d’acquérir des robots chinois à des fins de recherche et d’évaluation, à condition que des mesures de protection empêchent la transmission de données en dehors des environnements réglementés.
Dans le cadre d’une tendance au découplage
Le développement de la robotique s’est accéléré ces dernières années, les entreprises américaines et chinoises rivalisant pour mettre au point des robots humanoïdes capables d’accomplir des tâches concrètes. Ces machines sont de plus en plus conçues pour des emplois allant des opérations industrielles jusqu’à l’aide à domicile.
L’interdiction proposée des robots s’inscrit dans une tendance plus large des efforts américains visant à réduire la dépendance à la technologie chinoise dans certains secteurs. Au cours des dernières années, Washington a multiplié les mesures pour réduire sa dépendance à l’égard des technologies chinoises dans des domaines sensibles, en particulier ceux qui impliquent la collecte de données ou les infrastructures critiques.
Le texte s’inscrit dans le contexte des tensions technologiques croissantes entre les États-Unis et la Chine. La robotique pourrait constituer le prochain domaine ciblé, notamment parce que les élus craignent que les robots puissent transmettre des données et, en théorie, exposer des informations opérationnelles.
Ces facteurs soulèvent la question de savoir si la menace est immédiate ou essentiellement préventive. Le texte semble davantage viser à fixer rapidement des limites qu’à résoudre une crise urgente. On ignore également dans quelle mesure les robots chinois sont actuellement utilisés par le gouvernement fédéral, les rares éléments publics disponibles laissant penser qu’ils sont aujourd’hui peu répandus au sein des agences fédérales.
Le prochain chapitre
L’American Security Robotics Act pourrait influencer la manière dont les agences fédérales abordent l’automatisation et les achats, montrant que la robotique devient un domaine technologique stratégique où les considérations de sécurité pèsent de plus en plus sur les décisions d’acquisition.
Reste à voir si l’American Security Robotics Act deviendra finalement une loi. Mais à mesure que les robots humanoïdes se rapprochent d’une adoption à grande échelle, les décideurs semblent déterminés à faire en sorte que l’innovation ne prenne pas le pas sur les garde-fous.
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