OpenAI a présenté ChatGPT Work, un agent d’IA reposant sur sa technologie Codex et propulsé par GPT-5,6. Connecté à des outils professionnels tels que Slack, Google Drive, la messagerie électronique, les calendriers et les systèmes CRM, il peut extraire les informations dont il a besoin et produire des documents, des feuilles de calcul, des présentations et des applications web finalisés, plutôt que de se contenter de répondre à des questions à leur sujet.
Les utilisateurs peuvent également affecter des tâches récurrentes à Scheduled Tasks, afin que l’outil surveille les mises à jour et prépare automatiquement des rapports au fil du temps.
Pour les entreprises australiennes, le calendrier est notable. Le lancement coïncide avec le Premier ministre Anthony Albanese annonçant la création d’un Office of AI au sein du Department of the Prime Minister and Cabinet, chargé de coordonner les normes australiennes nationales pour l’IA. Cet office travaillera sur plusieurs portefeuilles, notamment l’énergie, le droit d’auteur, l’emploi, l’éducation et la sécurité nationale, et suivra les attentes non contraignantes du secteur publiées en mars.
Cette évolution réglementaire concerne toute entreprise australienne envisageant des outils agentiques comme ChatGPT Work, qui nécessitent par conception un accès étendu à la messagerie électronique, aux fichiers et aux systèmes de planification de l’entreprise pour fonctionner.
Ce que l’Office of AI implique pour les entreprises australiennes qui utilisent l’IA
Le nouvel office ne légiférera pas directement sur le comportement des agents. Mais il montre que la gouvernance, la souveraineté des données et la responsabilité à l’égard des systèmes autonomes passent de recommandations volontaires à des normes nationales contraignantes.
La réaction du secteur a été globalement favorable, mais prudente. Ian Dempsey, de UiPath Australia, a souligné que la coordination des normes n’était « que la moitié de l’histoire », estimant que le contrôle concret des agents d’IA intégrés aux processus métier doit bénéficier d’une attention équivalente à mesure qu’ils se déploient, selon ITBrief.
Pour les RSSI et les responsables informatiques, un agent capable de lire les e-mails, de modifier des espaces de stockage partagés et d’exécuter des tâches planifiées sans supervision constante soulève des questions familières : à quelles données peut-il accéder, quelles actions nécessitent une validation humaine et comment son activité est-elle enregistrée à des fins d’audit ?
OpenAI indique que les administrateurs des environnements professionnels et éducatifs peuvent gérer les autorisations et les outils connectés par l’intermédiaire des contrôles de conformité existants. Ces contrôles devront néanmoins de plus en plus s’aligner sur les obligations australiennes en matière de localisation des données et de protection de la vie privée prévues par le Privacy Act, ainsi que sur les recommandations de l’Australian Cyber Security Center.
Un problème de productivité que l’IA est appelée à résoudre
La croissance de la productivité australienne est restée atone alors même que le marché du travail résiste, et les petites et moyennes entreprises du pays accusent un retard sur les grandes entreprises en matière de production par heure travaillée.
Des outils comme ChatGPT Work sont présentés comme un moyen de compenser la pénurie de spécialistes en automatisant la production de documents, la création de rapports et la coordination administrative — des tâches qui, selon OpenAI, concernent désormais la quasi-totalité de ses équipes internes.
Un problème reste toutefois sans solution. Deloitte Access Economics estime qu’une adoption plus large de l’IA par les Small and Medium Business (SMB) pourrait ajouter 44 milliards de dollars US par an à l’économie, mais un tiers des entreprises qui ne l’ont pas adoptée déclarent simplement ne pas savoir par où commencer.
La course au poste de travail des entreprises
ChatGPT Work accentue également une compétition déjà engagée dans les bureaux australiens. Microsoft 365 Copilot et Gemini de Google Workspace sont tous deux intégrés à des suites de productivité que les organisations australiennes utilisent déjà au quotidien. Claude Cowork d’Anthropic s’est imposé comme un concurrent direct, avec le même positionnement : « accomplir la tâche, pas seulement répondre à la question ».
L’outil qui gagnera du terrain en Australie dépendra peut-être moins des capacités du modèle que de la profondeur de son intégration aux environnements Microsoft ou Google existants, ainsi que du fournisseur capable de garantir le plus crédiblement la localisation des données et l’auditabilité dans le cadre des futures normes nationales.
Ce que cela signifie pour les équipes australiennes
Les cabinets juridiques, comptables et de conseil constituent un terrain d’expérimentation précoce évident pour les agents capables de rédiger et d’affiner des documents à partir de modèles et de fichiers de référence. Il en va de même pour les équipes à distance et hybrides qui se coordonnent sur plusieurs fuseaux horaires, où des tâches d’IA planifiées et récurrentes pourraient réduire les frictions lors des transmissions.
Mais les mêmes fonctionnalités qui promettent des gains d’efficacité — l’accès persistant aux fichiers, aux calendriers et aux communications — sont précisément celles que les équipes chargées de la sécurité et de la conformité devront encadrer soigneusement à mesure que l’Office of AI précisera ses normes.
Pour l’instant, les responsables informatiques australiens qui évaluent ChatGPT Work sont confrontés à un calcul familier, accentué par l’attention réglementaire accrue : mesurer le temps gagné à l’aune des accès accordés et régler la gouvernance avant l’agent, pas après.

