Meta se retrouve de nouveau au cœur de l’un des plus importants conflits technologiques d’Europe sur la question de savoir qui doit être rémunéré lorsque l’information contribue au fonctionnement des grandes plateformes en ligne.
L’Autorité de la concurrence, l’Autorité de la concurrence, a ordonné au propriétaire de Facebook et Instagram de reprendre les discussions avec les groupes de médias du pays et de soumettre un plan de rémunération, après que des éditeurs ont affirmé ne pas avoir été payés, selon un nouveau rapport de Reuters.
Les médias cherchent à protéger leur travail journalistique alors que les entreprises technologiques utilisent des contenus de presse dans les fils d’actualité des réseaux sociaux, les outils de recherche et les produits d’IA.
Les accords expirés de Meta laissent les éditeurs impayés
Meta avait auparavant conclu des accords avec les groupes de presse français DVP et APIG, qui représentent des médias réclamant une rémunération pour l’utilisation de leurs articles en ligne.
Les deux accords ont expiré en 2024. Les médias qu’ils représentent ne sont plus rémunérés depuis 2025, alors même que leurs contenus ont continué d’apparaître sur les services du géant des réseaux sociaux.
Les éditeurs ont accusé Meta de chercher à fixer sa propre formule de rémunération tout en refusant de fournir les informations nécessaires pour déterminer si son offre était équitable.
L’autorité française de la concurrence a estimé que Meta avait probablement abusé de sa position dominante. Meta a contesté la décision, tout en déclarant qu’elle participerait à la procédure et qu’elle restait « déterminée à parvenir à un accord équitable avec DVP et APIG ».
Les règles de rémunération de la presse s’invitent dans le conflit autour de l’IA
Les droits voisins sont des règles de l’UE qui permettent aux éditeurs de presse de réclamer une rémunération lorsque des services numériques republient ou affichent leurs contenus.
La France applique ces règles avec fermeté. En 2024, l’Autorité de la concurrence a infligé une amende à Google de 250 millions d’euros après avoir accusé le géant de la recherche de ne pas avoir respecté ses engagements précédents en matière de rémunération des éditeurs.
Les différends avec les éditeurs s’étendent désormais également à l’IA. Reuters a rapproché l’affaire Meta des conflits concernant des articles utilisés sur les réseaux sociaux ou pour l’entraînement de l’IA, ce qui renforce l’urgence de la décision pour les groupes de presse qui cherchent à obtenir de meilleures conditions auprès des grandes entreprises technologiques.
Les médias français se tournent vers les prochaines discussions
Un accord avec Meta pourrait apporter aux éditeurs français davantage que le simple versement des rémunérations en retard. De meilleures conditions pourraient aider les groupes de presse à obtenir des données plus claires et une meilleure rémunération lorsque leurs contenus sont réutilisés, classés, résumés ou intégrés à des outils d’IA.
Les médias de plus petite taille pourraient être les grands gagnants. Beaucoup n’ont pas le poids nécessaire pour négocier seuls avec les entreprises technologiques mondiales ; un contrôle plus strict pourrait donc les aider à obtenir des conditions plus équitables par l’intermédiaire de groupes professionnels.
Meta dispose de 15 jours pour fournir les détails de son plan de rémunération. Les médias français observeront si les règles européennes sur la rémunération des plateformes peuvent encore protéger le journalisme alors que l’IA accroît la demande pour leurs contenus.
À lire aussi : Une start-up parisienne se lance dans l’IA physique avec un robot humanoïde conçu pour les usines, les entrepôts et les sites logistiques.

