Le retour en toute sécurité des astronautes de la NASA Butch Wilmore et Suni Williams, le 18 mars, illustre à quel point les vols spatiaux peuvent être imprévisibles et complexes. Initialement prévue comme une mission d’essai de huit jours à bord du Starliner de Boeing, leur mission s’est transformée en un séjour imprévu de neuf mois en raison de plusieurs fuites d’hélium et de problèmes affectant les propulseurs du système de contrôle d’attitude.
Cela soulève une question importante : devrait-on envoyer des robots dotés d’IA plutôt que des astronautes humains explorer la dernière frontière ?
Les défis d’une exposition prolongée à l’espace
Si l’idée de s’aventurer dans l’espace est exaltante pour beaucoup, le corps humain n’est pas conçu pour passer de longues périodes au-delà de l’atmosphère terrestre. Plus les astronautes restent dans l’espace, plus ils sont exposés à une atrophie musculaire, une perte de densité osseuse, un affaiblissement du système immunitaire et aux rayonnements. Même avec un entraînement rigoureux et un suivi médical, ces effets peuvent être irréversibles. Envoyer des robots plutôt que des humains permettrait d’éliminer ces risques. Les robots dotés d’IA n’ont besoin ni de nourriture, ni d’oxygène, ni de sommeil ni de gravité pour fonctionner correctement, ce qui les rend idéaux pour l’exploration à long terme.
Pourquoi les robots dotés d’IA ne sont pas encore prêts
Malgré leurs avantages, les robots dotés d’IA ne sont pas tout à fait prêts à remplacer les astronautes humains. L’IA dépend d’une puissance de calcul considérable pour traiter les informations et prendre des décisions. Le problème ? La latence et la consommation énergétique.
La plupart des systèmes d’IA utilisent l’informatique en nuage, ce qui introduit des délais même ici, sur Terre. Imaginez maintenant devoir piloter un robot doté d’IA situé à des millions de miles, avec des étoiles, des planètes et des débris spatiaux entre les deux. Le temps nécessaire pour recevoir et traiter les instructions serait inefficace, voire dangereux. En outre, l’IA consomme une quantité importante d’énergie pour générer un résultat, tandis que les missions spatiales disposent de ressources énergétiques limitées.
Un effort conjoint : la collaboration entre l’IA et les humains dans l’espace
Plutôt que de remplacer les astronautes humains, l’IA est développée pour renforcer la collaboration entre humains et robots lors des missions spatiales. L’équipage chinois du Shenzhou 19 a déjà pris des mesures en ce sens en testant un robot de vol doté d’IA conçu pour aider les astronautes. Le robot est intégré à un logiciel de collaboration entre humains et robots afin d’améliorer les interactions entre les astronautes et les systèmes robotiques. L’équipage de Shenzhou a mené des expériences sur :
- Les relations entre humains et robots : Comprendre comment les astronautes et les systèmes d’IA peuvent travailler ensemble de manière fluide.
- La caractérisation du comportement des robots : Analyser la manière dont les robots dotés d’IA réagissent à différentes tâches et conditions.
- Les technologies d’interaction multimodale : Améliorer les méthodes de communication entre les astronautes et les robots.
Ces études jettent les bases des missions assistées par l’IA. À l’avenir, ce robot doté d’IA devrait prendre en charge les inspections de la cabine et la gestion des ressources, afin de réduire la charge de travail des astronautes. Au lieu de remplacer les astronautes, l’IA peut augmenter les capacités humaines, rendre les missions plus efficaces et réduire les risques.

