Dans une initiative audacieuse, une commission d’enquête parlementaire australienne a recommandé que les chatbots d’IA, notamment le très populaire ChatGPT d’OpenAI, soient classés comme présentant un « haut risque » dans le cadre des projets de loi sur l’intelligence artificielle. Le panel multipartite a insisté sur la nécessité d’une réglementation stricte pour atténuer les risques liés à l’IA associés à des technologies susceptibles de nuire à la démocratie, aux droits des travailleurs et aux industries créatives.
Le sénateur travailliste Tony Sheldon, président de la commission d’enquête, a souligné que l’IA recèle un immense potentiel pour stimuler la productivité et la croissance économique, mais qu’elle pose également des défis sans précédent.
« Les modèles d’IA à usage général doivent par défaut être considérés comme présentant un haut risque », a déclaré Sheldon, « et être soumis à des obligations de transparence, de tests et de reddition de comptes. »
L’IA et la démocratie : une menace pour les droits, les libertés et la créativité
Le panel a souligné le risque que l’IA sape les processus démocratiques, citant des éléments montrant que des contenus générés par l’IA ont été utilisés pour perturber des élections, comme lors de la récente élection présidentielle américaine. En outre, les outils de surveillance sur le lieu de travail alimentés par l’IA ont été signalés comme une menace pour les droits des travailleurs, les développeurs étant invités à respecter des normes de responsabilité plus strictes.
La commission d’enquête a reproché à Amazon, Meta et Google leur manque de transparence pendant l’investigation, ce qui a renforcé les inquiétudes concernant la gouvernance de l’IA. Elle a recommandé une politique en matière d’IA fondée sur les risques, à l’image de l’approche européenne : interdire les outils à haut risque comme la notation sociale et la reconnaissance faciale en temps réel, tout en limitant les interventions dans les applications à faible risque.
La commission a accusé les développeurs d’IA de se livrer à un « vol sans précédent » au détriment des créateurs australiens, leur reprochant d’utiliser sans autorisation des contenus protégés par le droit d’auteur pour entraîner des modèles. Elle a proposé d’agir immédiatement pour garantir une rémunération équitable aux créateurs dont les œuvres sont exploitées. Avec plus d’un million d’Australiens employés dans les industries créatives, le panel a estimé qu’une solide gouvernance de l’IA était indispensable pour protéger les emplois et préserver la qualité de la production artistique.
Vers une réglementation complète de l’IA
Les conclusions plaident en faveur de lois autonomes sur l’IA permettant d’identifier et de réglementer les technologies à haut risque. Il s’agit notamment d’outils comme ChatGPT et de produits d’IA utilisés dans des domaines sensibles comme la santé et la surveillance sur le lieu de travail. L’appel du panel à des réformes urgentes traduit les inquiétudes croissantes à l’échelle mondiale face à l’essor incontrôlé des technologies d’IA.
La position ferme de l’Australie sur la réglementation de l’IA souligne l’importance d’un débat mondial sur l’équilibre entre innovation et sécurité. En mettant en œuvre des politiques rigoureuses en matière d’IA, le pays entend instaurer la confiance, protéger les droits et garantir le développement éthique d’un secteur pesant plusieurs milliards de dollars.

