Google envisagerait un accord de plus de 1,5 milliard de dollars pour récupérer la technologie et les talents d’une start-up qui poursuit un objectif audacieux : apprendre à l’IA à effectuer le travail des ingénieurs logiciels.
Business Insider a rapporté le 5 août que Google était en discussions avancées pour conclure un accord avec la start-up spécialisée dans l’IA Mechanize, qui permettrait à Google d’accéder à sa technologie et d’intégrer certains de ses employés. L’accord évoqué renforcerait les investissements de Google dans le codage par IA, alors que la concurrence avec Anthropic, OpenAI, Meta et d’autres laboratoires passe des chatbots aux agents capables d’accomplir de véritables tâches de développement logiciel.
Et ce ne serait pas la première offensive de Google, chiffrée en milliards de dollars, sur ce front.
Google pourrait conclure un accord de plus de 1,5 milliard de dollars avec Mechanize
Business Insider a rapporté que Google avait discuté d’un accord de plus de 1,5 milliard de dollars comprenant une licence pour la technologie de Mechanize et l’embauche de certains employés de la start-up.
Google et Mechanize ont refusé de commenter l’information auprès de Business Insider. Les négociations étaient toujours en cours au moment de la publication de l’article, et le média a averti que les détails pouvaient encore changer. Aucun accord définitif n’a été annoncé publiquement.
La structure de l’opération semblerait également familière.
En juillet 2025, Google a accepté de payer environ 2,4 milliards de dollars pour obtenir une licence sur la technologie de la start-up de codage par IA Windsurf, tout en intégrant chez Google DeepMind son PDG Varun Mohan, son cofondateur Douglas Chen et plusieurs chercheurs. Reuters avait rapporté à l’époque que l’équipe nouvellement arrivée travaillerait principalement sur des initiatives de codage agentique impliquant Gemini.
Un accord avec Mechanize représenterait donc un nouvel investissement majeur dans une technologie et des talents externes, alors que Google cherche à renforcer sa position sur l’un des marchés de l’IA qui évoluent le plus rapidement.
Google développe également ses propres solutions en interne. Lors de la conférence Google I/O plus tôt cette année, l’entreprise a dévoilé Gemini 3.5 Flash et de nouveaux outils de codage agentique destinés à concurrencer Anthropic et OpenAI. Plus récemment, elle a lancé Gemini 3.7 Flash, avec les charges de travail liées au codage et aux agents d’IA comme principaux arguments de vente.
Les discussions rapportées avec Mechanize suggèrent que Google voit là une occasion d’accélérer encore ces efforts.
Mechanize veut automatiser l’ingénierie logicielle
Mechanize est une cible particulièrement intéressante, car ses ambitions vont bien au-delà de celles d’un simple assistant de codage.
Fondée en 2025 par Tamay Besiroglu, Matthew Barnett et Ege Erdil, l’entreprise développe des environnements virtuels, des benchmarks et des données d’entraînement destinés à apprendre aux agents d’IA à effectuer des tâches de plus en plus complexes.
Sa mission ultime est d’une ampleur inhabituelle. Dans l’annonce originale de Mechanize, les fondateurs ont déclaré vouloir permettre « l’automatisation complète de l’économie ».
L’ingénierie logicielle constitue l’un de ses premiers axes de travail.
Mechanize estime que les agents de codage actuels peuvent être impressionnants sur des tâches ciblées, mais qu’ils peinent encore à gérer le travail long et désordonné auquel les humains sont confrontés dans les véritables projets logiciels. Dans son explication de sa stratégie en matière d’ingénierie logicielle, l’entreprise met en avant des difficultés liées notamment à la fiabilité, aux performances dans les contextes longs et à la capacité à gérer des tâches agentiques plus vastes.
Cette mission a déjà attiré l’attention d’eWeek. Lors du lancement de la start-up, eWeek s’est penché sur son objectif controversé d’automatiser à terme le travail humain dans l’ensemble de l’économie.
Mechanize a annoncé en avril avoir levé 9,1 millions de dollars pour une valorisation post-money de 500 millions de dollars. Un accord proposé à plus de 1,5 milliard de dollars attribuerait une valeur spectaculaire à l’accès à la technologie et aux talents d’une entreprise âgée d’à peine plus d’un an.
Le codage par IA devient une course aux armements entre géants de la tech
L’enjeu plus large réside dans la valeur que les géants de la tech commencent à accorder au codage par IA.
Anthropic a fait de Claude Code l’un de ses produits les plus visibles, avec des capacités qui dépassent largement la simple saisie prédictive pour accomplir des tâches comme parcourir des dépôts de code, modifier des fichiers, exécuter des tests et coordonner des agents. eWeek a déjà expliqué en détail comment Claude Code transforme le rôle de l’IA dans le développement logiciel.
OpenAI pousse Codex dans la même direction, tandis que Meta a rejoint la compétition ce mois-ci avec Muse Code, son agent de codage par IA dédié.
La technologie commence également à changer la manière dont les ingénieurs des entreprises spécialisées dans l’IA décrivent leur propre métier. Des ingénieurs d’Anthropic et d’OpenAI ont déclaré que l’IA génère désormais la totalité ou la quasi-totalité du code qu’ils écrivent eux-mêmes, un exemple extrême de la direction que les fournisseurs espèrent faire prendre à ces outils.
Le développement logiciel devient ainsi bien plus qu’une catégorie de fonctionnalités supplémentaire pour les modèles de pointe. Il devient un terrain d’expérimentation permettant de déterminer si les agents d’IA peuvent accomplir de manière suffisamment autonome un travail utile pour que les entreprises acceptent de payer pour le résultat.
Pour Google, un nouvel accord de plus d’un milliard de dollars rendrait les enjeux particulièrement visibles. L’entreprise dispose déjà de Gemini, d’outils pour les développeurs, d’une distribution cloud massive et des talents de Windsurf qu’elle a intégrés à DeepMind. Si les négociations rapportées avec Mechanize aboutissent, Google ajouterait une nouvelle pièce à cet ensemble.
Ce que cela signifie pour les développeurs et les responsables technologiques
Pour les développeurs, la conclusion immédiate est que les outils de codage par IA passent du statut d’assistants facultatifs à celui d’éléments plus centraux du développement logiciel.
À mesure que Google, Anthropic, OpenAI et Meta investissent davantage dans des agents capables de parcourir des bases de code, d’effectuer des modifications, d’exécuter des tests et de gérer des tâches plus longues, les équipes d’ingénierie devront déterminer où intégrer ces systèmes dans leurs flux de travail et dans quels domaines la supervision humaine reste la plus importante.
Pour les responsables technologiques, cette évolution soulève un autre ensemble de questions. Les outils de codage par IA peuvent aider les équipes à avancer plus vite, mais ils posent aussi de nouvelles questions concernant la standardisation des outils, la sécurité, la qualité du code, la dépendance vis-à-vis des fournisseurs et le niveau d’autonomie que les organisations sont prêtes à accorder aux agents logiciels.
Les discussions rapportées entre Google et Mechanize sont donc plus qu’une nouvelle manœuvre ressemblant à une acquisition dans le domaine de l’IA. Elles montrent une fois de plus que la course s’oriente vers des systèmes capables de prendre en charge des pans plus importants du véritable travail d’ingénierie, et les entreprises devront peut-être bientôt décider non seulement si elles veulent utiliser des agents de codage par IA, mais aussi quelle part du processus de développement elles sont prêtes à leur confier.
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