Le monde littéraire britannique tire la sonnette d’alarme. Un nouveau rapport de Cambridge avertit que le secteur créatif du pays, qui pèse 126 milliards de livres sterling — porté par les romanciers, les éditeurs et les maisons d’édition — est exposé à une menace existentielle, alors que l’IA générative inonde le marché de fictions générées par des machines.
Au cœur du rapport se trouve une réalité saisissante : la frontière entre la créativité humaine et les productions algorithmiques s’efface rapidement. Les auteurs doivent désormais faire face à la concurrence d’outils capables de générer en quelques secondes une quantité illimitée de textes passables. Les éditeurs, eux aussi, sont contraints de repenser ce que signifient l’originalité et la qualité d’auteur dans un secteur qui se transforme à une vitesse fulgurante.
Il en résulte un secteur en pleine réévaluation culturelle, qui reconsidère la valeur des œuvres créées par des humains à une époque où l’IA peut les reproduire sans difficulté.
Les auteurs font état d’une perte de revenus et craignent d’être remplacés
L’étude menée par la Dre Clementine Collett, qui comprenait une enquête auprès de 332 auteurs, a révélé une anxiété généralisée face à l’accélération des capacités de l’IA. Selon les réponses recueillies, environ la moitié des participants estiment que l’IA pourrait « entièrement remplacer » leur profession, tandis que 97 % considèrent très négativement la perspective de voir des romans écrits par l’IA.
Nombre d’entre eux ont également indiqué que leurs revenus complémentaires, souvent utilisés pour financer le travail créatif des auteurs, avaient déjà diminué sous l’effet de l’essor des contenus générés par l’IA qui remplacent les véritables auteurs. En tant qu’auteur américain au fait du secteur du roman, je comprends le raisonnement qui sous-tend ces réponses à l’enquête.
Autre sujet d’inquiétude pour de nombreux auteurs et créateurs : l’extraction d’œuvres créatives sans autorisation à des fins d’entraînement de l’IA. Environ 60 % des auteurs interrogés ont déclaré penser que leurs écrits avaient été utilisés pour entraîner de grands modèles de langage sans leur consentement ni aucune rémunération. Certains ont même découvert des livres qui leur étaient faussement attribués, ce qui a suscité des inquiétudes quant à l’usurpation d’identité et à la distorsion du marché provoquées par des contenus générés par l’IA et produits à la hâte.
Un appel à l’équité ou à l’anti-innovation ?
Malgré toutes ces inquiétudes, quatre répondants sur cinq ont reconnu que l’IA offrait bien des avantages tangibles à la société. Plutôt que d’adopter une position hostile à l’innovation et à la machine, ces personnes défendent la protection. Les auteurs exhortent le gouvernement britannique à mettre en place des politiques garantissant un usage éthique des données, faisant respecter les droits d’auteur, et permettant ainsi de préserver la culture de la création littéraire au long cours telle que nous la connaissons.
Gina Neff, directrice générale du MCTD, souligne que les industries créatives britanniques « ne sont pas des dommages collatéraux négligeables dans la course au développement de l’IA ».
Il faudra voir comment les lois et réglementations britanniques évolueront parallèlement à l’IA générative, mais en fin de compte, soutenir le roman est non seulement essentiel à la préservation de la culture, mais constitue aussi un investissement national stratégique.
De récents articles consacrés au projet de Cognizant de recourir à Claude d’Anthropic pour l’IA d’entreprise montrent comment les grands prestataires de services intègrent des modèles avancés dans le travail quotidien avec leurs clients.

