Boston Dynamics met son robot humanoïde phare, Atlas, dans l’ambiance de la prochaine Coupe du monde de la FIFA 2026.
Dans le cadre d’un projet commun avec sa maison mère Hyundai Motor Company, baptisé « School of Football », des ingénieurs sont parvenus à entraîner cette machine bipède à maîtriser des gestes techniques avancés du football, notamment un tir spectaculaire complexe connu sous le nom de « Ghost Rabona ».
Le projet, qui s’inscrit dans la campagne « Next Starts Now » de Hyundai, sert de rigoureux banc d’essai pour l’intelligence physique. Le Ghost Rabona est une manœuvre complexe en plusieurs étapes qui oblige le robot à marcher vers le ballon, à feinter une frappe avec sa jambe gauche, puis à croiser rapidement sa jambe droite derrière sa jambe d’appui pour frapper le ballon.
Selon Roberto Shu, « senior staff research engineer », et Yeuhi Abe, « manager of controls and reinforcement learning » chez Boston Dynamics, ce geste exige une puissance considérable, de l’agilité et un timing à la fraction de seconde.
« Atlas doit se déplacer rapidement pour que la feinte soit convaincante », ont expliqué les chercheurs. « Il lui faut de la puissance et de l’agilité pour décoller complètement du sol et atterrir à nouveau tout en restant en équilibre afin de réussir sa frappe. Cette combinaison de compétences différentes repousse les limites de l’intelligence physique. »
Le processus d’entraînement : une année de pratique en 24 heures
Pour apprendre à la machine à bouger comme un athlète de haut niveau, l’équipe d’ingénieurs a enregistré les mouvements de véritables joueurs de football à l’aide d’un système optique de capture de mouvement.
Comme les structures articulaires mécaniques et les amplitudes de mouvement d’un robot diffèrent fondamentalement de l’anatomie humaine, l’équipe a utilisé un processus de conversion appelé « retargeting » pour transposer la cinématique humaine sur le châssis métallique propre à Atlas.
Une fois les données de référence établies, Atlas ne s’est pas entraîné sur une pelouse. Le robot a plutôt été plongé dans un simulateur numérique propulsé par l’IA. En exécutant simultanément des milliers d’essais virtuels dans un environnement cloud de processeurs graphiques (GPU), Atlas a acquis en seulement 24 heures l’équivalent d’une année complète d’essais, d’erreurs et d’ajustements physiques humains.
Grâce à des milliers de répétitions virtuelles, la machine a appris de manière autonome à actionner ses moteurs, à gérer la répartition de son poids et à optimiser son équilibre. Une fois le logiciel finalisé chargé sur le matériel physique, les résultats ont été parfaitement fluides.
Pourquoi le football est important pour la robotique
Les chercheurs affirment que le football est plus qu’un simple environnement d’entraînement créatif : c’est un test de coordination de tout le corps. Ce sport exige de l’équilibre, du timing, de la course et la manipulation précise et simultanée d’un ballon. Cette combinaison, estiment-ils, reflète les défis robotiques du monde réel dans les usines et les environnements logistiques.
Boston Dynamics affirme que l’expérience de football s’inscrit dans une démarche plus large visant à développer des robots humanoïdes polyvalents. Si Atlas est conçu pour un usage industriel, l’entreprise estime que l’entraînement dans des environnements dynamiques comme le sport contribue à développer des comportements robotiques plus flexibles et adaptables.
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