L’Apple Watch a franchi une étape importante grâce aux avancées récentes dans le suivi de la glycémie.
Lors de son lancement en 2015, l’Apple Watch était essentiellement une montre de luxe dotée de quelques fonctionnalités intelligentes. Aujourd’hui, cet appareil dispose de l’autorisation de la FDA pour plusieurs applications médicales — une transformation devenue l’un des exemples les plus convaincants de l’évolution des technologies grand public vers une véritable infrastructure médicale.
Si vous utilisez déjà un dispositif de mesure continue du glucose (CGM), vous pouvez consulter votre glycémie grâce à son intégration avec votre Apple Watch. Mais voici le point essentiel : la montre ne mesure pas directement votre glycémie. Elle sert plutôt de relais d’affichage pour les dispositifs CGM existants, en récupérant les données des capteurs que vous portez déjà et en les présentant à votre poignet, dans un format pratique qui évite de devoir consulter constamment votre téléphone.
Il est toutefois important de noter qu’Apple développe toujours sa propre technologie non invasive de suivi de la glycémie, mais n’a pas encore lancé une telle fonctionnalité pour l’Apple Watch.
La connexion directe change la donne pour la gestion du diabète
C’est ici que les choses deviennent réellement intéressantes pour les personnes qui gèrent leur diabète au quotidien.
Le Dexcom G7 est devenu le premier dispositif CGM à se connecter directement à l’Apple Watch sans nécessiter la proximité constante d’un téléphone — une avancée qui élimine la limite traditionnelle de 33 pieds imposée par le Bluetooth, qui obligeait auparavant les utilisateurs à rester liés à leur smartphone. Cela s’avère particulièrement utile pendant les séances de natation, lorsque les téléphones ne peuvent pas être utilisés, lors de randonnées dans des zones isolées ou pour les parents qui surveillent la glycémie de leurs enfants pendant que ceux-ci jouent dans une autre pièce.
Le suivi de la glycémie sur l’Apple Watch est une fonctionnalité très appréciée depuis le lancement du Dexcom G5 en 2015, mais cette connexion directe rapproche encore un peu plus d’une véritable indépendance vis-à-vis des appareils. Ce qui est particulièrement ingénieux avec le système G7, c’est qu’il exploite la connectivité Wi-Fi pour partager automatiquement les relevés du capteur avec les personnes désignées — des parents ou des conjoints inquiets, par exemple — sans que le téléphone de l’utilisateur principal soit nécessairement présent.
Plus impressionnant encore, le Dexcom G7 est le seul dispositif CGM permettant une connexion simultanée à trois appareils d’affichage : les utilisateurs peuvent donc consulter leurs données en même temps sur leur téléphone, leur montre et l’appareil d’un proche.
Le ambitieux projet de suivi non invasif d’Apple
En coulisses, Apple travaille sur une technologie bien plus révolutionnaire qu’une simple intégration avec les dispositifs CGM… une technologie qui pourrait éliminer le besoin de tout capteur externe.
L’entreprise développe une technologie non invasive de suivi de la glycémie depuis plus de dix ans, dans le prolongement de la vision initiale de Steve Jobs pour le suivi de la santé personnelle. Il ne s’agit pas seulement d’améliorer la prise en charge actuelle du diabète, mais de créer un monde où chacun pourrait surveiller sa santé métabolique aussi facilement qu’il vérifie son rythme cardiaque.
En 2023, Bloomberg a rapporté qu’Apple avait franchi une étape majeure avec une preuve de concept fonctionnelle reposant sur la spectroscopie d’absorption optique. Cette technologie fait traverser à la peau des longueurs d’onde spécifiques afin de mesurer la glycémie dans le liquide interstitiel, la substance qui entoure les cellules.
Pas d’aiguilles, pas de prélèvements sanguins, pas de capteurs externes à remplacer toutes les deux semaines. Il est toutefois essentiel de garder les pieds sur terre : cette technologie de mesure de la glycémie reste à plusieurs années d’une viabilité commerciale, malgré les progrès importants réalisés par Apple pour surmonter des difficultés fondamentales de physique et d’ingénierie.
Défis techniques et potentiel de rupture
Les obstacles techniques auxquels Apple est confrontée rendent ce projet véritablement ambitieux, au niveau des projets les plus audacieux.
Des centaines d’ingénieurs travaillent sur ce projet au sein de l’Exploratory Design Group d’Apple. Imaginez la version d’Apple de Google X, mais centrée spécifiquement sur les technologies de santé révolutionnaires plutôt que sur les voitures autonomes ou les ballons Internet.
L’approche actuelle repose sur des puces de photonique sur silicium et des lasers qui émettent des longueurs d’onde spécifiques pour analyser le liquide interstitiel sous la peau. Le système en est actuellement au stade de la preuve de concept et doit être miniaturisé pour devenir utilisable, Apple développant un prototype d’environ la taille d’un iPhone qui se fixe autour du biceps.
Le défi ne consiste pas seulement à le rendre plus petit. Il faut aussi préserver une précision de niveau médical tout en l’intégrant dans un format porté au poignet qui ne videra pas la batterie en quelques heures.
Ce qui confère à ce projet une crédibilité supérieure aux promesses de santé habituelles des entreprises technologiques, c’est l’ampleur du travail de validation mené par Apple. Apple a testé cette technologie sur des centaines de personnes au cours de la dernière décennie, notamment des personnes atteintes de prédiabète et de diabète de type 2, en comparant méthodiquement les résultats à ceux d’analyses sanguines traditionnelles afin de constituer les données de précision nécessaires à une éventuelle autorisation de la FDA.
Ce que cela signifie pour l’avenir du suivi de la santé
La convergence de l’intégration actuelle des dispositifs CGM et des recherches menées à long terme par Apple annonce une période de transformation qui dépasse largement la gestion actuelle du diabète.
Le paysage concurrentiel montre qu’il ne s’agit pas seulement du projet le plus ambitieux d’Apple. La start-up suisse Liom développe le premier dispositif CGM non invasif et vise une commercialisation auprès du grand public d’ici la mi-2027, tandis que les patchs non invasifs qui analysent la sueur pour y détecter le glucose et d’autres biomarqueurs suscitent l’intérêt des chercheurs spécialisés dans le suivi métabolique continu.
Le niveau d’engagement d’Apple laisse penser que l’entreprise considère ce projet comme potentiellement transformateur pour l’ensemble de sa plateforme dédiée à la santé. Apple a investi des centaines de millions de dollars dans ce projet de suivi de la glycémie, des dirigeants de premier plan, notamment le CEO Tim Cook et le COO Jeff Williams, participant directement aux décisions stratégiques. Ce niveau d’implication de la direction indique généralement qu’Apple voit dans ce projet une avancée susceptible de définir une nouvelle catégorie, plutôt qu’une simple fonctionnalité de santé supplémentaire.
Les implications dépassent largement la prise en charge actuelle du diabète et s’étendent au domaine de la prévention en santé. Le système de suivi de la glycémie pourrait aider les utilisateurs à repérer les signes d’un prédiabète et à modifier leur mode de vie avant l’apparition d’un diabète avéré.
Imaginez recevoir de discrètes notifications sur l’évolution de votre glycémie après certains repas, pendant différents types d’activité physique ou même durant des périodes de stress au travail : des informations métaboliques personnalisées qui pourraient réellement prévenir les maladies chroniques au lieu de se contenter de les prendre en charge.
Note de la rédaction : cet article a d’abord été publié dans notre publication sœur, GadgetHacks.

