Le robot humanoïde Atlas de Boston Dynamics ne sait pas seulement quand il a besoin de faire une pause. Il peut remplacer lui-même sa batterie et se remettre au travail.
La version de production d’Atlas peut retourner de manière autonome à une station de recharge, remplacer une batterie déchargée en moins de trois minutes et reprendre son travail sans qu’une personne n’effectue le remplacement, selon les spécifications d’Atlas de Boston Dynamics. Cette fonctionnalité s’inscrit dans les efforts de l’entreprise pour transformer Atlas, qui n’était jusqu’ici qu’une impressionnante machine de démonstration, en un robot industriel capable de fonctionner pendant de longues équipes.
Le remplacement de la batterie peut sembler n’être qu’un petit détail d’ingénierie. Mais il pourrait contribuer à résoudre l’un des problèmes les moins glamour et les plus importants auxquels sont confrontés les robots humanoïdes : les temps d’arrêt.
Atlas est conçu pour continuer à travailler
Boston Dynamics affirme qu’Atlas offre environ quatre heures d’autonomie dans le cadre d’une utilisation normale et environ deux heures lors d’opérations de levage intensif.
Contexte : une recharge classique prend environ 90 minutes. Plutôt que de rester à l’arrêt, Atlas peut remplacer sa batterie de manière autonome en moins de trois minutes. Les entreprises pourraient ainsi maintenir un robot en activité sur plusieurs équipes, avec beaucoup moins d’intervention humaine. Dans sa présentation de la version de production d’Atlas, Boston Dynamics décrit un robot conçu pour fonctionner en continu dans un environnement industriel.
Le robot mesure environ 6 pieds 2 pouces et pèse approximativement 198 livres. Selon ses spécifications, Atlas peut supporter des charges soutenues d’environ 66 livres et soulever brièvement jusqu’à 110 livres.
Son matériel comprend également des capteurs tactiles dans ses mains et un système de caméras offrant une vue à 360 degrés de son environnement. Ces capacités visent moins les acrobaties robotiques que les tâches répétitives de levage, de déplacement et de manutention courantes dans les environnements industriels.
Des vidéos virales de robots au travail en usine
Pendant des années, Atlas a surtout été connu pour des vidéos montrant des robots sauter, franchir des parcours d’obstacles, danser et exécuter des mouvements qui semblaient étonnamment athlétiques pour une machine.
Boston Dynamics cherche désormais à rendre Atlas utile lorsque personne ne le filme. L’entreprise a dévoilé la version de production d’Atlas au CES 2026 et a indiqué que ses premiers déploiements en 2026 étaient déjà attribués. Les premières flottes d’Atlas rejoindront le Robot Metaplant Application Center de Hyundai Motor Group et Google DeepMind, où ces entreprises continueront à développer et à entraîner la plateforme.
Cela ne signifie pas que les robots humanoïdes vont envahir les ateliers du jour au lendemain. La feuille de route robotique de Hyundai prévoit qu’Atlas commence à effectuer des tâches de fabrication validées dans son Metaplant de Géorgie en 2028, en commençant par le séquençage des pièces. Des travaux d’assemblage plus complexes sont prévus pour 2030.
Hyundai a également présenté des plans visant à porter sa capacité de production à 30 000 robots par an d’ici 2028.
L’IA pourrait transformer les compétences physiques en logiciels
Le matériel ne constitue toutefois qu’une partie de l’équation.
Boston Dynamics travaille avec Google DeepMind sur des recherches visant à intégrer les modèles de fondation Gemini Robotics à Atlas et à étendre les capacités du robot humanoïde à effectuer des tâches industrielles. Les entreprises ont annoncé leur partenariat dans le domaine de l’IA au CES 2026, précisant que ces recherches étudieront comment des modèles d’IA avancés peuvent renforcer les capacités cognitives d’Atlas, en complément de ses aptitudes physiques existantes.
Un autre aspect de l’approche de Boston Dynamics pourrait avoir des implications encore plus vastes : les compétences acquises par un robot peuvent être partagées avec d’autres. Selon les spécifications d’Atlas, dès qu’un Atlas apprend une nouvelle tâche, cette fonctionnalité peut être déployée sur l’ensemble de la flotte. Le comportement robotique commence alors à ressembler davantage à un logiciel.
Au lieu de programmer individuellement chaque robot pour lui faire exécuter chaque mouvement, les développeurs pourraient entraîner et valider un nouveau comportement, puis distribuer cette capacité à d’autres robots Atlas.
Pourquoi c’est important
Le fait qu’un robot puisse remplacer lui-même sa batterie est important, car cela supprime une dépendance humaine supplémentaire.
Effectuer un travail utile n’est qu’une partie de l’automatisation industrielle. Les machines doivent également se recharger, se remettre d’interruptions, gérer des conditions changeantes et faire l’objet d’opérations de maintenance. Plus un robot peut gérer ces tâches de manière autonome, plus il se rapproche d’un système capable de fonctionner pendant de longues périodes sans supervision constante.
Le remplacement de batterie pourrait être particulièrement important pour les robots humanoïdes car un arrêt prolongé pour recharger réduit directement l’intérêt économique de leur utilisation dans les entrepôts ou les usines.
Boston Dynamics conçoit d’autres éléments d’Atlas selon le même principe. L’entreprise affirme que les membres du robot peuvent être remplacés sur le terrain en moins de cinq minutes, tandis que des équipes de maintenance sur site peuvent être formées pour assurer l’entretien des flottes de robots.
Cela dit, les batteries que le robot remplace lui-même ne répondent pas auxplus grandes questions entourant les robots humanoïdes. Les entreprises chercheront en fin de compte à savoir si des machines telles qu’Atlas peuvent effectuer des tâches utiles de manière fiable, sûre, répétée et à un coût suffisamment bas pour justifier leur déploiement à grande échelle.
Le remplacement de la batterie en trois minutes ne résout qu’une partie de ce problème. Mais il ouvre la voie à un avenir où les robots humanoïdes ne se contenteront pas d’accomplir des prouesses physiques impressionnantes. On pourrait également attendre d’eux qu’ils prennent de plus en plus en charge le travail banal qui consiste à rester opérationnels.
Note de la rédaction : cet article a été publié à l’origine dans notre publication sœur, TechRepublic.

