Le calendrier de l’IA d’hier s’est articulé autour de deux lancements phares à quelques heures d’intervalle. Si vous travaillez avec des agents de programmation, votre stack vient de passer à la vitesse supérieure. Mais attention : le temps nécessaire pour atteindre vos limites de débit a probablement diminué, lui aussi.
Voici ce qui s’est passé
- Anthropic a lancé Claude Opus 4.7 au même tarif de 5/25 dollars US par million de tokens que la version 4.6.
- Le raisonnement visuel (la capacité de l’IA à voir) est passé de 69,1 % à 82,1 %, avec un traitement des images pouvant atteindre 2 576 pixels sur le côté le plus long (plus de 3 fois supérieur à celui de tous les Claude précédents).
- SWE-bench Pro (un benchmark de programmation) est passé de 53,4 % à 64,3 %, et Opus 4.7 est désormais n° 1 du Vibe Code Benchmark de Vals AI avec 71 %.
- Le piège dissimulé dans la propre documentation d’Anthropic : le nouveau tokenizer peut utiliser jusqu’à 35 % de tokens en plus pour un même texte. Avec le nouveau réglage par défaut xhigh-effort de Claude Code, les utilisateurs Pro et Max atteindront plus vite leurs plafonds hebdomadaires, à moins de réduire manuellement ce niveau.
Quelques heures après la sortie d’Anthropic…
OpenAI a remanié Codex, son application de programmation, pour en faire « Codex pour (presque) tout »… autrement dit, la version d’OpenAi de Claude Cowork. Elle intègre une utilisation de l’ordinateur à la manière d’un Mac (les agents cliquent et tapent à vos côtés), un navigateur intégré, une mémoire persistante, des automatisations qui se déclenchent sur plusieurs jours et plus de 90 nouveaux plugins (Atlassian Rovo, CircleCI, Microsoft Suite, etc.). Et ce n’est pas tout ce qu’elle sait faire.
Au chapitre de la SaaSpocalypse : Mike Krieger, directeur produit d’Anthropic, a démissionné du conseil d’administration de Figma le jour même où des informations ont révélé qu’Anthropic lançait un logiciel de conception. L’action Figma a reculé. La rumeur voulait que son lancement ait lieu hier… mais ce ne fut pas le cas.
Conseils de pro (directement de l’équipe Claude Code) : Boris Cherny et Cat Wu ont tous deux publié dès le jour du lancement des guides pratiques expliquant comment utiliser 4.7 concrètement. Wu résume l’idée centrale ainsi : traitez-le comme un ingénieur à qui vous déléguez une tâche, pas comme un binôme de programmation que vous guidez ligne par ligne.
Les quatre réflexes qui comptent :
- Donnez tout le contexte dès le départ. Objectif, contraintes et critères d’acceptation (voir plus bas), tout doit figurer dans le premier message. 4.7 est conçu pour recevoir un brief complet et s’y atteler ; donnez-lui un objectif vague et vous obtiendrez des résultats dignes de 4.6 avec un modèle pourtant capable de faire mieux.
- Activez le mode automatique. Appuyez sur Maj+Tab dans le terminal (Max, Team, Enterprise). Vos demandes d’autorisation passeront par un classificateur de sécurité, ce qui vous permettra d’exécuter plusieurs Claudes en parallèle pour avancer davantage sans devoir surveiller chaque exécution.
- Expliquez-lui comment vérifier son propre travail. Cherny et Wu présentent tous deux cette méthode comme un multiplicateur de 2 à 3 fois de la qualité des résultats. Ajoutez votre procédure de test à votre fichier claude.md afin que 4.7 exécute les tests à chaque fois, ou installez une compétence /verify-app adaptée à votre stack.
- xhigh est désormais le réglage par défaut de Claude Code. Utilisez /effort pour réduire le niveau sur les tâches courantes ; gardez max pour les tâches les plus difficiles (ce réglage ne vaut que pour la session et ne sera donc pas conservé lors de la suivante).
Dans l’application web, vous disposez désormais d’une fonctionnalité appelée adaptive thinking qui permet à Claude de décider du temps qu’il doit consacrer à sa réflexion. Autrement dit : un routeur de réflexion ? Booo ! Eh bien, il faudra du temps pour « s’adapter » à cette nouveauté, mais pour l’instant, utilisez-la, car sinon il ne réfléchira pratiquement pas.
Notre analyse
À en croire ce que nous avons lu, le vrai sujet est le tokenizer. L’affirmation d’Anthropic selon laquelle le tarif est « le même que pour 4.6 » est techniquement exacte ; en pratique, un même prompt correspond à davantage de tokens, le niveau d’effort par défaut est plus élevé et la sortie est plus longue. Un de nos amis a atteint sa limite hebdomadaire Max avec quasiment un seul prompt.
Cela dit, Opus 4.7 est un meilleur modèle. Il est aussi plus cher, même si les prix affichés n’ont pas changé. Ceux qui en tireront le meilleur parti ne seront pas ceux qui conserveront les réglages par défaut. Ce seront ceux qui appliqueront réellement les bonnes pratiques. Mettez-vous à niveau.
Note de la rédaction : cet article a d’abord été publié dans la newsletter de notre publication sœur, The Neuron. Pour découvrir d’autres articles de The Neuron, inscrivez-vous à sa newsletter ici.

