Meta Platforms mène des discussions préliminaires avec Anthropic au sujet d’un éventuel accord portant sur la location de capacités de calcul pour l’intelligence artificielle dans les centres de données de Meta, un contrat qui pourrait atteindre 10 milliards de dollars sur deux ans, selon Reuters.
L’accord envisagé donnerait à Anthropic accès à l’infrastructure d’IA de Meta tout en ouvrant une possible nouvelle source de revenus pour la maison mère de Facebook. Anthropic aurait proposé cet accord en juin.
Selon les conditions envisagées, l’entreprise d’IA effectuerait des paiements mensuels sur deux ans, les deux parties pouvant mettre fin à l’accord de manière anticipée, selon des sources au fait des discussions citées par Reuters et The New York Times.
Une nouvelle opportunité commerciale pour Meta
Les discussions mettent en lumière une évolution dans la manière dont les grandes entreprises technologiques envisagent l’infrastructure d’IA. La construction de systèmes d’IA avancés nécessite d’immenses capacités de calcul, et les entreprises cherchent de plus en plus au-delà de leurs propres centres de données pour s’assurer de disposer d’un nombre suffisant de puces et de serveurs.
Pour Meta, cet accord pourrait contribuer à justifier les milliards qu’elle consacre à l’infrastructure d’IA tout en réduisant sa dépendance à la publicité comme principale source de revenus.
Le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, a déjà laissé entendre que l’entreprise pourrait à terme vendre ses capacités de calcul excédentaires.
Lors de l’assemblée générale des actionnaires de l’entreprise en mai, Zuckerberg a déclaré que se lancer dans le cloud computing était « définitivement à l’ordre du jour », ajoutant que des entreprises approchaient Meta « presque chaque semaine » pour acheter un accès à ses modèles d’IA ou à ses capacités de calcul inutilisées, a rapporté Reuters.
Selon The New York Times, l’entreprise prévoit que ses dépenses d’investissement atteindront jusqu’à 145 milliards de dollars en 2026, dont une grande partie sera consacrée à l’infrastructure d’IA.
La demande croissante d’Anthropic en capacités de calcul
L’éventuel accord avec Meta reflète le besoin urgent d’Anthropic de disposer de davantage de capacités d’IA, alors que la demande pour ses modèles Claude et ses outils destinés aux entreprises augmente.
Anthropic a déjà signé d’importants accords d’infrastructure avec d’autres entreprises, notamment un accord conclu en mai avec SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, pour accéder à des capacités de calcul depuis son centre de données Colossus à Memphis, dans le Tennessee. Le besoin de capacités supplémentaires de l’entreprise montre que même les principaux développeurs d’IA peinent à obtenir suffisamment de puces avancées et de ressources en centres de données pour entraîner et faire fonctionner des modèles toujours plus puissants.
L’infrastructure d’IA devient une activité à part entière
S’il aboutit, l’accord entre Meta et Anthropic montrerait que l’infrastructure d’IA prend de la valeur au-delà des entreprises qui l’ont initialement construite.
Traditionnellement, des entreprises comme Meta investissaient dans des centres de données principalement pour soutenir leurs propres services. Désormais, ces mêmes installations pourraient devenir des actifs commerciaux, à l’image des fournisseurs de cloud qui louent des ressources de calcul à des clients externes.
Meta doit toutefois relever le défi de son entrée sur un marché dominé par des fournisseurs de cloud établis et des entreprises spécialisées dans l’infrastructure d’IA. L’entreprise n’exploite actuellement pas d’activité de location de capacités de calcul à grande échelle, ce qui aurait compliqué les négociations avec Anthropic.
L’accord créerait également une relation inhabituelle entre deux concurrents de l’IA. Meta développe ses propres modèles d’IA, tandis qu’Anthropic développe Claude, ce qui signifie que Meta pourrait potentiellement devenir un fournisseur d’un concurrent sur le marché de l’IA.
Ce que cela signifie pour le marché de l’IA
L’accord éventuel montre que la course à l’IA devient de plus en plus une compétition autour de l’infrastructure, et pas seulement autour de meilleurs modèles.
Les entreprises qui ont accès aux puces, à l’électricité et à des centres de données à grande échelle pourraient bénéficier d’un nouvel avantage à mesure que la demande d’IA continue d’augmenter. Pour les investisseurs, l’accord pourrait confirmer que les investissements massifs de Meta dans l’IA finiront peut-être par générer des revenus directs.
Mais tant que l’accord n’est pas finalisé, le montant de 10 milliards de dollars reste purement hypothétique. Les entreprises pourraient modifier les conditions ou décider de ne pas aller de l’avant au fil des négociations.
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