Le Pentagone regroupe sous un même toit des années d’achats dispersés de logiciels Oracle. Le montant potentiel atteint près de 7 milliards de dollars US, mais les responsables de la défense affirment que cette consolidation pourrait à terme réduire les coûts.
L’accord réunira dans un même cadre d’achat les licences Oracle utilisées par le département de la Défense, les garde-côtes, la communauté du renseignement et leurs sous-traitants. Il commence par une période initiale de cinq ans et comprend une option de prolongation de cinq ans, tandis que les responsables prévoient au moins 441 millions de dollars d’économies pour les contribuables grâce à une tarification standardisée, à la réduction des licences en double et à une gestion contractuelle simplifiée.
L’importance de l’accord dépasse son montant potentiel. L’utilisation d’un cadre d’achat unique pourrait donner aux équipes technologiques de la défense une vision plus claire de l’utilisation des logiciels, améliorer l’interopérabilité, réduire les risques de sécurité liés à des déploiements incohérents et préparer le département à une adoption plus large du cloud et de l’IA.
Un accord unique remplacera les achats séparés de logiciels
Interesting Engineering a rapporté que le Department of the Navy avait négocié le contrat au nom de l’ensemble de l’organisation de défense. Branches des forces armées et agences acquéraient auparavant les logiciels Oracle dans le cadre d’accords distincts, créant des licences redondantes, des habitudes de dépenses incohérentes et une visibilité limitée sur l’utilisation de ces technologies.
Le nouvel arrangement place ces achats sous un cadre commun. Au lieu de gérer des dates de renouvellement, des prix et des conditions contractuelles différents, les équipes technologiques de la défense pourront examiner les licences Oracle de l’ensemble des organisations participantes dans le cadre d’un seul accord.
Avec un seul contrat couvrant les organisations participantes, les équipes de défense pourraient plus facilement repérer les licences inutilisées ou en double avant d’effectuer de nouveaux achats. Les responsables s’attendent à ce que cet arrangement réduise le travail administratif et rende les futurs budgets logiciels plus prévisibles.
Le montant de 7 milliards de dollars US est une valeur maximale
Le contrat commence par une durée initiale de cinq ans.
Selon The Washington Times, le Pentagone pourrait le prolonger de cinq années supplémentaires, portant sa durée potentielle à 10 ans et sa valeur totale à environ 6,9 milliards de dollars US.
Le montant annoncé ne signifie pas qu’Oracle recevra immédiatement la totalité de cette somme. Il représente la valeur possible de l’accord si la prolongation est utilisée et si les organisations participantes achètent des produits et services dans le cadre de cet accord pendant toute sa durée.
L’accord couvre les logiciels Oracle utilisés dans les centres de données militaires et sur d’autres sites dans le monde. Les départements militaires, agences, bureaux, organisations de renseignement et sous-traitants du secteur privé éligibles peuvent l’utiliser pour obtenir des produits et services commerciaux Oracle.
Les responsables de la défense mettent en avant la sécurité et l’interopérabilité
Standardiser les logiciels Oracle dans les organisations de défense pourrait contribuer à réduire les problèmes causés par des déploiements incohérents. Des pratiques communes en matière de licences et de déploiement pourraient également faciliter l’application des mises à jour et permettre de mieux comprendre quels produits Oracle fonctionnent sur les systèmes militaires.
Barry Tanner, qui assurait l’intérim au poste de directeur des systèmes d’information de la Navy, a établi un lien entre l’accord et une technologie de défense plus résiliente.
« Réduire la fragmentation des achats et faire progresser la standardisation à l’échelle de l’entreprise renforcera l’interopérabilité, réduira les risques de cybersécurité et nous aidera à concentrer nos ressources sur des capacités résilientes, capables de monter en charge, de s’intégrer et de durer dans des conditions de conflit », a déclaré Tanner, cité par Interesting Engineering.
Oracle s’ancre durablement dans le secteur de la défense
L’accord pourrait également favoriser l’adoption future des produits cloud et d’IA d’Oracle.
The Washington Times a rapporté que la dirigeante d’Oracle Kim Lynch avait présenté le contrat comme une voie plus efficace vers des technologies conçues pour des environnements critiques pour les missions, bien que les sources disponibles n’identifient pas les systèmes précis que le Pentagone prévoit de déployer.
Yahoo Finance a indiqué qu’Oracle avait présenté l’accord comme le socle d’une future adoption du cloud et de l’IA dans les organisations de défense. Le contrat offre également à l’entreprise une relation potentiellement longue de 10 ans avec l’un des plus grands acheteurs publics de technologies au monde.
Un accord d’une durée de 10 ans peut simplifier les achats, mais il pourrait aussi rendre le Pentagone plus dépendant d’un seul fournisseur à mesure que ses exigences logicielles et de sécurité évoluent.
L’objectif d’économiser 441 millions de dollars donne au Pentagone un indicateur concret, mais le véritable test consistera à déterminer si le contrat unique améliore la sécurité et s’adapte à l’évolution des besoins opérationnels.
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