La start-up chinoise Linkerbot est rapidement devenue l’un des noms les plus suivis de la robotique mondiale, alors qu’elle vise une valorisation potentielle de 6 milliards de dollars US lors de sa prochaine levée de fonds.
Selon un article de Reuters, l’entreprise basée à Pékin a récemment bouclé une série B+, qui l’a valorisée à 3 milliards de dollars US. La prochaine levée, qui n’a pas encore été planifiée, pourrait doubler ce montant, illustrant le fort appétit des investisseurs pour les technologies robotiques en Chine.
Fondée en 2023, l’entreprise a déjà obtenu le soutien de grands investisseurs, dont Ant Group et HongShan Group, ainsi que de fonds liés à l’État et d’institutions financières. Si les robots humanoïdes attirent souvent l’attention par leur capacité à marcher ou à parler, Linkerbot se concentre sur un défi plus complexe : fabriquer des mains offrant une dextérité comparable à celle de l’être humain.
« La main est la partie la plus complexe de tout robot humanoïde », a déclaré Georg Stieler, responsable de la robotique et de l’automatisation au sein du cabinet de conseil Stieler, dans des propos rapportés par Reuters. Cette complexité a longtemps ralenti les progrès de la robotique. Mais Linkerbot parie que sa résolution pourrait ouvrir la voie à un large éventail d’applications concrètes, de l’industrie manufacturière aux soins de santé.
Une niche de marché dominée
Linkerbot revendique déjà plus de 80 % du marché mondial des mains robotisées à grand nombre de degrés de liberté, ce qui en fait un acteur dominant dans une catégorie qui, jusqu’à récemment, était largement cantonnée aux laboratoires de recherche.
L’entreprise se développe également à grande vitesse. La production devrait doubler, passant d’environ 5 000 unités par mois à 10 000 unités par mois, tandis que la demande progresse chez les clients nationaux comme internationaux. Contrairement aux entreprises qui construisent des robots humanoïdes complets, Linkerbot se concentre sur la fourniture de mains avancées pouvant être fixées à des systèmes robotiques existants.
« Actuellement, nombre de nos clients fixent simplement nos mains sur des bras robotisés existants plutôt que d’acheter un humanoïde complet », a déclaré son PDG Alex Zhou à Reuters.
Les mains robotisées de Linkerbot peuvent effectuer des tâches comme enfiler une aiguille, manipuler des matériaux souples et réaliser des opérations d’assemblage de haute précision. Son modèle O6 léger, par exemple, peut soulever jusqu’à 50 kg malgré un poids de seulement 370 grammes.
Constituer une bibliothèque de compétences humaines
Au cœur de la stratégie de l’entreprise se trouve une plateforme appelée LinkerSkillNet, qui transforme les actions humaines en capacités robotiques réutilisables. Le système contient déjà plus de 500 compétences enregistrées.
« Nous ne fabriquons pas seulement des mains. Notre objectif est de reproduire dans notre matériel l’intégralité de la bibliothèque des compétences humaines dextres », a déclaré Zhou à Reuters.
Cette priorité donnée aux données, avec la capture et la standardisation des mouvements du monde réel, reflète une tendance plus large dans la robotique, où l’entraînement des systèmes à partir de vastes jeux de données devient aussi important que la conception matérielle. L’essor de Linkerbot intervient dans un contexte d’explosion de l’intérêt pour la robotique humanoïde en Chine. Des entreprises comme Unitree se dirigent vers une entrée en Bourse, tandis que d’autres, comme UBTech et AgiBot, se disputent les talents et les financements.
L’élan du secteur a été alimenté par des démonstrations très médiatisées, notamment des spectacles et des compétitions de robots, qui mettent en évidence les progrès techniques rapides.
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