Google semble vouloir porter le combat contre Anthropic et OpenAI sur le terrain du codage, avec une série d’annonces consacrées au codage et aux IA agentiques lors de sa conférence destinée aux développeurs I/O.
Le nouveau modèle du géant de la recherche, Gemini 3.5 Flash, est présenté comme la couche de modèle des agents de codage. Selon Google, il s’agit de son modèle agentique et de codage le plus puissant à ce jour : il surpasse Gemini 3.1 Pro sur des benchmarks clés et égale ou dépasse les dernières versions de Claude et de GPT. Il y parvient pour un coût deux fois inférieur à celui de modèles comparables, selon les données de benchmark présentées par Google lors de l’événement.
Le coût est devenu un véritable point noir pour les tâches de codage et les tâches agentiques, les grandes entreprises épuisant leurs budgets bien plus vite que prévu. Uber a récemment révélé avoir épuisé en quatre mois son budget annuel consacré à Claude Code. Disposer d’un modèle d’IA plus compact offrant des performances comparables pourrait être précisément le moyen pour Google de gagner des parts de marché auprès des entreprises.
Parallèlement à son nouveau modèle, Google a consacré une grande partie de la conférence aux outils pour agents. Antigravity 2.0, une plateforme de gestion de plusieurs agents de codage, est désormais une application de bureau autonome, et les codeurs peuvent exécuter plusieurs agents en parallèle, ce qui leur permet d’orchestrer des flux de travail entiers plutôt que de simples complétions de code.
Google a également lancé Antigravity CLI, la réponse de l’entreprise à Claude Code dans le terminal. L’Antigravity SDK étant lui aussi disponible pour permettre aux développeurs d’accéder aux mêmes frameworks d’agents et de créer des comportements personnalisés, Google cherche à devenir la plateforme de développement agentique couvrant toute la pile.
Google a également musclé son studio de vibe coding : les développeurs peuvent désormais coder des applications Android directement à l’aide de prompts. Celles-ci peuvent être prévisualisées dans un émulateur Android et publiées sur la piste de test interne de Google Play, créant ainsi un parcours automatisé, étape par étape, de l’idée à la vitrine.
Le passage des utilisateurs aux clients professionnels
Google tente depuis quelques mois de se réorienter vers les clients professionnels. En mars, l’entreprise a montré que Gemini surpassait Claude et GPT sur certaines tâches de codage, même si le secteur semble toujours largement sous le charme de Claude. Elle a également dévoilé la Gemini Enterprise Agent Platform le mois dernier à Las Vegas.
Sa base de clients professionnels croît à un rythme soutenu. « Il y a deux ans, nous traitions 9,7 billions de jetons par mois sur l’ensemble de nos surfaces — un chiffre énorme », a déclaré Pichai. « L’an dernier, lors d’I/O, ce chiffre était passé à environ 480 billions de jetons. Aujourd’hui, il a été multiplié par 7 pour dépasser 3,2 billiards par mois. »
Le recentrage sur les entreprises s’explique en partie par la forte hausse du chiffre d’affaires enregistrée par Anthropic depuis le début de 2026, dont une part non négligeable provient de ses outils de codage et d’agents. ChatGPT et Gemini comptent tous deux 900 millions d’utilisateurs actifs, mais Anthropic aurait rejoint OpenAI en termes de rythme de revenus grâce à sa croissance auprès des entreprises.
Google ne ventilant pas ses revenus liés à l’IA, plusieurs informations font état d’une monétisation par utilisateur plus faible que celle d’Anthropic et de GPT pour les tâches de codage et les tâches agentiques. L’entreprise occupe la troisième place en parts de marché, selon Menlo Ventures.
D’autres fournisseurs de modèles d’IA cherchent eux aussi à prendre une part de ce marché lucratif du codage. xAI a lancé Grok Build cette semaine, quelques semaines après que son PDG Elon Musk a demandé en interne davantage d’outils professionnels pour rivaliser avec Claude et GPT.
Même si Google est peut-être à la traîne d’Anthropic et d’OpenAI dans le domaine du codage et des agents, l’entreprise compense largement ce retard par l’augmentation de ses revenus publicitaires, de sa clientèle Google Cloud et de Workspace. Son chiffre d’affaires a progressé de 22 % sur un an au premier trimestre de cette année, l’IA contribuant largement à cette performance.
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